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Droits de l'Homme |

Le Yémen demande aux Nations unies d'intervenir dans le district de Hajour

Nabil Abdoullah al-Tamimi à Aden

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Des Yéménites ayant fui les combats entre les forces pro-gouvernementales et les Houthis appuyés par l'Iran dans un camp de fortune pour personnes déplacées dans le district au nord de la province de Hajjah, le 5 janvier. [Essa Ahmed/AFP]

Le ministère yéménite des Droits de l'homme a déclaré le district de Hajour, dans la province de Hajjah, zone sinistrée, et a demandé aux Nations unies d'intervenir et de fournir une aide humanitaire urgente.

Le ministre yéménite des Droits de l'homme Mohamed Askar a lancé cet appel lors d'une conférence de presse organisée dimanche 10 mars au Caire.

Cet appel à l'aide fait suite à la mort de plus de 60 civils par suite des bombardements incessants par les Houthis (Ansarallah), et au siège de deux mois que cette milice appuyée par l'Iran a imposé sur la région.

Des Yéménites qui avaient fui les combats entre les forces pro-gouvernementales et les Houthis appuyés par l'Iran remplissent des jerrycans d'eau dans un camp de déplacés dans la province de Hajjah le 16 janvier. [AFP]

Askar a exhorté toutes agences des Nations unies, au premier rang desquelles le Conseil de sécurité et le Haut-Commissariat aux droits de l'homme, de prendre des mesures sérieuses et immédiates pour protéger la population du district de Hajour à Kushar, dans la province de Hajjah.

Il a demandé aux Nations unies de faire pression sur les Houthis pour qu'ils ouvrent des corridors de sécurité pour permettre la sortie de civils, aux équipes humanitaires de fournir des fournitures de base, notamment de la nourriture, des médicaments et de l'eau potable, et libèrent les civils enlevés.

Les Houthis bombardent les maisons des civils

Askar a accusé les Houthis de bombarder les maisons des civils dans le directorat de Kushar, dans la province de Hajjah, à l'arme lourde, notamment avec des missiles balistiques.

Ce bombardement a fait 62 morts, dont quatre enfants et cinq femmes, a-t-il poursuivi, et a blessé 217 autres personnes, dont des femmes et des enfants.

Cette situation a également provoqué le déplacement de 4 268 familles, composées « d'hommes non armés, de femmes et d'enfants », a-t-il ajouté.

Il a accusé les Houthis d'avoir fait exploser « vingt-quatre maisons et mosquées » et d'avoir détruit « trente fermes appartenant à des civils », en les empêchant d'irriguer leurs terres.

« Ils ont visé ceux qui tentaient de rejoindre leurs fermes, et ont enterré des mines partout », a-t-il ajouté, en plus d'avoir imposé un siège étouffant sur Hajour.

« Les milices houthies ont empêché la population civile dans les villages assiégés d'avoir accès à la nourriture et aux médicaments, et ont même coupé l'alimentation en eau, provoquant une véritable crise humanitaire », a-t-il poursuivi.

« Nous sommes face à une situation d'horreur du fait des exécutions, des destructions de maisons et de la politique de la terre brûlée dans les champs », a expliqué à Al-Mashareq le vice-ministre des Droits de l'homme Nabil Abdel Hafiz.

Besoin d'assistance humanitaire

« La situation humanitaire à Hajour est extrêmement difficile », a ajouté Abdel Hafiz.

« Les agences des Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) doivent intervenir pour sauver la population et lui apporter la nourriture et l'assistance humanitaire nécessaires, l'évacuer et prêter assistance aux blessés », a-t-il ajouté.

Cet appel du ministère des Droits de l'homme « s'adresse à toutes les organisations internationales qui ont participé à la conférence sur la réponse humanitaire qui s'est tenue [à Genève] le 26 février », a-t-il déclaré.

Il les appelle à jouer leur rôle dans « le sauvetage des habitants de Hajour », a-t-il ajouté, faisant part de son espoir de voir « les interventions humanitaires à Hajour devenir réelles et efficaces ».

Le journaliste Moussa al-Namrani a pour sa part expliqué à Al-Mashareq que ce qui est le plus urgent à Hajour est la mise en place d'un corridor sûr pour la population déplacée, des tentes, une aide humanitaire d'urgence et un hôpital de campagne où les blessés puissent recevoir des soins.

De même, le rétablissement du réseau de communication est également nécessaire, a-t-il conclu, et le fait de permettre aux organisations humanitaires d'accéder à la zone afin de pouvoir évaluer les besoins.

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