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Sécurité |

Le CCG et les États-Unis unissent leurs efforts pour contrer les menaces à la sécurité régionale

Soldats qatariens lors d'un exercice militaire. Les États-Unis et les pays du CCG, y compris le Qatar, accentuent leurs efforts pour maintenir la sécurité régionale face à la menace iranienne, au travers d'une série d'exercices militaires conjoints. [Photo fournie par le ministère de la Défense du Qatar]

Les États-Unis affichent leur engagement en faveur de la sécurité dans le Golfe au travers d'une série d'exercices militaires menés en partenariat avec les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Ces exercices illustrent l'engagement pris de travailler ensemble sur le long terme dans la région pour contrer les menaces émanant du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), ont expliqué des spécialistes à Al-Mashareq.

Les États du CCG sont unis dans leur mission de contrer l'influence du CGRI, ont-ils poursuivi, et des efforts sont faits pour protéger la région contre des menaces aériennes par le biais de manœuvres et du déploiement de systèmes de missiles de défense.

Une batterie de missiles Patriot est visible sur cette photo non datée. En février, les Émirats arabes unis ont signé avec les États-Unis un contrat d'achat de lanceurs de missiles Patriot de 1,6 milliard de dollars. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Les États-Unis ont rappelé qu'ils ne cherchaient pas la guerre contre l'Iran, mais qu'ils étaient prêts, avec leurs moyens maritimes et aériens dans la région, à défendre leurs alliés et la liberté de commerce et de navigation dans le monde entier en cas d'agression iranienne, ont-ils affirmé.

« Les États-Unis sont déterminés à mettre en œuvre leur partenariat stratégique avec leurs alliés du CCG en renforçant leurs capacités militaires », a déclaré le colonel Rashid Mohammed al-Marri, ancien chef du service de lutte contre les stupéfiants de la police de Dubaï.

Récemment, ils ont renforcé les capacités de défense pour assurer la sécurité régionale en fournissant à leurs alliés du CCG « les équipements technologiques et militaires les plus récents », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Du 15 au 26 avril, des membres d'active du Commandement central de l'armée de l'air des États-Unis ont achevé l'exercice Air and Missile Defense Exercise (AMDEX).

Cet exercice multilatéral conjoint États-Unis-CCG était centré sur les opérations aériennes, terrestres et maritimes conjointes pour promouvoir la stabilité régionale et se défendre contre des puissances et des forces ennemies.

Cet exercice est intervenu au lendemain d'un autre exercice militaire conjoint dirigé par le Qatar (HI-RAIN) sur la base d'al-Udeid au Qatar, lors duquel les forces américaines et qatariennes firent la démonstration du déploiement rapide d'un système de lance-roquettes multiple (HIMARS).

Début avril, des soldats du 1er bataillon de la 44e Force de défense aérienne ont suivi un entraînement, baptisé Modular Site Construction and Occupation Rehearsal Exercise (MSCORE), destiné à préparer une rampe de lancement de Patriot à Camp Arifjan, au Koweït.

Les missiles Patriot sont des systèmes de missile sol-air destinés à détruire les missiles et les appareils ennemis.

Ces exercices comportaient des transitions et la création d'un nouveau site. Les soldats poursuivent leur mission de défense à partir du nouvel emplacement.

Exercices aériens et navals conjoints

Le groupe d'attaque du porte-avions Abraham Lincoln et une escadrille de bombardiers B-52H Stratofortress de l'armée de l'air américaine, assigné au 20e escadron expéditionnaire de bombardement, et composante de la force d'intervention de bombardiers, ont conduit des exercices conjoints dans la région le 1er juin.

Ces exercices comportaient des entraînements air-air, des vols en formation et une simulation d'opérations de frappe pour la défense d'un bien national.

Les États-Unis avaient dépêché sur place le groupe d'attaque du porte-avions et la force d'intervention des bombardiers dans le golfe persique début mai, en réponse à des rapports des renseignements indiquant que l'Iran déplaçait des missiles balistiques de courte portée à bord de bâtiments civils dans les eaux du Golfe.

Le B-52H peut transporter 35 tonnes d'armes et dispose d'une portée de combat typique de plus de 14 000 kilomètres. Ses capacités anti-navires et de mouillage de mines en font un instrument très efficace pour assister les forces navales lors d'opérations de surveillance océanique.

Lors d'un autre exercice sous commandement américain début juin, l'armée de l'air américaine a mené un exercice pour des équipes au sol sur la base d'al-Udeid au Qatar visant le chargement et le déchargement de munitions de type JASSM (Joint Air-to-Surface Standoff Munitions).

« Ces armes constituent une dissuasion globale ; elles sont en effet capables de frapper des cibles à grandes distances, ce qui les rend particulièrement impressionnantes lors qu'elles sont délivrées par un vecteur qui peut se rendre n'importe où dans le monde en un jour », a précisé à Al-Mashareq un planificateur stratégique de l'armée de l'air des États-Unis.

« Les États-Unis sont prêts à agir au pied levé, avec un large éventail de capacités », a-t-il ajouté.

La longue portée des JASSM leur permet d'être tirées loin des systèmes de défense aérienne ennemis et leur fuselage furtif les rend extrêmement difficiles à détecter.

Les bombardiers peuvent transporter plus de seize missiles chacun, ce qui représente une puissance de combat importante à partir d'un seul appareil. De plus, les F-15E, F-16 et F-18 sont tous capables de tirer des JASSM.

Amélioration des systèmes de défense aérienne

Des exercices d'entraînement comme AMDEX constituent « un bouclier aérien » qui protège tous les États du Golfe « en cas d'attaque par des missiles de tout type », a précisé l'expert militaire Abdel-Karim Ahmed.

Ces exercices visent à « coordonner les efforts de lancement de missiles à partir du sol, de la mer ou du ciel pour frapper une cible ennemie qui pourrait tenter de pénétrer l'espace aérien régional des pays du CCG », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Le système de défense aérienne du CCG nécessite une parfaite coordination entre toutes les armées de la région, a poursuivi Ahmed.

Pour réaliser cette intégration, les unités de lancement des missiles des États du CCG doivent être connectées à une salle de commandement unifiée chargée de coordonner les actions en cas d'urgence, a-t-il ajouté.

Le déploiement du système de missile Patriot au Koweït et en Arabie saoudite, et plus récemment aux Émirats arabes unis, assurera la protection « non seulement de ces pays, mais également de tous les pays du CCG », a-t-il affirmé.

En février, les Émirats arabes unis ont signé un contrat avec les États-Unis pour l'achat de lanceurs de missiles Patriot pour un coût de 1,6 milliard de dollars.

Ces missiles représentent « un parapluie défensif contre des attaques potentielles », a déclaré al-Marri, « notamment au vu de la menace croissante des attaques par le CGRI ou de ses intermédiaires par des drones et des missiles balistiques ».

« Les missiles Patriot se caractérisent par leur capacité à frapper leur cible avec précision, ce qui constitue un avantage de sécurité essentiel », a-t-il indiqué, ajoutant que le Patriot est l'un des systèmes de défense aérienne les plus réussis au monde.

« Il est clair que les États-Unis sont le seul pays capable d'utiliser ses relations, des accords et ses alliances pour garantir la stabilité dans la région [du Golfe] », a expliqué le spécialiste des affaires internationales Mahmoud Abdel-Moneim.

Il est également clair que les États du CCG, malgré quelques différences politiques, coopèrent avec les États-Unis pour maintenir la stabilité de la région et la protéger contre les répercussions d'une possible intervention militaire de l'Iran, a-t-il conclu pour Al-Mashareq.

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