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Le Yémen reprend le paiement des salaires des fonctionnaires

Par Abou Bakr al-Yamani à Sanaa

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Des employés du gouvernement yéménite reçoivent leur salaire à la Société de change al-Kouraïmi à Sanaa. [Abou Bakr al-Yamani/Al-Mashareq]

Le Yémen a repris le paiement des salaires aux fonctionnaires de Sanaa et des provinces contrôlées par les Houthis (Ansarallah) à la fin du mois dernier, après une interruption de quatre mois due à la guerre, ont déclaré des responsables gouvernementaux à Al-Mashareq.

Le 26 janvier, le gouvernement du président Abd Rabbou Mansour Hadi a commencé à verser leurs salaires aux fonctionnaires de l'éducation et du bureau général du ministère de l'Éducation à Sanaa.

Un total de 1,6 milliard de riyals yéménites (6,4 millions USD) a ainsi été payé à 21 700 fonctionnaires, a déclaré le gouverneur de Sanaa Abdoul Ghani Hafathallah Jameel aux médias locaux.

Le Premier ministre Ahmed Obaid ben Dagher a indiqué que son gouvernement s'était engagé à verser leurs salaires aux employés des ministères et des agences de l'État.

Ces salaires seront versés principalement par la Société de change al-Kouraïmi et par la Banque de crédit coopérative et agricole (CAC), a-t-il expliqué.

Ben Dagher a appelé les Houthis à « débloquer les 300 milliards de riyals (1,2 milliard USD) en impôt sur le revenu et droits de douane qu'ils détiennent et qui avaient été collectés auprès des institutions sous leur contrôle ».

Il a demandé que ces sommes soient « versées sous forme de salaire aux employés parce qu'il s'agit de recettes d'État ».

Mécanisme de décaissement

Le ministère de la Fonction publique a demandé aux entités gouvernementales dans les régions contrôlées par les Houthis de présenter les registres de paie de leurs employés, a précisé le vice-Premier ministre et ministre de la Fonction publique et des Assurances Abdoul-Aziz Jabbari.

Le processus de décaissement sera mené à bien par le biais d'un mécanisme précis, qui garantira que les salaires seront remis à leurs destinataires en main propre, a-t-il précisé.

« Le gouvernement s'engage à verser les salaires des employés de tous les ministères, toutes les agences et institutions gouvernementales dans l'ensemble des provinces, à l'exception des employés des institutions génératrices de revenus qui peuvent payer leur personnel sur leurs recettes propres », a déclaré le ministre de la Culture Marwan Dammaj.

Le ministère a reçu les bulletins de salaire de l'Autorité générale des antiquités de Sanaa, a-t-il expliqué à Al-Mashareq, ajoutant que des travaux sont en cours pour parachever les procédures de décaissement de leurs salaires et les transférer à Sanaa.

Hatem al-Wasabi, âgé de 44 ans et enseignant dans une école de Sanaa, a déclaré que lui-même et ses collègues n'avaient pas été payés depuis quatre mois, malgré le fait qu'ils aient continué à remplir leur devoir.

« Je ne suis pas allé vers un bureau de la société des changes qui se charge de verser les salaires car je ne pouvais croire [que je serai payé], jusqu'à ce que je reçoive un appel d'un collègue me disant qu'il avait bel et bien été payé », a-t-il rapporté à Al-Mashareq.

Des liquidités suffisantes

La Société de change Al-Kouraïmi est l'agent de transfert des salaires des enseignants à Sanaa, tandis que la banque CAC a déposé une demande auprès du Premier ministre pour verser les salaires des employés dans toutes les provinces.

« La banque a suffisamment de liquidités pour couvrir les salaires de tous les employés », a déclaré à Al-Mashareq le directeur général adjoint de la Banque CAC, Fares al-Jaadabi.

La banque « possède des succursales dans toutes les provinces de la république, avec des distributeurs automatiques de billets dans les districts urbains et dans les centres de population des régions rurales pour faciliter la remise des salaires à leurs destinataires », a-t-il précisé.

Al-Jaadabi a ajouté que la banque était en train de verser leurs salaires à de nombreux employés de l'État par le biais des comptes bancaires ouverts à leur nom, dans le respect des règles et procédures mises en place par le gouvernement, pour garantir qu'ils parviennent bien à leurs destinataires.

« Le versement des salaires aux fonctionnaires après une interruption de quatre mois est une étape importante pour la revitalisation des dépenses [des consommateurs] et donc la reprise de l'activité économique », a déclaré le président du Centre d'études et des médias économiques, Moustafa Nasr.

Au Yémen, les salaires stimulent le cycle économique, a-t-il expliqué à Al-Mashareq, et en conséquence, tout arrêt dans le paiement de ceux-ci conduit à une paralysie de l'économie.

Une situation économique difficile

Bien que le paiement des salaires gouvernementaux dans les zones contrôlées par les Houthis ait pour le moment repris, certains ont exprimé des inquiétudes sur de futurs problèmes de versement.

« Je ne pense pas que le gouvernement sera en mesure de continuer à payer les salaires, à moins qu'un plan ne soit mis en place pour restaurer les sources de revenus du gouvernement », a confié Nasr.

Ce plan comporte la reprise des exportations de pétrole et de gaz, l'absorption de l'aide des donateurs et l'amélioration de l'efficacité de la collecte des recettes fiscales et douanières, a-t-il poursuivi.

« Le versement des salaires à tous les employés dans les provinces contrôlées par le gouvernement légitime, ainsi que dans celles échappant à son contrôle, est une mesure positive et la réalisation de l'engagement annoncé lorsque la Banque centrale avait été transférée de Sanaa à Aden », a déclaré l'économiste Abdoul Jalil Hassan à Al-Mashareq.

« La situation économique est de plus en plus difficile pour les employés et les autres, alors que la guerre entre dans son 22e mois, en raison des conditions de vie des citoyens et de la situation humanitaire en général, qui devient de plus en plus critique », a-t-il indiqué.

Selon les Nations unies, près de 14 millions de Yéménites ont un besoin urgent d'aide alimentaire, la plupart étant des fonctionnaires, qui faisaient partie du segment de la population à faible revenu, mais sont tombés dans la pauvreté par suite de la perte de leur salaire, a déclaré Hassan.

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Politique Commentaire
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Ce sont des mensonges et des fraudes. Ils, à l'exception du bureau de l'éducation d'Amanat, n'ont pas reçu leurs salaires. Vous êtes en train de tromper les gens, O, mercenaires!

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Chers frères, nous, le personnel de l'armée de l'air et de la défense aérienne, n'avons pas reçu nos salaires depuis septembre 2016 jusqu'à aujourd'hui, mardi 21 mars 2017. Craignez Allah. Nous exigeons que nos salaires et nos cotisations soient payés afin que nous puissions nourrir nos enfants.

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Chers frères, nous sommes des employés d'Amanat Sana’a. Jusqu'à aujourd'hui, 45 bureaux d'Amanat n'ont pas reçu leurs salaires. Bien qu'il y ait des instructions précises et des mémorandums officiels sur le paiement des salaires pour les bureaux d'Amanat, au 18 février 2017, aucun salaire n'a été versé. Craignez Allah, gens des médias ! Veuillez informer les responsables de ce problème, et arrêtez de jouer avec la vie des gens. Il n'y a aucune force ou puissance en dehors d'Allah.

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Dhamar est en dehors de la couverture légitime, et les Houthis en ont le contrôle.

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