Terrorisme

Le Liban déjoue un projet pour reprendre Arsal

Par Nohad Topalian à Beyrouth

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Joseph Aoun, commandant des forces armées libanaises, inspecte des postes militaires avancés près de la ville frontalière d'Arsal, le 10 avril. [Photo fournie par la Direction de l'orientation de l'armée]

L'armée libanaise a récemment bombardé un gros rassemblement de combattants du Front al-Nosra (FAN) dans les faubourgs d'Arsal, empêchant un plan visant à reprendre cette ville proche de la frontière nord du pays, ont indiqué les médias locaux.

Ces frappes, menées dans la nuit du 28 mars, ont visé des combattants affiliés à l'émir du FAN, Abou Malek al-Talli.

Dans une émission diffusée le 29 mars, LBCI Lebanon News avait indiqué que la 9e brigade de l'armée avait « détecté des mouvements et des rassemblements de masse suspects de militants du FAN dans la région de Wadi al-Khail », dans les faubourgs d'Arsal.

Selon cette émission, l'armée aurait écouté des appels entre des combattants du FAN, qui laissaient à penser qu'ils envisageaient d'attaquer Arsal après les prières du soir.

En réponse à ces renseignements, le 95e bataillon et une unité d'artillerie de l'armée ont bombardé les positions où s'étaient rassemblés les militants du FAN, a précisé LBCI.

Ces renseignements indiquaient que les combattants du FAN envisageaient d'attaquer Arsal sur plusieurs fronts, a expliqué le journaliste Michel Nasr, spécialiste des questions de sécurité.

Le premier front partait d'Arsal et passait par la ville d'Ayn al-Shaab, puis vers l'ouest en direction de la ville de Laboue, a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Le second front commençait au point de passage de Zamrani et s'étendait du nord d'Arsal à la ville de Zeitouneh, sur la route reliant Hermel à Fakiha, a-t-il poursuivi.

L'armée surveille Arsal depuis les airs et sur terre, « à l'aide de caméras sophistiquées et d'observateurs sur le terrain depuis des positions avancées de l'armée », a indiqué Nasr.

Elle suit « chaque mouvement et dispose de la flexibilité nécessaire pour répondre à toute évolution de la situation sans devoir en référer au commandement central », a-t-il ajouté.

Activité suspecte autour d'Arsal

Le maire d'Arsal Bassel al-Hujairi a déclaré à Al-Mashareq que durant les jours ayant précédé cette attaque avortée, les habitants de la ville avaient observé « des mouvements suspects » de certains des activistes à l'intérieur et autour d'Arsal.

« Dernièrement, nous avions remarqué une activité suspecte des combattants, en particulier la nuit, accompagnée de menaces proférées à l'encontre de plusieurs habitants», a expliqué Mohammed al-Hujairi, membre du conseil municipal.

« Ils se déplaçaient individuellement, à motos et dans des voitures aux vitres teintées, en direction des camps des déplacés où se trouvent des cellules dormantes », a-t-il ajouté.

Les gardes municipaux « suivent leurs mouvements et les repoussent vers les zones désertiques », a-t-il poursuivi.

« Quel que soit le but de cette attaque, elle n'a pas vu le jour grâce à la parfaite disponibilité de l'armée à la frontière », a déclaré le général de brigade Richard Dagher, analyste stratégique et officier à la retraite de l'armée libanaise.

« L'armée libanaise suit les mouvements des activistes et intervient avec sa puissance de feu lorsque cela est nécessaire, comme elle l'a fait la nuit dernière », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Les groupes extrémistes seront gardés à distance

« Peu importe le nombre de fois où les groupes armés tenteront d'entrer dans la ville d'Arsal, ils seront chaque fois repoussés », a déclaré Dagher, ajoutant que les capacités renforcées de l'armée et l'expérience qu'elle a acquise depuis les événements d'août 2014 l'ont préparée à prendre des mesures strictes le long de la frontière avec la Syrie.

Les tours d'observation de l'armée et ses capacités de surveillance terrestre et aérienne lui permettent de maintenir la sécurité et d'empêcher toute infiltration, a poursuivi Dagher.

Outre leurs confrontations avec l'armée libanaise, les combattants du FAN sont toujours engagés dans une lutte de pouvoir avec leurs rivaux de « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) concernant l'extension du contrôle dans la région.

Les deux groupes sont engagés dans une guerre d'usure, avec des « liquidations réciproques entre les deux camps », a expliqué le journaliste Michel Nasr, précisant « qu'Arsal est une ligne d'approvisionnement vitale pour les deux ».

Les deux groupes luttent pour le contrôle d'Arsal et de la région environnante, a continué Dagher.

Aucun d'eux ne réussira à prendre le contrôle de la zone, a-t-il expliqué « parce qu'Arsal est désormais fortifiée en termes de sécurité, et toutes les actions envisagées par ces deux groupes ne constitueront pas une menace sérieuse pour la situation sécuritaire au Liban ».

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