Terrorisme

Les autorités de l'Anbar ont vent de défections au sein de l'EIIL

Par Hassan al-Obaidi dans l'Anbar

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Deux éléments de « l'État islamique en Irak et au Levant » ont avoué leur rôle dans une attaque perpétrée en novembre 2016 visant un mariage à Ameriyat al-Falloujah. [Photo extraite de la page Facebook d'Ameriyat al-Sumood]

Des responsables de la province de l'Anbar expliquent avoir entendu dire que des dizaines d'éléments de « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) tentaient de quitter le groupe et de se rendre aux forces de sécurité.

Des habitants de Ramadi et de Falloujah ont fourni des informations sur certains de leurs proches affiliés à l'EIIL qui souhaitent maintenant quitter le groupe et se rendre, a indiqué le colonel Mohammed al-Dulaimi, du commandement des opérations dans l'Anbar.

« Certains d'entre eux n'ont pas encore participé à des actes de terrorisme ou à des assassinats perpétrés par le groupe, et ces individus devraient être arrêtés immédiatement et condamnés à des peines réduites », a-t-il déclaré à Diyaruna.

« Un nombre important » de combattants locaux de l'EIIL dans les villes frontalières de la province de l'Anbar d'al-Qaim, Hassibah, Anah et Rawa connaissent maintenant la vraie nature de l'EIIL et cherchent à quitter le groupe, a expliqué pour sa part le gouverneur de l'Anbar, Suhaib al-Rawi, à Diyaruna.

L'État garantira un procès équitable à ceux qui se rendent à la police ou à l'armée, a-t-il ajouté.

« Nombre de personnes ont été au départ trompées par l'EIIL, mais aujourd'hui, elles savent la vérité », a-t-il poursuivi. « Mais le groupe abat quiconque tente de fuir ».

Nazim al-Jughaifi, commandant de la mobilisation tribale Haditha, explique que les tribus ont indirectement entendu parler de certains habitants impliqués avec l'EIIL dans l'ouest de l'Anbar qui font aujourd'hui part de leurs regrets et souhaitent s'échapper.

« C'est une victoire pour nous, parce que le groupe implose », a-t-il déclaré à Diyaruna.

« Les tribunaux auront le dernier mot »

Jusqu'à 80 combattants irakiens de l'EIIL tentent de fuir le territoire détenu par l'EIIL avec leurs familles, a-t-il précisé, ajoutant que s'ils s'enfuient de leur propre chef, le groupe « n'hésitera pas à tuer leurs familles pour se venger ».

S'ils se rendent, a-t-il poursuivi, « ils seront remis aux tribunaux et seront traités avec équité, et ce sont les tribunaux qui auront le dernier mot ».

« Mais s'ils restent, cela signifie qu'ils devront soit périr soit être arrêtés, et ils ne pourront alors prétendre à la commutation de peine dont bénéficient ceux qui se rendent d'eux-mêmes », a-t-il précisé.

Le gouvernement fédéral traitera les membres irakiens de l'EIIL qui se rendent différemment de ceux qui choisissent de rester en cavale, a expliqué à Diyaruna Hamid al-Dulaimi, membre du conseil provincial de l'Anbar.

« Sept de ceux qui se sont rendus à Ramadi l'année dernière ont reçu un procès équitable et purgent actuellement leurs peines de prison », a-t-il indiqué.

Ils seront ensuite en mesure de retourner dans leurs communautés et dans leurs familles et bénéficieront d'une seconde chance de retourner dans le droit chemin, a-t-il ajouté.

Aider les possibles transfuges à s'échapper

Un habitant de Ramadi, qui a demandé à être identifié par ses initiales M.J. par peur pour sa sécurité, s'est présenté dans un poste de police du quartier al-Qattana de la ville pour demander aux autorités de sauver son plus jeune fils d'al-Qaim.

Son fils avait été dupé pour rejoindre les rangs de l'EIIL, a-t-il raconté à Diyaruna par téléphone, expliquant que son fils avait été forcé de servir comme membre de sa al-Hisbah (sa « police religieuse »), mais n'avait pas combattu pour le groupe.

« Il m'a appelé il y a quelques jours et m'a dit que nous lui manquions tous et qu'il voulait vivre dans la paix et la compassion », a ajouté son père. « Le seul langage qu'ils connaissent là-bas est celui du sang et de la mort. »

« Il m'a dit : 'Père, ces gens sont des psychopathes et ne sont pas des êtres humains normaux, et je regrette et me hais chaque jour' », a précisé M.J., ajoutant que son fils cherche un moyen de s'échapper du groupe.

M.J. a poursuivi en racontant que son fils lui avait dit qu'un combattant avait tenté de s'enfuir d'al-Qaim il y a un mois, mais qu'il avait été arrêté et tué par ses camarades, avec lesquels il avait partagé des repas et avait dormi sous le même toit.

Cet incident révèle la vraie nature du groupe, a renchéri M.J. ; ils l'ont accusé d'un délit monté de toutes pièces plutôt que d'admettre qu'ils l'avaient tué parce qu'il avait tenté de s'enfuir.

Les tribus de l'Anbar ont déclaré qu'elles répudieraient leurs fils partis rejoindre le groupe.

L'expiation purifie du pêché d'appartenance à l'EIIL, a expliqué à Diyaruna Cheikh Latif al-Alwani, membre de la tribu Albu Alwan, mais « ceux qui choisissent de rester avec l'EIIL n'auront aucun avenir au sein de leur tribu ou de leur famille ».

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