Droits de l'Homme

Une commission yéménite enregistre les violations commises par les Houthis

Par Abou Bakr al-Yamani

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De nouvelles recrues houties scandent des slogans lors d'un rassemblement à Sanaa le 2 février. Un récent rapport accuse les Houthis de commettre des violations aux droits de l'Homme. [Mohammed Huwais/AFP]

Une commission nationale chargée d'enquêter sur les atteintes aux droits de l'Homme au Yémen a déclaré mardi 11 juillet avoir documenté 365 cas de violations à l'encontre de civils commises par les Houthis (Ansarallah) et leurs alliés au cours du mois dernier.

Durant le mois de juin, les milices houthies et les forces fidèles à l'ancien président Ali Abdallah Saleh ont tué « 76 civils, dont treize femmes et 19 enfants », a fait savoir cette commission dans un communiqué de presse publié par les médias yéménites.

Cinquante-cinq autres ont été blessées lorsque des quartiers résidentiels ont été pris pour cible par les Houthis, a fait savoir la commission.

Parmi les autres abus, on compte 35 arrestations et disparitions forcées, 25 cas de recrutement d'enfants, dix cas de torture, 126 cas de dommages à des biens publics et privés, quatre attaques à la bombe contre des maisons et dix décès provoqués par des mines à al-Bayda.

En juin, la commission a également enquêté sur 205 autres cas, notamment des cas de civils tués ou blessés par des bombardements aléatoires, des mines antipersonnel ou antichar, et des engins explosifs improvisés (EEI), a poursuivi ce communiqué.

Ces cas comprennent également des destructions de maisons par des explosifs, des arrestations arbitraires et des disparitions forcées de citoyens dans la plupart des provinces, a indiqué le communiqué.

« De nombreux incidents sanglants et malheureux ont eu lieu en juin 2017 dans un certain nombre de lieux », a rapporté le communiqué, soulignant que la province de Taez avait été particulièrement affectée.

À Taez, les bombes ont plu sur les quartiers résidentiels et les marchés en plein air, tandis que des snipers s'en prenaient à des piétons dans les quartiers d'al-Qahera, Sala, al-Muzafir, al-Waziyiah et Jabal Habshy.

« Les abus documentés sont ceux dont la commission a pu avoir connaissance en dépit des difficultés que nous rencontrons sur le terrain au vu de la guerre qui fait rage », a déclaré Abdoul Rahman Barman, membre de cette commission.

Ils incluent l'absence d'autorités judiciaires et de sécurité dans de nombreux secteurs, a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

« Le travail de la commission porte sur tous les abus, que ce soit dans les provinces libérées ou dans celles qui sont encore sous le contrôle [des Houthis] », a-t-il précisé.

Barman a accusé les Houthis de refuser l'accès aux organisations locales et internationales qui enquêtent sur les atteintes aux droits de l'Homme.

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