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Le Liban aborde sa sécurité aux frontières sur plusieurs fronts

Nohad Topalian à Beyrouth

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Les agences libanaises de sécurité conduisent un exercice tactique conjoint dans la région d'Arida du district d'Akkar, près de la frontière avec la Syrie. [Photo fournie par la Direction de l'orientation de l'armée libanaise]

Le Liban a pris des mesures concertées pour renforcer la sécurité à ses frontières, en organisant des exercices militaires conjoints pour apprendre à son personnel de sécurité à gérer des atteintes potentielles, et par une nouvelle législation complète.

Le 17 septembre, une proposition de gestion intégrée des frontières a été présentée pour accord par le commandement de l'armée libanaise au gouvernement libanais.

Cette Stratégie nationale de gestion intégrée des frontières, qui appelle à ce que les responsabilités de sécurité frontalière soient partagées entre tous les secteurs de la sécurité, est en cours d'examen, et attend l'aval du Premier ministre Saad al-Hariri.

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Les agences de sécurité mènent un exercice tactique conjoint au poste frontière d'Ardia dans le district d'Akkar, qui simule une tentative d'infiltration terroriste. [Photo fournie par la Direction de l'orientation de l'armée libanaise]

Par ailleurs, le 1er régiment terrestre frontalier et des unités de diverses agences de sécurité du district d'Akkar, dans le nord du Liban, ont mené un exercice tactique conjoint au poste d'Arida, qui simulait une tentative d'infiltration terroriste.

Le général Joseph Aoun, chef d'état-major des armées, assistait à cet exercice, premier de son genre à un poste frontalier.

Il a permis de souligner que « les postes frontières sont de la responsabilité de l'ensemble des forces de sécurité, pas seulement de l'armée », a déclaré Aoun.

Il a souligné que ces postes sont « en meilleur état qu'il y a quelques années en arrière grâce aux efforts de l'armée et des agences de sécurité », et a rappelé le rôle leader que jouent les régiments frontaliers à cet égard.

Le commandement de l'armée a fourni aux forces frontalières des matériels et une formation « pour faciliter leur mission de contrôle des frontières et de prévention de la contrebande », a poursuivi Aoun.

Stratégie en trois phases

Il y a quelques années, l'armée libanaise a, avec le soutien de l'Union européenne, mis sur pied une « stratégie de gestion intégrée des frontières » qu'elle met en œuvre depuis, a expliqué à Al-Mashareq une source proche du commandement de l'armée libanaise.

Elle prévoit la surveillance et le contrôle des frontières terrestres, aériennes et maritimes du pays, et s'attache à la coordination entre toutes les agences de sécurité concernées par le contrôle des frontières, a poursuivi cette source.

Elle prévoit en outre la fourniture d'une formation professionnelle et continue à toutes les agences de sécurité, a-t-il ajouté.

La stratégie globale de sécurité aux frontières a été divisée en trois phases, a-t-il détaillé, dont deux ont déjà été mises en œuvre.

La première phase incluait le développement et la mise en œuvre d'un plan d'urgence opérationnelle et la coordination entre les agences de sécurité chargées de la protection des frontières, a-t-il indiqué.

La deuxième phase a vu la mise en place d'un centre de formation des régiments frontaliers de l'armée de terre et d'autres agences de sécurité sur la base aérienne de Rayak.

Les régiments terrestres frontaliers y reçoivent l'entraînement nécessaire au contrôle aux frontières, notamment sur la manière de traiter les réfugiés, la contrebande et le trafic d'êtres humains.

La troisième phase s'articule autour de l'approche gouvernementale de cette stratégie, a poursuivi cette source, après quoi un accord est élaboré entre les diverses agences de sécurité concernant l'échange d'informations communes à toutes les frontières.

Mettre fin à la contrebande

Cette stratégie de gestion intégrée des frontières est une « stratégie politique » destinée à s'assurer que les frontières du Liban sont bien sous le contrôle de l'État, a déclaré le général de brigade Maroun Hitti, conseiller auprès du Premier ministre en matière de défense et de sécurité.

Ce dont a besoin le Liban, c'est d'une «décision politique sur le contrôle des frontières et la fin de la contrebande », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

En l'état, a-t-il affirmé, près de 90 % de l'activité de contrebande bénéficient au Hezbollah, et « personne ne sait quelles marchandises sont dissimulées à bord des camions [de la milice] ».

La stratégie de gestion des frontières « intervient en réponse aux événements au cours desquels des militants et des terroristes avaient les mains libres sur les frontières libanaises », a expliqué à Al-Mashareq le général de brigade Naji Malaeb, expert en sécurité et officier en retraite.

La conclusion réussie de l'opération Fajr al-Juroud en août 2017 a mis un terme à cette situation, a-t-il ajouté, car auparavant, la frontière était « grande ouverte au trafic de personnes, de biens et d'armes ».

Ratifier cette stratégie « met en œuvre le contrôle aux frontières conformément aux standards militaires et impose une coordination sécuritaire avec les agences de sécurité syriennes pour partager la responsabilité de mettre fin aux trafics de toute nature », a précisé Malaeb.

Le 25 septembre, al-Hariri a précisé que le gouvernement s'efforce de fermer tous les points de passage illicites et les routes de la contrebande entre le Liban et la Syrie, soulignant que les contrebandiers seront traduits en justice.

« La contrebande est un véritable problème », a-t-il conclu, soulignant que le gouvernement « approuvera la présence de scanners et autres détecteurs dans tous les ports maritimes, terrestres et aériens ».

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