Réfugiés

Le Liban appelle à une politique nationale pour résoudre la crise des réfugiés syriens

Nohad Topalian à Beyrouth

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D'importantes figures politiques, religieuses et médiatiques ont abordé la question de la crise des réfugiés syriens le 12 décembre, lors d'un colloque qui s'est tenu à l'Université du Saint Esprit de Kaslik. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

Le Liban doit mettre au point une politique nationale unifiée pour résoudre la crise des réfugiés syriens et leur assurer les conditions d'un retour sûr, ont déclaré les participants à un colloque organisé la semaine dernière à Kaslik, au nord de Beyrouth.

Le 12 décembre, la conférence « Le Liban et la gestion de la crise de déplacement syrienne et les retours : vers une politique publique nationale » a conclu une série de réunions qui se sont tenues sur une période d'un an entre des dirigeants libanais politiques, religieux, universitaires et médiatiques pour débattre des moyens de répondre à la crise des réfugiés.

Ces rencontres ont été organisées dans le cadre d'une initiative de l'Université du Saint Esprit de Kaslik (USEK), avec le soutien de l'ambassade suisse.

La déclaration de clôture de la conférence a été prononcée par Nassif Hitti, ancien ambassadeur de la Ligue arabe en France et directeur de l'Institut supérieur de sciences politiques et administratives de l'USEK.

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Le général et expert militaire Elias Hanna parle des ramifications géopolitiques de la crise des réfugiés syriens lors d'un colloque organisé le 12 décembre à l'Université du Saint Esprit de Kaslik. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

Il a affirmé le respect du Liban pour la dignité humaine, la protection des droits de tous les citoyens et résidents sur son territoire, et le « rejet total et sans équivoque de la réinstallation des réfugiés [syriens] ».

Ces déclarations ont souligné qu'il était nécessaire de parvenir à une solution politique à la guerre en Syrie pour résoudre la crise des réfugiés.

Une telle solution politique « garantirait le retour complet, volontaire, digne et sûr des réfugiés », a indiqué la déclaration, précisant que le gouvernement syrien devait supprimer les obstacles au retour des réfugiés.

Livre blanc national

La conclusion de la conférence est « le résultat d'un long processus entamé en août 2017, fait de réunions séparées entre responsables politiques, dirigeants des principaux partis [politiques] représentés au parlement, autorités religieuses, universitaires et personnalités des médias », a précisé Antoine Sfeir, expert en droit international et conseiller juridique de l'initiative.

« La question des réfugiés a été débattue en profondeur, car elle est vitale pour l'avenir du Liban, qui ne peut pas supporter cette charge compte tenu des crises ministérielles et économiques qu'il traverse », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

La série de réunions qui a précédé la conférence « visait à produire un livre [blanc] national sur la crise des réfugiés syriens », a-t-il rapporté, car le risque qu'elle représente menace non seulement le Liban, mais aussi toute la région arabe et la sécurité mondiale.

L'initiative a été lancée pour aider l'État libanais à développer un livre de travail approuvé par les responsables politiques et les autorités religieuses, qui servira de « point de départ pour le retour des réfugiés syriens vers leur pays d'origine », a ajouté Sfeir.

Les conclusions qui ont émergé de la conférence constituent les fondations d'une politique publique nationale qui sera au centre d'un débat national parmi les autorités politiques et institutionnelles concernées par la crise des réfugiés, a déclaré Ziad al-Sayegh, spécialiste de la politique publique et des réfugiés.

Cette initiative « a pour but but de servir les intérêts des réfugiés, d'équilibrer les droits de l'homme des Libanais et des Syriens, [de répondre au] retour des réfugiés et de préserver la souveraineté du Liban », a-t-il indiqué.

Volonté diplomatique

Aujourd'hui, le Liban « a urgemment besoin d'un accord sur une politique publique nationale unifiée qui établisse un équilibre entre le respect de sa souveraineté et le respect des droits de l'homme », a déclaré à Al-Mashareq le ministre d'État aux Affaires des déplacés, Mouin al-Merehbi.

« En tant que pays, nous devons mettre au point un plan national pratique qui contribue au retour durable [des réfugiés], en prenant en compte les conclusions des réunions de l'initiative de l'USEK », a-t-il ajouté.

Il a souligné le besoin d'une volonté diplomatique pour protéger les droits juridiques et moraux des réfugiés, en exhortant la communauté internationale à faire pression pour la fin de la guerre en Syrie et en apportant un niveau acceptable de garanties juridiques, sécuritaires, économiques et sociales à leur retour.

Une nouvelle politique nationale doit prendre en compte la souveraineté du Liban et appeler au retrait du Hezbollah de la Syrie et l'évacuation des membres des milices des foyers des Syriens déplacés, a poursuivi al-Merehbi.

Cela facilitera le retour des réfugiés chez eux, a-t-il affirmé.

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4 COMMENTAIRE (S)
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Frère, pour l'amour de Dieu, faite un accord et envoyez nous des bus verts à Idlib. Veuillez me dire où se trouve le Conseil.

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Au nom de Dieu, est-ce sérieux?

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Plus de débats dans lesquels les politiciens et les religieux tirent des conclusions qui ajoutent aux souffrances des syriens et mettent plus de pressions sur eux. Les syriens ont un seul choix, céder à la mort à cause des tyrans et ceux qui cherchent des fonctions loin de la dignité, de l'humanité et de la liberté, et loin du droit du peuple à vivre. Vous qui êtes réunis pour déporter les syriens, veuillez arrêter de négocier sur le sang syrien. Craignez Dieu et fournissez leur des maisons, de la nourriture, des emplois, des médicaments et l'éducation. Laissez leur argent pour lequel vous êtes réunis pour le dérober depuis le premier jour où ils ont prononcé le mot 'liberté'.

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Que la paix soit sur vous! De quel retour vous parlez alors que la guerre est de plus en plus intense et une nouvelle partie entre dans la guerre chaque jour?! J'espère que tous les gens montreront de l'humanité au sujet des déplacés. Mais si vous voulez nous tuer, c'est une autre histoire.

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