Élections

Un candidat chiite modéré attaqué au Liban

Tamer Abou Zaid à Beyrouth

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Une photo prise le 9 mars près d'une autoroute dans la ville côtière libanaise de Tyr montre des affiches du mouvement Amal pour les élections législatives, et des drapeaux du Hezbollah accrochés aux lampadaires. [Mahmoud Zayyat/AFP]

Dimanche 22 avril, des partisans présumés du Hezbollah ont attaqué un candidat chiite modéré dans sa ville natale de Shaqra, dans le sud du Liban, alors qu'il affichait avec ses soutiens des posters de campagne.

Cette attaque contre Ali al-Amin, un journaliste candidat sur la liste Shbina Haki (Assez de bavardages), qui a fortement critiqué le Hezbollah, s'est produite alors que la campagne des élections législatives du 6 mai s'intensifie.

Al-Amin se présente comme candidat chiite à Bint Jbeil, dans le troisième district électoral du sud. Il fait partie d'un groupe de candidats chiites modérés se présentant à l'élection dans plusieurs parties du pays face au Hezbollah.

Janoubia.com, le site internet d'al-Amin, critique la politique du Hezbollah, son implication dans la guerre syrienne et ses liens avec l'Iran.

Dans une vidéo publiée en ligne, al-Amin a déclaré que près de trente partisans présumés du Hezbollah l'ont attaqué lui et ses soutiens avec des bâtons et des outils coupants.

« Les agresseurs ont détruit notre voiture et nos téléphones et ont pris les photos et les posters », a-t-il rapporté. « J'ai reçu des contusions, et l'une de mes dents a été cassée. »

Après l'attaque, al-Amin a été transporté à l'hôpital public de Tebnin.

Perturbation de l'élection

Al-Amin a accusé le Hezbollah d'avoir mené cette attaque, qui était selon lui destinée à perturber les élections et à empêcher les candidats de l'opposition d'avoir la liberté de se présenter.

« Je soumets le cas à la commission qui supervise les élections, et au [président Michel Aoun] en tant que protecteur de la Constitution », a-t-il indiqué.

Mona Fayad, militante chiite de la société civile, a condamné l'attaque contre al-Amin.

Le Hezbollah se présente depuis longtemps comme « le protecteur des droits de l'homme », a-t-elle rapporté à Al-Mashareq. « Alors pourquoi ont-ils peur de la nomination d'un journaliste qui n'a que des mots et pourquoi veulent-ils l'empêcher de se présenter aux élections ? »

« C'est le vrai visage des milices : la répression et l'oppression, qui sont venues de l'Iran avec la "tutelle du juriste", jusque dans tous les villages du sud [du Liban] », a-t-elle déclaré.

« Ce qui s'est passé à Shaqra, et l'agression contre al-Amin, ne ressemblent pas aux autres incidents. C'est une attaque directe contre un candidat », a fait savoir le ministre de l'Intérieur Nohad al-Machnouq.

« Nous condamnons cette attaque », a-t-il affirmé. « Il est évident qu'il existe une mentalité de rejet qui n'accepte pas d'autre opinion. »

Le Hezbollah critiqué

Dans le même temps, le Hezbollah est critiqué sur les réseaux sociaux.

« Bien sûr, ils ont peur de ceux qui disent la vérité », a écrit Nahla Kanaan, internaute sur les réseaux sociaux. « En l'absence d'arguments intellectuels, ils n'ont que des arguments de gangsters à utiliser ! »

Nawal Nasr a écrit : « Nous en avons assez de la politique systémique d'apaisement qui est adoptée dans le sud et partout ailleurs. Certaines personnes pensent que Dieu les a créées et leur a donné l'avantage. »

Le journaliste Bchara Charbel a qualifié l'attaque contre al-Amin de « crime ».

Le mois dernier, le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah a menacé d'aller « personnellement » à Baalbek et Hermel le jour des élections pour soutenir la liste de son parti.

L'opposition chiite au Hezbollah à Baalbek et Hermel s'est rapidement développée, une bataille électorale se préparant entre la liste Espoir et loyauté du Hezbollah-Amal, et la liste Dignité et développement, qui comprend cinq candidats chiites.

Le Hezbollah a souvent menacé les candidats lors d'élections.

En 2009, les partisans de cette milice soutenue par l'Iran ont fomenté une rébellion contre Ahmed al-Assaad, fils de l'ancien président du parlement Kamel al-Assaad, candidat chiite modéré qui dirigeait le parti de l'Option libanaise.

Le bureau d'al-Assaad, dans le quartier de Dahieh à Beyrouth, a été attaqué, et il a été empêché d'organiser un événement électoral dans le sud du Liban, les forces de sécurité libanaises ayant été appelées pour assurer la sécurité de ses quartiers.

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