Sécurité

Un sommet au Bahreïn appelle à l'amélioration de la coordination de la sécurité régionale

Par Mohammed al-Jayousi à Manama

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Les participants à la conférence de Manama Dialogue 2016, organisée du 9 au 11 décembre, ont convenu d'améliorer la coopération de sécurité. [Mohammed al-Jayousi/Al-Mashareq]

Les participants au récent sommet de sécurité régionale Manama Dialogue 2016 ont souligné l'importance d'améliorer la coordination de sécurité pour répondre aux défis grandissants précipités par les troubles géopolitiques.

Ce 12e sommet annuel, tenu par l'Institut international des études stratégiques, a réuni 500 figures de la sécurité et de la diplomatie venues de 20 pays au Bahreïn du 9 au 11 décembre.

Les participants ont discuté de la situation au Moyen-Orient, de l'expansion des partenariats régionaux de sécurité et de la façon de gérer les variables régionales changeantes.

Ils se sont mis d'accord à l'unanimité sur l'importance d'arriver à s'entendre sur l'engagement à l'éradication du terrorisme, et de « l'Etat islamique en Irak et au Levant » (EIIL) en particulier.

Il sera important de juguler toutes formes d'extrémisme et de violence et d'empêcher ces groupes de recruter des jeunes pour perpétrer des crimes inhumains, ont-ils déclaré.

Endiguer les ambitions expansionnistes de l'Iran

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a appelé le régime iranien a mettre fin à sa politique expansionniste et à son ingérence dans les affaires régionales, indiquant qu'il faudrait l'empêcher d'acquérir des armes de destruction massive.

L'Iran doit commencer à respecter la souveraineté des autres pays pour garder intact le mécanisme de stabilité et de sécurité de toute la région, a-t-il déclaré au sommet.

« La menace iranienne vient de mauvaises politiques, qui auront inévitablement des répercussions sur ses intérêts dans la région et le monde en général », a affirmé à Al-Mashareq Nabil Fahmy, ancien ministre égyptien des Affaires étrangères.

Les efforts des Etats du Golfe pour contrer l'ingérence iranienne vont dans la bonne direction, a indiqué Fahmy, mais une coordination supérieure est nécessaire pour répondre à ses ambitions expansionnistes en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen .

Le dialogue et la coordination entre les Etats arabes sont plus urgents que jamais, a-t-il déclaré, ajoutant qu'il doit exister une vision totale qui prend en compte toutes les questions politiques, diplomatiques, économiques et de sécurité.

En pus de la coordination et des bonnes relations entre les Etats arabes et les pays étrangers, a-t-il poursuivi, « il est impératif de renforcer et de développer les capacités arabes et nationales dans le domaine de la sécurité nationale ».

Cela est nécessaire car « la trop forte dépendance sur les autres crée un déséquilibre politique et sécuritaire », a-t-il affirmé.

Répondre à la crise syrienne

« La conférence de Manama Dialogue nous a fourni l'opportunité, en tant que forces d'opposition [syriennes], de présenter notre point de vue », a déclaré Najib Ghadbian, représentant spécial de la coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution auprès des Etats-Unis.

Ghadbian a décrit la situation actuelle à Alep de « crime immonde contre l'humanité », ajoutant que le « Manama Dialogue est un canal efficace pour délivrer le message syrien ».

« L'Iran est une force d'occupation en Syrie », a-t-il déclaré à Al-Mashareq, ajoutant que « ceux qui tuent le peuple syrien à Alep sont des milices sectaires entraînées et armées par l'Iran » et par le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), le Hezbollah libanais jouant également un rôle dans cette situation.

« Une action du Golfe et des pays arabes est possible pour soulever la question de l'ingérence constante de l'Iran dans les affaires des pays voisins », a-t-il indiqué, notant que les forces de la coalition se battent contre les Houthis (Ansarallah) soutenus par l'Iran au Yémen.

« C'est le bon moment pour organiser une conférence régionale afin de discuter de la situation dans la région d'une façon délibérée », a indiqué l'ancien vice-président irakien Iyad Allawi.

Les pays de la région sont « épuisés et affaiblis » par l'effusion de sang et le chaos généralisés, a-t-il déclaré, et cherchent des solutions à ces problèmes.

Vers une réconciliation irakienne

La sécurité régionale n'est pas obtenue uniquement par des efforts militaires, mais par des réunions et le dialogue, a expliqué Allawi.

Il a exhorté le régime iranien à être « un acteur positif travaillant avec les autres, ou étant isolé », l'appelant à « faire partie de la paix et de la stabilité de la région ».

« La bataille contre le groupe terroriste de l'EIIL à Mossoul présente une importante opportunité pour les Irakiens de construire la réconciliation nationale, d'abandonner le système de quota sectaire et de travailler à bâtir et à stabiliser la région », a-t-il déclaré.

Remporter la guerre contre le terrorisme et l'extrémisme ne peut se faire qu'en modifiant l'environnement politique et en faisant en sorte qu'il soit ouvert à tous les composants de la société irakienne, a ajouté Allawi.

Ceci aidera l'Irak à repousser le terrorisme, a-t-il affirmé, car l'idéologie extrémiste ne peut pas prospérer dans une société libre de sectarisme, de marginalisation et d'exclusion des autres.

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1 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire

Le Bahreïn doit recruter un grand nombre de personnel de sécurité et de l'armée pour protéger le pays et les frontières contre le terrorisme et l'extrémisme. Maintenant, tout le monde recrute de grands nombres pour préserver la sécurité.

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