Sécurité

Yémen : l'Hadramaout interdit le port d'arme aux civils

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Le 30 novembre, des gardes yéménites fouillent le sac d'une femme dans l'ancien bastion d'al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), al-Moukalla, dans la province côtière d'Hadramaout, dans le sud du Yémen. [Saleh al-Obeidi/AFP]

L'initiative prise en septembre dans la province de l'Hadramaout pour interdire le port d'arme dans la ville d'al-Moukalla et d'autres localités importantes a contribué à l'amélioration de la stabilité, ont affirmé des responsables et des habitants à Al-Mashareq.

Cette mesure est la dernière d'une série de succès sécuritaires obtenus par les forces d'élite de l'Hadramaout après qu'elles eurent débarrassé la côte de la province des éléments d'al-Qaïda, ont-ils indiqué.

Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) a été chassé d'al-Moukalla en avril 2016.

« L'Hadramaout est la première province libérée du contrôle des terroristes, et la première à interdire le port d'arme d'une façon qui encourage un climat de développement et de stabilité », a fait savoir Fahmi Badawi, gouverneur adjoint de l'Hadramaout aux Affaires des jeunes.

La province regorgeait d'activistes et d'armes après qu'al-Qaïda en eut pris le contrôle en avril 2015, a-t-il rapporté à Al-Mashareq, « et maintenant c'est un modèle à suivre après sa libération et l'expulsion des terroristes d'al-Qaïda ».

« L'interdiction du port d'arme est nécessaire pour protéger la vie des gens et affirmer l'autorité de l'État », a-t-il expliqué.

Elle aidera à établir un système de gouvernance qui s'applique à tous, a-t-il ajouté.

« Après la libération d'al-Moukalla, le commandement militaire de la région a fait parvenir à tous les citoyens et à toutes les agences de sécurité et militaires des directives sur l'interdiction du port d'arme », a-t-il relaté.

Les citoyens qui entrent dans l'Hadramaout doivent remettre leurs armes aux forces de sécurité stationnées aux diverses entrées de la province, a-t-il expliqué, ajoutant qu'elles peuvent les récupérer lorsqu'elles quittent la zone.

L'Hadramaout rejette la violence

Les habitants de l'Hadramaout ont aidé à garantir le succès de cette décision d'interdiction du port d'arme, a rapporté Badawi, car ils « rejettent la violence et stigmatisent le port d'arme comme quelque chose d'accessoire, comme c'est le cas dans d'autres parties du pays ».

Il a salué le rôle des habitants dans le signalement d'individus porteurs d'armes, contribuant ainsi à l'amélioration de la stabilité et de la sécurité.

Des campagnes médiatiques ont été réalisées pour sensibiliser contre le port d'arme, a-t-il fait savoir, ajoutant que des actions de jeunes et d'imams de mosquées ont également joué un rôle dans la promotion de cette initiative.

Le succès de celle-ci peut être attribué « aux mesures strictes prises pour interdire le port d'arme et aux mesures légales contre ceux qui ne les respectent pas », a indiqué Hisham al-Jabri, porte-parole de la 2e région militaire.

« Des postes de contrôle sont mis en place aux entrées des districts côtiers de l'Hadramaout, notamment la capitale, al-Moukalla, pour chercher des armes », a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Les citoyens doivent remettre toutes les armes trouvées en leur possession aux agents des postes de contrôle, et ils reçoivent des tickets leur permettant de les récupérer à leur sortie, a-t-il précisé.

Des mesures strictes ont été mises en place, incluant une recherche au corps lorsqu'une personne arrive dans la ville, a détaillé Jabri, ajoutant que les femmes sont fouillées par des inspectrices qui « doivent être plusieurs dizaines ».

Ces inspectrices sont stationnées sur plusieurs postes de contrôle, a-t-il indiqué, « ce qui a empêché les terroristes et les criminels recherchés de se déguiser en femmes pour ne pas être fouillés ».

Les habitants se plient aux exigences

« Les habitants ont très bien coopéré avec les mesures de sécurité après avoir vu que celles-ci débouchaient sur une interdiction totale des armes dans la ville », a rapporté Jabri.

« Le port d'arme est rejeté par les habitants de l'Hadramaout, parce qu'ils forment une société pacifique », a déclaré Arwa Mohammed, enseignante de 45 ans originaire de la province.

« La vue d'armes dans une ville pacifique déclenche la terreur et la peur », a-t-elle affirmé à Al-Mashareq. « Nous savons bien que les armes sont faites pour protéger le pays, pas pour effrayer ses habitants. »

Mohammed a conclu en indiquant soutenir tout ce qui est fait pour protéger les villes et leurs habitants des risques liés au port d'arme.

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