Diplomatie

« Calme précaire » à al-Hodeidah alors que les combattants attendent l'équipe des Nations unies

AFP

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Une photo prise le 17 décembre montre des automobilistes dans un marché d'al-Hodeidah, au Yémen. [AFP]

Jeudi 20 décembre, un calme précaire régnait à nouveau sur le champ de bataille de la ville d'al-Hodeidah, au Yémen, après d'autres affrontement pendant la nuit et alors que les belligérants attendent le déploiement promis d'agents des Nations unies qui devront superviser une trêve durement négociée et qui reste fragile, a rapporté l'AFP.

Le cessez-le-feu dans cette ville portuaire de la mer Rouge est au centre des efforts de paix, qui sont considérés comme la meilleure chance d'entrevoir la fin d'un conflit dévastateur qui dure depuis quatre ans.

Des responsables militaires et des habitants ont rapporté des combats intermittents entre les forces du gouvernement et des combattants des Houthis (Ansarallah), groupe soutenu par l'Iran, depuis l'entrée en vigueur mardi du cessez-le-feu arbitré par les Nations unies.

Un responsable pro-gouvernemental a déclaré à l'AFP que quatre fidèles du gouvernement avaient été blessés mercredi dans la soirée lors d'échanges de coups de feu.

« L'échange de tirs a duré près d'une demi-heure, et il règne ce matin un calme précaire », a-t-il signalé.

Les habitants contactés par téléphone ont confirmé à l'AFP qu'aucun combat n'était à signaler jeudi matin.

Le responsable a ajouté que des combats intermittents avaient eu lieu sur plusieurs lignes de front dans la province d'al-Hodeidah, notamment dans les districts de Hays et d'al-Tuhayta.

Les forces pro-gouvernementales et les Houthis se sont mutuellement accusés jeudi d'avoir rompu le cessez-le-feu négocié en Suède plus tôt dans le mois.

Une équipe d'observateurs onusiens est attendue cette semaine au Yémen

Des observateurs des Nations unies doivent arriver au Yémen pour diriger des équipes de contrôle composées de représentants des Houthis et du gouvernement et chargées de superviser la mise en œuvre du cessez-le-feu arbitré par les Nations unies, sous les auspices d'une Commission de coordination du redéploiement.

Le président de cette commission, Patrick Cammaert, a dirigé sa première réunion par vidéoconférence mercredi depuis New York « pour discuter des grandes lignes de sa mission, notamment un accord sur un code de conduite », a fait savoir le porte-parole des Nations unies Stéphane Dujarric.

Antonio Guterres, secrétaire-général des Nations unies, « s'est grandement impliqué » auprès des responsables pour que les observateurs onusiens soient déployés le plus tôt possible, a précisé Dujarric.

Il a ajouté que Cammaert se rendra jeudi en Jordanie, d'où il partir vers Sanaa et al-Hodeidah.

Un responsable des Nations unies a déclaré à l'AFP qu'il était attendu vendredi à Amman.

« Son départ vers le Yémen dépend des arrangements logistiques et des vols disponibles », a expliqué le responsable, qui a demandé à garder l'anonymat.

Le général de brigade Ahmed al-Kokbani, représentant du gouvernement yéménite au sein de cette commission, a déclaré à l'AFP que la vidéoconférence avec Cammaert avait couvert les bases de son mandat.

« Cammaert a demandé aux membres de l'équipe de travailler d'arrache-pied pour calmer la situation et rejeter toute infraction », a-t-il rapporté.

Les observateurs au sein de la commission doivent superviser le retrait des belligérants d'al-Hodeidah, y compris un retrait des Houthis des docks de la ville, qui sont le point d'entrée de 80 % des importations yéménites et de presque toute l'aide humanitaire supervisée par l'ONU.

Cammaert doit faire un rapport hebdomadaire de la situation sur le terrain au Conseil de sécurité.

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