Analyse

Le soutien de l'Iran sape les revendications de « mouvement national indépendant » des Houthis

Par Abou Bakr al-Yamani à Sanaa

Onze février : un soldat fidèle au Président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi lève son arme devant la carcasse d'une voiture dans le port de Mokha sur la mer Rouge, alors que les forces yéménites approchent des Houthis. [Saleh al-Obeidi/AFP]

Onze février : un soldat fidèle au Président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi lève son arme devant la carcasse d'une voiture dans le port de Mokha sur la mer Rouge, alors que les forces yéménites approchent des Houthis. [Saleh al-Obeidi/AFP]

En acceptant l'aide militaire de l'Iran, les Houthis du Yémen (Ansarallah) suivent un programme qui sert les intérêts de ce régime mais qui mine leur affirmation d'être un mouvement national indépendant, expliquent des experts à Al-Mashareq.

Il existe de nombreuses preuves que l'Iran fait passer illégalement des armes et d'autres équipements militaires aux Houthis depuis plusieurs années , malgré ses démentis répétés, ont-ils affirmé.

Le 28 janvier, l'agence de presse officielle des Émirats arabes unis, WAM, a rapporté que son armée de l'air avait détruit au Yémen un avion de reconnaissance fabriqué en Iran.

Selon le major général Ahmed Saif al-Yafei, alors chef d'état-major adjoint du Yémen, qui a été tué par un missile le mois dernier, cet incident s'est produit près du port de la mer Rouge de Mokha, où il y a eu d'intenses combats.

De nouvelles recrues des Houthis à bord d'un véhicule militaire le 3 janvier lors d'un rassemblement à Sanaa pour mobiliser davantage de combattants pour lutter contre les forces yéménites. [Mohammed Huwais/AFP]

De nouvelles recrues des Houthis à bord d'un véhicule militaire le 3 janvier lors d'un rassemblement à Sanaa pour mobiliser davantage de combattants pour lutter contre les forces yéménites. [Mohammed Huwais/AFP]

Un membre des forces combattant en soutien au Président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi lève son arme dans le port de Mokha, sur la mer Rouge, le 9 février. Les forces yéménites, appuyées par la coalition, ont lancé une grande offensive le 7 janvier pour reprendre le rivage qui surplombe le détroit stratégique de Bab-el-Mandeb. [Saleh al-Obeidi/AFP]

Un membre des forces combattant en soutien au Président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi lève son arme dans le port de Mokha, sur la mer Rouge, le 9 février. Les forces yéménites, appuyées par la coalition, ont lancé une grande offensive le 7 janvier pour reprendre le rivage qui surplombe le détroit stratégique de Bab-el-Mandeb. [Saleh al-Obeidi/AFP]

Il n'y a pas eu de réaction immédiate à l'incident de la part de l'Iran ou des Houthis.

Par ailleurs, plusieurs organes de presse ont signalé que des drones fabriqués par l'Iran et utilisés par les Houthis avaient été abattus par les Émirats arabes unis et les forces yéménites.

En décembre, les forces yéménites ont intercepté une cargaison de drones-espions à Marib. Celle-ci était destinée aux Houthis.

L'Iran soutient les Houthis

« L'Iran a ses propres objectifs qu'il cherche à mettre en place dans la région en imposant son hégémonie sur cette partie du monde grâce à ses intermédiaires armés », a déclaré à Al-Mashareq l'analyste politique Rashad al-Sharaabi.

Par le biais de ses intermédiaires, qui incluent le Hezbollah au Liban et diverses milices irakiennes qu'il finance et entraîne, le régime iranien cherche à contrôler la région et ses eaux navigables, et à bloquer toute puissance qui pourrait faire obstacle à ses projets, a-t-il déclaré.

« Le soutien iranien aux Houthis sape les institutions nationales [yéménites] », a affirmé al-Sharaabi, ajoutant qu'il est « absolument évident » que le régime leur fournit des armes, un entraînement, de l'argent et un appui médiatique.

