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Terrorisme |

Le programme spatial iranien cache le développement de missiles, selon les États-Unis

Sultan al-Barei à Riyad

Cette photo publiée par l'agence de presse semi-officielle iranienne Fars montre une fusée prétendument dédiée à la recherche spatiale. 

Les nouvelles sanctions américaines contre le programme spatial iranien s'inscrivent dans le cadre de leurs efforts permanents de lutte contre le programme de missiles balistiques du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), ont expliqué des spécialistes à Al-Mashareq.

Le programme spatial iranien sert de couverture à son programme de missiles balistiques, affirment-ils, soulignant que cela constitue une menace pour la sécurité régionale et mondiale.

Le 3 septembre, le Trésor américain a annoncé des sanctions contre le programme spatial iranien, désignant trois entités : l'Institut de recherches en astronautique (également connu sous le nom d'Institut de recherche aérospatiale ou Centre de recherche sur les systèmes astronautiques), l'Agence spatiale iranienne et le Centre iranien de recherche spatiale.

Deux responsables du CGRI dans une usine de missiles en Iran sur cette photo publiée par l'agence iranienne Mehr.

Selon les États-Unis, une récente explosion survenue sur un pas de lancement de satellites dans le nord du pays a été le signe d'un travail sur les missiles, une affirmation réfutée par l'Iran, a rapporté l'AFP.

« Les États-Unis ne permettront pas à l'Iran d'utiliser son programme de lancement spatial comme une couverture pour développer ses programmes de missiles balistiques », a déclaré le secrétaire d'État Mike Pompeo lors d'une déclaration le 3 septembre.

« La tentative faite par l'Iran le 29 août de lancer un véhicule de lancement spatial souligne l'urgence de cette menace », a-t-il poursuivi.

Selon ces nouveaux décrets, tous les ressortissants américains seront tenus pour pénalement responsables pour avoir interagi avec le programme spatial iranien.

« Ces désignations doivent servir d'avertissement à la communauté scientifique internationale que collaborer avec le programme spatial iranien pourrait contribuer à renforcer la capacité de Téhéran à développer un système de lancement d'armes nucléaires », a ajouté Pompeo.

« Une provocation manifeste »

Le régime iranien « tente de dissimuler ses tests de missiles balistiques sous le couvert de son programme spatial civil, dans la mesure où les technologies et les matériels utilisés dans les deux programmes sont très similaires », a précisé l'expert militaire Wael Abdoul-Moutallib à Al-Mashareq.

« L'Iran cherche à fabriquer des missiles à longue portée capables de transporter de la matière radioactive », a-t-il ajouté, ce qui lui permettrait d'élargir la portée de sa menace.

Cela porterait atteinte aux efforts américains et internationaux de soulager les tensions dans la région, a-t-il poursuivi, qualifiant la conduite des tests de nouveaux missiles de « provocation flagrante de la part du CGRI ».

Les affiliés du CGRI au Yémen et au Liban utilisent des armes fournies par l'Iran, a-t-il continué, précisant qu'il avait été démontré que « plusieurs des missiles qui ont frappé l'Arabie saoudite et tirés depuis le Yémen étaient de fabrication iranienne ».

C'est la première fois que les États-Unis imposent des sanctions au programme spatial iranien et montrent qu'ils ambitionnent « d'accentuer les pressions sur l'Iran », a expliqué Mohammad Mohsen Abou el-Nour, directeur du Forum arabe d'analyse des politiques iraniennes.

En annonçant cette décision, les États-Unis ont précisé que les technologies de SLV (Space Launch Vehicle - véhicules de lancement spatial) telles que celles développées par le programme spacial iranien sont virtuellement identiques à celles utilisées pour les missiles balistiques, a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Le programme civil de SLV iranien lui permettrait d'acquérir une expérience des diverses technologies nécessaires au développement d'un missile balistique intercontinental, a-t-il ajouté.

Les États-Unis ont renforcé leurs sanctions contre l'Iran « pour l'obliger à changer d'attitude », a expliqué à Al-Mashareq Mohammed Hamed, spécialiste des affaires internationales.

Il a conclu en expliquant qu'il estime que Washington continuera à suivre cette politique jusqu'à ce qu'un nouvel accord soit trouvé, qui incluera « la limitation du programme de missiles balistiques de l'Iran, qui est très étroitement lié à son programme spatial ».

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