Sécurité

L'Égypte et le Liban collaborent pour combattre l'extrémisme

Par Waleed Abou al-Khaïr au Caire

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Le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Shoukri (gauche) rencontre le président du parlement libanais Nabih Berri lors d'une visite officielle du 15 au 17 novembre au Liban. [Photo fournie par le ministère égyptien des Affaires étrangères ]

L'Égypte et le Liban renforcent leur collaboration sur plusieurs plans pour combattre le terrorisme et l'idéologie extrémiste, a affirmé le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Shoukri lors d'une récente visite officielle au Liban.

Cette visite, du 15 au 17 novembre, était destinée à renforcer les liens entre les deux pays de plusieurs façons, ont expliqué des experts à Al-Mashareq, dont l'amélioration de coopération conjointe dans la lutte contre le terrorisme.

Avant la visite, l'ambassadeur égyptien au Liban, Nazih al-Najari, a déclaré au journal égyptien Al-Ahram que les deux pays travaillent déjà ensemble pour combattre le terrorisme et pour renforcer cette collaboration, en raison de son importance.

Des travaux sont en cours pour soutenir Al-Azhar, a-t-il indiqué, lequel unit ses forces avec Dar al-Fatwa libanais pour affronter l'idéologie extrémiste propagée par des groupes comme « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) et le Front al-Nosra (FAN), aussi appelé Front Fatah al-Cham.

La collaboration de sécurité entre l'Égypte et le Liban, en particulier dans le domaine du contre-terrorisme, « est importante pour les deux pays », a affirmé le lieutenant-colonel Amin al-Zaïni, de la police égyptienne, qui est rattaché à Interpol.

Le Liban est sur la ligne de front avec des groupes terroristes qui sont apparus en Syrie, a-t-il expliqué à Al-Mashareq, tandis que l'Égypte combat des extrémistes dans la péninsule du Sinaï.

Coopérations de sécurité

Il existe une collaboration de sécurité entre l'Égypte et le Liban dans plusieurs domaines, a précisé al-Zaïni, notamment en ce qui concerne les listes noires et les listes internationales de terroristes recherchés qui sont publiées par Interpol.

Les deux pays échangent de l'expertise à travers des formations conjointes à la sécurité, a-t-il indiqué, et « nous travaillons ensemble à la traque des ressortissants égyptiens et libanais suspectés d'avoir des liens avec des terroristes et des groupes terroristes ».

Par cet effort conjoint, a-t-il ajouté, le Caire travaille à identifier les terroristes se faisant passer pour des réfugiés et tentant d'entrer en Égypte depuis le Liban.

Les deux pays sont vulnérables à l'infiltration par la mer méditerranée, a-t-il ajouté, laquelle les relie et offre un point d'entrée pour les contrebandiers.

Les groupes extrémistes opérant en Syrie, comme l'EIIL et le FAN, ont recruté plusieurs Égyptiens, a informé al-Zaïni, et leur retour présente une menace à la sécurité.

« Lorsqu'ils reviennent en Égypte, il est possible que ces individus commettent des attentats terroristes au Sinaï ou d'autres provinces du pays », a-t-il annoncé.

Un grand nombre d'Égyptiens sont employés de façon légale dans des postes légitimes dans tout le Liban, a-t-il ajouté. Les deux gouvernements unissent leurs forces pour améliorer le processus de contrôle des ressortissants égyptiens, révéler toute tentative d'infiltration, et déporter les individus recherchés en collaboration avec les services de sécurité libanais.

Répandre l'Islam modéré

Les institutions religieuses des deux pays collaborent aussi pour répandre l'islam modéré parmi la population .

Dar al-Fatwa libanais et l'institution égyptienne Al-Azhar sont historiquement très liés, a affirmé Cheikh Rajeh Sabri, du ministère égyptien des Dotations religieuses.

« Pour cette raison, il est naturel que les deux camps travaillent ensemble pour répandre le véritable esprit de la foi musulmane, ou ce que l'on appelle l'islam modéré, pour tenter de mettre fin à la propagation de l'idéologie obscurantiste terroriste », a expliqué Sabri à Al-Mashareq.

L'Égypte et le Liban sont tous deux sous la menace d'une « vague terroriste de la pensée, en particulier depuis la montée en puissance de l'EIIL et du FAN », a-t-il indiqué.

Pour y répondre, les institutions religieuses égyptiennes travaillent avec Dar al-Fatwa pour atteindre « les jeunes dans les régions pauvres, surtout à Beyrouth et dans le nord [du Liban], afin de les éloigner de l'idéologie extrémiste », a-t-il déclaré.

À cet égard, le Liban exige une approche et des méthodes de prêche différentes de celles en Égypte, a-t-il noté, en raison de la nature multi-sectaires de sa société.

Soutenir la stabilité régionale

L'Égypte a cherché à apaiser les tensions et à soutenir les efforts pour atteindre un consensus dans l'arène politique libanaise, a déclaré Ibrahim Fakhr, conférencier à l'université d'Aïn Shams.

« Cette approche a été observée dans les relations entre l'Égypte et tous les partis politiques du Liban, sans exception », a-t-il précisé à Al-Mashareq.

L'Égypte a poursuivi cette politique en sachant « qu'un Liban sûr, avec des tensions minimales, soulagerait la pression de sécurité dans les pays de la région », a-t-il déclaré.

La position centrale du Liban dans la région signifie qu'il peut servir de rempart contre la propagation de l'idéologie extrémiste, a-t-il expliqué, ajoutant que sa stabilité politique est vitale à la sécurité de la région.

« Le terrorisme a été une préoccupation commune et urgente », a fait savoir Fakhr. « De bonnes relations diplomatiques entre les deux pays permettront une meilleure collaboration de sécurité ainsi que l'échange d'informations et d'expertise. »

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