Avant que les Houthis n'envahissent Sanaa et mènent un coup d'État contre le gouvernement légitime le 21 septembre 2014, les forces yéménites avaient saisi plusieurs navires transportant des armes et des équipements de communication militaires dans les eaux du pays.

Parmi ceux-ci se trouvait le Jihan, un navire-cargo transportant des armes saisies en janvier 2013.

Depuis, les forces de la coalition ont saisi de nombreuses autres cargaisons d'armes à destination des Houthis le long des 2 500 km de côtes du Yémen, a indiqué al-Sharaabi.

Selon des rapports internationaux, a-t-il poursuivi, beaucoup d'armes et de missiles ayant également été saisis ont été fabriqués en 2015 et ne faisaient pas partie de ceux récupérés dans l'arsenal de l'armée yéménite par les Houthis.

Les actions des Houthis réfutent leur revendication de patriotisme et prouvent qu'ils ne préparent pas une révolution indépendante , a-t-il affirmé.

« Violation flagrante » des résolutions de l'ONU

« Les Houthis ne peuvent pas payer les salaires des fonctionnaires, ont pillé et dilapidé les réserves gouvernementales d'un total de 5 milliards de dollars pour recevoir de grandes quantités d'armes sophistiquées de qualité », a déclaré al-Sharaabi.

Cela implique clairement le parti qui leur apporte un soutien, a-t-il fait savoir, en violation de la Résolution 2216 du Conseil de sécurité de l'ONU.

« Des rebelles indépendants ne peuvent pas être un outil qui implémente un programme iranien avec un soutien iranien, à la fois direct et par des intermédiaires », a-t-il précisé.

Plusieurs rapports révèlent que l'Iran et le Hezbollah sont impliqués dans la fourniture d'armes aux Houthis « en violant de toute évidence les résolutions internationales » prises selon le chapitre VII de la charte de l'ONU, a déclaré Abdoul Malik al-Yousefi, analyste politique et écrivain yéménite.

« La communauté internationale semble commencer à en avoir assez de l'ingérence de l'Iran », a-t-il confié à Al-Mashareq, faisant référence au rôle de l'Iran et du Hezbollah dans l'affaiblissement de la paix internationale et la menace pour la sécurité de la région.

Des sanctions directes contre l'Iran pourraient être imposées à cet égard, a-t-il fait savoir.

« Un examen attentif de la Résolution 2342 du Conseil de sécurité révèle un ton strict et des pénalités dures sur les intermédiaires de l'Iran au Yémen. En fait, l'article 12 de la résolution ouvre de façon claire la voie à des sanctions plus sévères compte tenu de la non-conformité à la résolution précédente », a-t-il indiqué.

« La Résolution 2341 qui l'a précédée portait sur les menaces à la paix internationale et les sanctions qui seraient imposées à ceux qui la menacent », a-t-il rappelé.

Une guerre par procuration qui sert l'Iran

Quant aux Houthis, a déclaré al-Yousefi, « aucun révolutionnaire patriotique indépendant n'accepterait d'armes d'un parti qui l'utilise pour combattre des habitants de son pays et leurs capacités ».

« Un mouvement national indépendant n'opère pas selon des programmes externes et n'accepte pas un soutien conditionnel, surtout s'il est militaire ou médiatique », a affirmé le politologue Adnan al-Humairi à Al-Mashareq.

« Les Houthis mènent une guerre de procuration pour l'Iran pour servir ses intérêts dans la région et contrôler le Golfe aux immenses richesses pétrolières », a-t-il ajouté.

« Les missiles et les drones utilisés par les Houthis au combat, dont certains ont servi à attaquer des navires de guerre de la coalition, servent les intérêts de l'Iran en provoquant l'inquiétude et en sapant la sécurité de la navigation internationale dans le détroit de Bab-el-Mandeb », a-t-il expliqué.

