Ramadan

L'Arabie saoudite réglemente les dons du Ramadan

Par Sultan al-Barei à Riyad

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Les bénévoles d'une organisation caritative en Arabie saoudite préparent des repas de l'iftar pendant le Ramadan 2015. [Photo fournie par Raef Othman]

L'Arabie saoudite continue de réglementer la collecte de dons, en particulier pendant le Ramadan, et elle renforce les procédures pour empêcher que les fonds destinés à la bienfaisance parviennent à des organisations qui alimentent l'extrémisme, ont déclaré des responsables à Al-Shorfa.

Une nouvelle directive limite désormais la collecte de dons en argent liquide utilisés pour fournir des repas de l'iftar aux citoyens pauvres, une coutume du Ramadan , aux organisations caritatives ayant une licence.

Cette année, des agences gouvernementales ont reçu pour ordre de renforcer les mesures existantes pour réguler le processus de donation et le travail des organisations caritatives.

Le ministère des Affaires sociales réglemente les associations en délimitant leurs fonctions et en leur imposant de rendre rigoureusement compte des dons effectués, a informé le ministre chargé des organisations caritatives Mohammed bin Abdullah al-Asiri.

Inspections avant le Ramadan

Le ministère avait commencé à dépêcher des patrouilles d'inspection avant le Ramadan pour garantir que les associations se conformaient à l'interdiction des boîtes de dons placées dans des lieux publics, comme les centres commerciaux et les mosquées, a expliqué al-Asiri.

Il surveille également les publicités appelant aux dons, et vérifie les noms des organisations faisant leur publicité et leurs numéros de comptes bancaires associés.

« Ces mesures ont bloqué les sources de financement qui généraient des fonds pour des organisations suspectes qui soutiennent des idées malavisées et le terrorisme », a-t-il précisé, soulignant que les gens doivent signaler tout appel aux dons suspect.

Début 2016, le ministère de l'Intérieur avait commencé à surveiller « plus de deux mille comptes bancaires » appartenant à des organisations caritatives et privées dans le cadre d'efforts pour combattre le financement du terrorisme, a indiqué al-Asiri.

Fin 2015, a-t-il ajouté, les organisations ont été invitées à nommer un contrôleur pour gérer leurs états financiers, qui doivent inclure les détails de tous les revenus et toutes les dépenses.

Elles doivent également déposer leurs fonds dans des banques saoudiennes, et ne peuvent pas décaisser ces fonds sans l'accord de deux membres autorisés du conseil d'administration de l'organisation ou institution concernée.

De même, le processus de collecte de la zakat s'améliore constamment, les citoyens pouvant s'en acquitter de plus en plus facilement sur un site internet dédié, a déclaré al-Asiri.

Ciblage des agences non autorisées

« Le royaume, à travers ses agences officielles, continue de contrôler tous les aspects des dons du Ramadan, pendant lequel cette activité se renforce », a déclaré le vice-ministre aux Affaires islamiques, Tawfiq bin Abdulaziz al-Sudairi.

Les entités suspectes ont utilisé le mois sacré pour lancer des appels aux dons, a-t-il expliqué à Al-Shorfa, certaines recettes allant à des groupes terroristes et d'autres à des escrocs professionnels.

Cette nouvelle directive répond à cette situation, a-t-il indiqué, et permet d'imposer une interdiction totale sur la collecte non autorisée de fonds servant à payer des repas de l'iftar ou pour tout autre but.

Il est demandé aux donateurs d'effectuer leurs dons par l'intermédiaire des agences gouvernementales chargées de les récolter, a précisé al-Sudairi.

« Le ministère bloque toutes les sources de financement suspectes qui pourraient bénéficier aux groupes terroristes, même par la mendicité habituelle dans les mosquées », a-t-il indiqué.

Les imams des mosquées ont été invités à surveiller le respect de cette interdiction et à informer les autorités compétentes en cas d'infraction, a poursuivi al-Sudairi.

Les efforts du ministère comprennent également une inspection complète de toutes les mosquées du royaume pour s'assurer que leurs imams sont dûment accrédités, a-t-il ajouté.

Sensibiliser le public

« Les agences gouvernementales saoudiennes ont de fait bloqué la collecte de dons qui pourraient arriver dans les mains de terroristes », a indiqué Adel al-Usaimi, imam de la mosquée al-Khair à Riyad.

Il a été demandé aux agences publiques de financer les réparations des mosquées pour bloquer les groupes qui par le passé récoltaient des dons sous prétexte de faire ces réparations, a-t-il dit à Al-Shorfa.

Il a aussi été demandé aux imams de récupérer les informations personnelles et des copies des cartes d'identité des citoyens qui souhaitent effectuer un itikaf (retraite spirituelle) dans une mosquée lors du Ramadan. Les étrangers doivent quant à eux obtenir une autorisation écrite de leur parrain.

« Les efforts du gouvernement ne seront pas complets sans la participation des citoyens, des imams et des responsables des associations et organisations caritatives », a déclaré al-Usaimi.

Les prêcheurs des mosquées sont chargés de sensibiliser les fidèles aux dangers qui peuvent se produire lorsque les dons ne sont pas envoyés à des agences autorisées, et aux résultats catastrophiques qui peuvent s'ensuivre si ces fonds sont canalisés par des extrémistes, a-t-il indiqué.

Il doit être rappelé au public que « les membres de groupes extrémistes ne font pas de différence entre les gens, et tout le monde peut devenir la cible de leurs crimes », a-t-il précisé.

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