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Sécurité |

Les États-Unis et l'Irak perturbent un grand réseau de financement de l'EIIS

Les États membres du Groupe de lutte contre le financement de l'EIIS (CIFG) et des observateurs se réunissent le 11 février 2018 à Amman pour discuter des moyens de tarir les sources de financement de l'EIIS. [Photo extraite de la page Twitter de la Coalition mondiale]

En travaillant en étroite collaboration et en partageant des informations, les États-Unis et l'Irak ont systématiquement démantelé un immense réseau mondial de financement de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS).

De nouvelles actions destinées à éliminer le réseau financier al-Rawi, un groupe de facilitation financière essentiel de l'EIIS basé en Irak, incluent la désignation par le Trésor américain le 15 avril de six individus et d'une personne morale liés au réseau.

Dans une déclaration annonçant ces nouvelles désignations, le Trésor a décrit les personnes désignées comme des « éléments vitaux » du réseau financier de l'EIIS.

Les noms des six individus, qui habitent en Irak, en Turquie et en Belgique, ont été révélés, à savoir Mushtaq Talib Zughayr al-Rawi, Omar Talib Zughayr al-Rawi, Walid Talib Zughayr al-Rawi, Muhannad Mushtaq Talib Zughayr al-Rawi, Abdoul Rahman Ali Hussain al-Ahmad al-Rawi et Mohammed Abdoul Qader Mutni Assaf al-Rawi.

L'EIIS avait choisi deux d'entre eux, Omar et Abdoul Rahman Ali, pour gérer la prétendue « province de l'Euphrate » après la mort du « ministre du Trésor » du groupe dans une frappe aérienne de la coalition en Syrie en 2017.

Ces hommes et Mushtaq, qui fait partie des personnes désignées le 15 avril, faisaient affaire avec le financier tué.

Le « ministre du Trésor », Fawaz Muhammad Jubayr al-Rawi, était un facilitateur financier syrien qui transférait des millions de dollars pour les réseaux de l'EIIS, jusqu'à sa mort en 2017 dans une frappe aérienne de la coalition contre la ville syrienne d'Albou Kamal.

Il avait déjà été désigné par le Trésor américain.

Al-Ard al-Jadidah, une entreprise de services financiers basée en Irak, en Turquie et en Syrie, a également été désignée le 15 avril. Elle fournissait activement de l'argent aux combattants de l'EIIS et à leurs familles en facilitant les transferts entre ses succursales.

Des centaines de milliers de dollars ont été transférés entre les succursales de l'entreprise et les dirigeants du groupe en Irak, selon le Trésor.

Halima Adnan Ali, également désignée le 15 avril, est une financière arrêtée par les autorités kényanes en juillet qui finançait les éléments de l'EIIS en facilitant les transferts d'argent au Moyen-Orient, en Europe, aux Amériques et en Afrique de l'Est.

Actions contre le réseau

« Certains membres du réseau al-Rawi ont été capturés lors d'opérations spéciales menées par la cellule de renseignements des Faucons, le service de renseignements et les forces de sécurité d'Irak, avec l'aide des États-Unis », a rapporté l'expert en renseignements Fadel Abou Ragheef.

En octobre, les autorités ont attaqué le quartier général du réseau al-Rawi à Erbil et Bagdad et ont arrêté dix financiers liés au groupe, a-t-il indiqué à Diyaruna, mais d'autres membres sont toujours en liberté en Syrie, en Turquie et en Europe.

Le réseau de financement est « complexe et vaste » et sert efficacement le ministère du Trésor de l'EIIS, a-t-il déclaré.

« Il dispose de bureaux de change et de services financiers en Irak et dans de nombreux autres pays, en plus de sociétés commerciales et de holdings, d'entreprises impliquées dans diverses activités et d'entreprises d'investissement », a-t-il fait savoir.

Celles-ci comprennent « des boutiques d'achat et de vente d'or et des concessionnaires automobiles », a-t-il ajouté.

« Les recettes des opérations de blanchiment d'argent sont transférées à travers des intermédiaires bancaires dans le monde entier et [finalement] remises à l'EIIS », a expliqué Abou Ragheef.

« Le gouvernement irakien, à travers la Banque centrale d'Irak (BCI), a gelé tous les dépôts et les actifs économiques des membres du réseau agissant dans le pays et a saisi leurs biens mobiliers et immobiliers », a-t-il rapporté.

« Une interdiction a été prononcée contre toutes les transactions financières, commerciales et bancaires avec les entreprises et les bureaux connectés au réseau », a-t-il fait savoir, conformément aux lois nationales et internationales pour combattre le financement du terrorisme et le blanchiment d'argent.

Juguler les sources de revenus

Mettre à jour et démanteler le réseau financier de l'EIIS est une étape essentielle vers la prévention du terrorisme, a expliqué Essam al-Faily, professeur des sciences politiques à l'université d'al-Mustansiriya, à Diyaruna.

Empêcher des attentats terroristes en asséchant les sources de revenus est l'objectif du Groupe financier de lutte contre l'EIIS (GFCE), qui est composé de représentants de 54 pays.

Réuni le 14 avril à Manama, la capitale de Bahreïn, le GFCE a discuté d'une coopération internationale plus étroite pour endiguer l'arrivée de fonds vers les groupes terroristes.

« Les États-Unis travaillent sans relâche et stratégiquement pour assécher les sources de soutien au terrorisme », a affirmé al-Faily.

« Ils travaillent à plusieurs niveaux pour traquer [les mouvements] de fonds à travers des banques et des institutions financières et surveiller les activités suspectes camouflées en opérations commerciales ou économiques ou en dons caritatifs », a-t-il précisé.

Al-Faily a souligné la « coopération étroite en termes de sécurité et de renseignements » entre les gouvernements irakien et américain et d'autres pays de la coalition en ce qui concerne l'échange d'informations et l'identification des financiers du terrorisme.

« L'EIIS a récolté des millions de dollars lorsqu'il a attaqué l'Irak et la Syrie en saisissant les coffres-forts de banques, des puits de pétrole et l'argent des impôts », a-t-il indiqué. « Ces ressources ont été épuisées par des attaques successives de la coalition internationale et des forces irakiennes».

« Aujourd'hui, nous devons intensifier la coordination de tous les pays pour éliminer tous les financiers mondiaux du terrorisme, car le danger qu'ils représentent ne menace pas seulement certains pays, et il est toujours présent », a-t-il conclu.

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