Cette voie de navigation stratégique est cruciale, car un tiers de la production mondiale de pétrole y transite, a déclaré al-Humairi.

Abdulsalam Mohammed, directeur du Centre Abaad d'études stratégiques compare les actions des Houthis à celles des groupes armés extrémistes agissant au Yémen.

Les Houthis sont une milice ayant acquis des armes pour tuer, après avoir renversé le gouvernement, et menacent la sécurité de la région et les voies de navigation internationales, a-t-il détaillé à Al-Mashareq.

L'Iran et le Hezbollah ont violé des résolutions de l'ONU interdisant la fourniture d'armes aux Houthis, ce qui a intensifié les actes de violence, exacerbé la tragédie humanitaire et épuisé l'État, a-t-il poursuivi.

« Pas une révolution nationale »

« Les Houthis ne représentent pas du tout une révolution nationale indépendante, car leur projet n'est pas un projet national », a déclaré à Al-Mashareq le politologue Yassin al-Tamimi.

« Lorsque les Houthis ont pris part au coup d'État du 21 septembre 2014, ils ont tenté en vain de reproduire la révolution islamique iranienne, et l'Iran a en effet annoncé être derrière cette action des Houthis », a-t-il ajouté.

Le fait que l'Iran ait décrit les Houthis comme organisant « une révolution islamique » confirme « la nature non patriotique de ce que les Houthis ont fait », a-t-il ajouté.

L'implication de l'Iran et du Hezbollah dans le soutien militaire aux Houthis et dans la planification et le financement du coup d'État est l'un des principaux facteurs « qui ont entraîné le pays dans une guerre civile ayant plongé le pays dans le chaos », a-t-il affirmé.

« Les Houthis ont causé la mort de plus de 10 000 Yéménites, en ont blessé des dizaines de milliers et en ont déplacé des millions, ont mis en danger des villes, des écoles et des mosquées, ont troublé la vie et ont contribué au démantèlement de l'État », a-t-il déclaré.

Cet environnement a permis à des groupes extrémistes comme al-Qaïda et « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) de se développer au Yémen, a-t-il expliqué.

« La [milice] libanaise du Hezbollah a envoyé des experts au Yémen de la part de l'Iran pour entraîner les Houthis, et cet ensemble de preuves n'est plus un secret pour personne », a indiqué al-Tamimi.

« Nous sommes témoins d'un crime consistant pour l'Iran et ceux qui agissent pour son compte dans la région à prendre pour cible un pays entier, avec l'intention de renverser le régime et de le remplacer par un autre qui soit favorable à l'Iran et pour accomplir ses objectifs politiques grâce à l'utilisation de la force militaire », a-t-il conclu.

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3 COMMENTAIRE (S)

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Honte à vous, mec! De quel soutien iranien parlez-vous? Vous ne pouvez pas voir le soutien américain, israélien, britannique et français? Et vous m'avez parlé d'un programme étranger? !! Ce sont des Hébreux qui prétendent être des Arabes! Regarde leurs actes dans le sud et dans les îles yéménites. Qu'est-ce que cela [illisible] a à voir avec l'Iran, [illisible] et Hadramout? Ils sont tous après leurs propres intérêts, même si tout le monde meurt. Ils ne s'intéressent qu'à la réalisation de leur intérêt. Si l'Iran est l'ennemi, laissez-le combattre et laissez les EAU libérer ses îles et sortir de nos propres îles.

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Bien dit!

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La torture des membres des Mojahidines du peuple, des arabes de l'Ahwaz et de l'opposition iranienne est en cours en Iran, et les experts Iraniens supervisent les prisons et les centres de détention d'al-Houthis et de la famille de l'Affash évincé au nord du Yémen. Depuis Septembre 2014, les Houthis et les partisans de l'Affash évincé ont kidnappé et arrêté des milliers de citoyens yéménites. Les experts Iraniens supervisent les prisons et les centres de détention d'al-Houthis et de la famille de l'Affash évincé au nord du Yémen.

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