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La machine médiatique des Houthis suit l'exemple de l'Iran

Des enfants yéménites aident à transporter des cercueils d'écoliers lors d'un enterrement à Sanaa le 10 avril. Les Houthis ont organisé des funérailles collectives pour les enfants tués dans l'explosion du 7 avril qu'ils ont imputée à la Coalition arabe. Human Rights Watch a depuis affirmé que la milice soutenue par l'Iran en était responsable. [Mohammed Huwais/AFP]

À la fin du mois dernier, les géants des réseaux sociaux Facebook et Twitter ont fermé des centaines de comptes liés à une campagne de réseaux sociaux émanant d'Iran qui tentait d'influencer l'opinion publique en faveur des intérêts iraniens.

Plus tôt dans l'année, Facebook avait déclaré avoir fermé des centaines de comptes « inauthentiques » originaires d'Iran qui faisaient partie d'une vaste campagne de manipulation agissant dans plus de vingt pays, a rapporté l'AFP.

La machine médiatique des Houthis (Ansarallah) au Yémen, soutenus par l'Iran, « suit le même mode opératoire de mensonge et de falsification des faits » que la machine médiatique iranienne, a déclaré Fadel al-Hindi, superviseur du Centre de recherches humaines et sociales de l'Université du roi Abdelaziz.

La façon dont a été couvert par les médias pro-Houthis un incident dans le district de Saawan à Sanaa en avril « est la preuve la plus évidente » de cette tromperie, a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

Les médias pro-Houthis avaient en effet affirmé qu'une attaque aérienne de la coalition américaine ou arabe avait tué quinze enfants dans le district, alors qu'une enquête de Human Rights Watch sur l'incident, publiée le 9 mai avait confirmé que l'explosion n'avait pas été causée par une frappe aérienne.

« Un entrepôt contrôlé par les Houthis dont lequel étaient stockées des matières volatiles près de maisons et d'écoles a pris feu et a explosé dans la capitale du Yémen, Sanaa, le 7 avril 2019, causant la mort d'au moins quinze enfants », a fait savoir HRW.

Diffusion d'un « discours incendiaire »

Un autre exemple des tentatives des Houthis de déformer la nouvelle est le fait qu'ils aient accusé la coalition arabe d'avoir bloqué fin 2018 le départ d'un avion transportant une délégation houthie devant participer à des pourparlers de paix à Genève, a rapporté al-Hindi.

Les Houthis voulaient « suggérer que la coalition est le camp qui refuse la paix, ce qui s'est révélé par la suite être faux », a-t-il indiqué.

Les Houthis « diffusent également un discours incendiaire et de fausses informations par le biais d'un réseau de sites et de chaînes satellites », a ajouté al-Hindi.

Parmi elles se trouvent la populaire chaîne al-Masirah, ainsi qu'al-Sahat, al-Yemen al-Yawm, al-Hawiya et al-Lahtha, a-t-il fait savoir.

Selon le politologue Waddah al-Jalil, « les Houthis voient dans l'expérience du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) un modèle approprié pour gérer leur environnement ».

Faisant allusion à l'incident du Saawan et à d'autres similaires, il a déclaré à Al-Mashareq que la milice soutenue par l'Iran « commet des crimes et accuse ensuite ses ennemis d'en être coupables ».

« Les Houthis ont l'habitude de ne pas assumer la culpabilité des crimes qu'ils commettent contre les Yéménites, et s'ils sont jugés coupables, ils s'en fichent », a-t-il rapporté.

« Ils se comportent comme un gang qui ne respecte pas les normes et les lois internationales et ne se soucie pas des conséquences de ses crimes », a-t-il poursuivi.

« Intox et inventions médiatiques »

Le journaliste yéménite Faïsal Ahmed a déclaré à Al-Mashareq que les Houthis ont mis en place un système de « diffusion de fausses nouvelles et d'inventions médiatiques grâce auquel ils imputent la responsabilité de leurs crimes à d'autres parties ».

Ces mensonges ne sont pas remis en question ou contestés par les partisans des Houthis, a-t-il déclaré, et leur fournissent les arguments pour « les défendre contre d'autres parties, et la rumeur circule ainsi rapidement ».

« La milice utilise également cette ligne de conduite pour parler de ses fausses victoires pour mobiliser ses partisans et la communauté par le biais des médias officiels et non officiels et des réseaux sociaux », a expliqué Ahmed.

Selon Ahmed, les Houthis « combattent la vérité, comme en témoigne le fait qu'ils ferment tous les réseaux médiatiques, journaux et sites internet dans les [zones sous leur contrôle] à l'exception de ceux qui travaillent pour eux ».

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