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Les problèmes financiers de l'Iran limitent son expansion en Syrie

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Une patrouille de la police militaire russe dans la campagne du nord d'Homs. [Photo fournie par Faisal al-Ahmad]

Dans la course pour étendre leur influence en Syrie, la Russie et l'Iran sont de plus en plus en désaccord, l'Iran étant désavantagé par son incapacité à financier suffisamment son Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) et les milices alliées, ont déclaré des experts.

« Les deux camps veulent étendre leur influence politique et militaire, et s'attribuer la majorité des projets de reconstruction », a expliqué en début de semaine le politologue Abdoul Nabi Bakkar à Diyaruna, le site jumeau d'Al-Mashareq, même si cela se fait aux dépens du peuple syrien.

La Russie a actuellement l'avantage et s'empresse de fixer sa présence militaire dans les régions clés et pour prendre le contrôle de certaines zones qui sont pour le moment aux mains du CGRI, a indiqué à Al-Mashareq l'avocat syrien Bashir al-Bassam.

Manhal al-Sallouh, ancien leader syrien de l'opposition, travaille désormais avec la Russie dans la campagne du nord d'Homs. [Photo fournie par Faisal al-Ahmad]

Par l'intermédiaire de ses milices affiliées, la Russie travaille pour limiter le pouvoir du CGRI et de ses affiliés dans le nord rural de la province d'Homs, où les tensions augmentent depuis que les milices soutenues par la Russie ont arrêté des plusieurs éléments du Hezbollah.

Ce dernier, qui combat également aux côtés du régime syrien, reçoit un financement direct de l'Iran.

Ces actions se produisent dans le contexte d'une « vague de colère déclenchée par la réduction des dépenses du CGRI et du Hezbollah », a-t-il rapporté, ce qui a affaibli ces groupes et menacé leur soutien de la part des civils syriens.

L'argent et l'aide que les factions alignées sur l'Iran ont distribués en Syrie « étaient un facteur essentiel pour rallier les civils à leur cause », a-t-il fait savoir.

Avec la réduction du financement résultant à la fois des sanctions et d'une mauvaise gestion, le soutien à la présence de l'Iran en Syrie « va commencer à décroître », a-t-il affirmé.

Cela est dû au fait que la plupart des recrues syriennes et non iraniennes qui ont rejoint le CGRI et les factions alliées combattant en Syrie l'ont fait pour « des raisons économiques et financières », a-t-il expliqué.

Gains russes dans la campagne d'Homs

« La Russie a créé une nouvelle milice dans la campagne du nord d'Homs, sous le commandement direct de la police militaire russe stationnée sur la base d'Hmeimim », a fait savoir le militant dans les médias Faisal al-Ahmad à Al-Mashareq.

Cette milice a été chargée de « débarrasser la région de la présence ou de l'influence du CGRI et des milices qui lui sont affiliées », a-t-il indiqué, en particulier du Hezbollah, très présent dans la région.

Le Hezbollah a également créé des milices locales affiliées sous le nom de « Hezbollah syrien », a-t-il ajouté.

La nouvelle milice alignée sur la Russie est composée d'anciens membres de l'opposition qui ont rendu les armes en vertu des accords de réconciliation arbitrés par la Russie, a déclaré al-Ahmad.

Elle est dirigée par Manhal al-Sallouh, ancien leader de Jaish al-Tawhid « le premier à se rendre et à apporter son soutien à la fin des hostilités dans la région », a-t-il précisé.

La police militaire russe soutient directement la milice, qui est rattachée au 5e corps appuyé par la Russie, a-t-il ajouté.

La police russe soutient ouvertement la milice dans plusieurs régions, y compris la ville de Talbiseh, au nord d'Homs, où cette dernière doit établir un bastion, a-t-il dit.

« Cette milice a attaqué plusieurs villes et villages [dans la campagne d'Homs] et en a expulsé par la force des éléments du Hezbollah et en a arrêté d'autres », a précisé al-Ahmad, ajoutant que les miliciens avaient enlevé tous les drapeaux du Hezbollah.

Ces villages comprennent al-Nijmeh, al-Kum, al-Mukhtariya, Kafr Abed et al-Hazmiyeh, a-t-il fait savoir.

La milice a réussi à prendre le contrôle d'al-Mulouk, poste de contrôle majeur du Hezbollah servant de passage entre la ville d'Homs et les zones rurales environnantes, a-t-il déclaré.

Limiter l'influence du Hezbollah

La nouvelle milice dirigée par al-Sallouh « effectue des patrouilles de sécurité intensives pour empêcher la réapparition du Hezbollah », a indiqué al-Ahmad, ajoutant qu'elle avait mis en place plusieurs postes de contrôle afin d'appréhender ses éléments.

Les forces qui tiennent ces postes de contrôle contrôlent également les papiers d'identité à la recherche des collaborateurs du CGRI recherchés par la police militaire russe, a-t-il poursuivi.

« Ce qui se joue dans la campagne du nord d'Homs entre la Russie et le CGRI est une tentative de la Russie de réduire le pouvoir et le contrôle du Hezbollah dans la région », a affirmé le journaliste syrien Mohammed al-Abdoullah.

Il a expliqué à Al-Mashareq s'attendre à ce que ce plan s'étende à la campagne de l'ouest d'Homs, où le Hezbollah et d'autres milices soutenues par l'Iran sont présents en grand nombre.

Après avoir pris le contrôle de grandes parties des provinces de Daraa, Alep et Homs, les Russes ont réussi à contenir l'influence du CGRI à Deir Ezzor, a-t-il ajouté.

« La Russie forme des milices locales » pour garder le contrôle de ces zones, a-t-il déclaré, et a également pris le contrôle de Liwa al-Qods, qui bénéficiait auparavant du soutien du CGRI.

Les régions contrôlées par la Russie et l'Iran se chevauchent, a-t-il conclu, et la Russie tente d'y remédier en « éliminant la présence iranienne des zones sous son contrôle ».

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