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Sécurité |

2019-02-08

La coalition arabe attaque les drones des Houthis


Une image tirée d'une vidée obtenue par AFPTV montre un soldat yéménite marchant à côté d'une des ailes d'un drone houthi qui a explosé le 10 janvier au-dessus de la base aérienne yéménite d'al-Anad, dans la province de Lahj, dans le sud du pays. [Nabil Hasan/AFP/AFPTV]
Une image tirée d'une vidée obtenue par AFPTV montre un soldat yéménite marchant à côté d'une des ailes d'un drone houthi qui a explosé le 10 janvier au-dessus de la base aérienne yéménite d'al-Anad, dans la province de Lahj, dans le sud du pays. [Nabil Hasan/AFP/AFPTV]

Les frappes aériennes de la coalition arabe contre des installations de Sanaa où étaient stockés des drones aériens ont mis à mal la capacité des Houthis (Ansarallah), soutenus par l'Iran, à utiliser ces armes, ont rapporté des experts yéménites.

Le 31 janvier, la coalition arabe a annoncé avoir mené une opération contre un site militaire où étaient stockés des drones.

« Les forces de la coalition ont mené une opération militaire pour détruire une cible militaire légitime, à savoir un site à l'est de [Sanaa] utilisé par la milice houthie pour entreposer des drones », a indiqué la porte-parole Turki al-Maliki dans un communiqué publié par la Saudi Press Agency.

Ces frappes aériennes font partie d'une série d'opérations militaires de deux semaines qui ont eu pour but de « détruire les moyens en drones des Houthis suite à une attaque contre un défilé militaire du gouvernement yéménite », a-t-il rapporté.

Six soldats avaient été tués et au moins douze personnes blessées lors d'une attaque de drone le 10 janvier contre la base aérienne d'al-Anad dans la province de Lahj, qui a été revendiquée par les Houthis, selon des médecins de l'hôpital d'Ibn Khaldoun.

Les frappes détruisent des installations logistiques

Les frappes aériennes de la coalition arabe du 19 janvier ont détruit un réseau intégré de drones et des installations logistiques gérés par les Houthis, a précisé al-Maliki.

Ces frappes ont ciblé des hangars de drones et des installations d'entraînement des Houthis, a-t-il ajouté, notant que la coalition arabe « n'autorisera pas les milices houthies à se doter de capacités de qualité pouvant menacer la sécurité régionale ».

Les frappes aériennes de la coalition arabe en janvier ont atteint leurs cibles à Sanaa avec précision et sans causer de pertes civiles, a déclaré à Al-Mashareq le général de brigade et porte-parole de l'armée yéménite Abdo Abdoullah Majali.

Avant les frappes, il avait été conseillé aux habitants de Sanaa de faire preuve de prudence, a-t-il rapporté.

Parmi les sites pris pour cibles se trouvaient des dépôts d'armes et de roquettes et des installations de stockage de drones utilisés par les Houthis, ainsi que des camps d'entraînement de la milice, a-t-il fait savoir.

« La coalition a pris pour cible la base al-Dulaimi de l'aéroport de Sanaa, la base du Commandement de l'armée de l'air et le Collège de défense aérienne, autant de sites utilisés pour entreposer des drones et des roquettes houthis fabriqués en Iran », a indiqué Majali.

Les autres cibles incluaient les camps d'al-Hafah et d'al-Suwad (aussi appelé Camp 48), l'enceinte présidentielle et la base militaire al-Nahdain, a-t-il ajouté.

Tous les sites visés étaient « utilisés pour stocker et réassembler ces armes fournies par l'Iran, et pour former leurs éléments », a expliqué Majali.

L'Iran fournit des drones aux Houthis

Dans une étude publiée en janvier, « Les drones kamikazes, arme stratégique des Houthis », le Centre Abaad d'études stratégiques a révélé que l'Iran fournit des drones aux Houthis du Yémen.

Les « drones kamikazes » sont programmés pour exploser à distance ou lorsqu'ils atteignent des coordonnées préprogrammées, a précisé l'étude.

D'après cette étude, les numéros de série des drones Qasef-1 des Houthis « indiquent qu'il s'agit simplement d'une autre version du drone Ababeel iranien ».

Certains de ces drones sont passés en contrebande aux Houthis intacts, a fait savoir l'étude, rappelant la saisie de drones destinés aux Houthis par les forces de sécurité à Marib.

D'autres sont réassemblés au Yémen par des experts formés en Iran et au Liban.

La contrebande est menée par les unités 400 et 190 de la force d'élite Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique (FQ-CGRI), selon l'étude.

La coalition arabe a annoncé le 20 janvier que l'Iran avait fourni aux Houthis des HESA Shahed 129, des drones de combat aérien.

Ce drone de surveillance et d'attaque a une portée de 2 000 km et peut rester en vol pendant 30 heures.

Éliminer la production de drones

Il est relativement facile et abordable de se procurer des drones (les prix s'échelonnent de 1000 à 2000 dollars américains) et de l'équipement sur internet, a fait savoir Abdoul Salam Mohammed, directeur du Centre Abaad d'études stratégiques.

Il est également relativement facile de fabriquer des pièces, ce qui a facilité l'ouverture d'ateliers de fabrication et de montage au Yémen, a-t-il rapporté à Al-Mashareq.

Les Houthis cherchent à « mettre en place ces ateliers à l'intérieur des villes pour qu'ils ne soient pas pris pour cibles », a-t-il indiqué.

De plus, a-t-il rappelé, cibler ces usines par des frappes aériennes « ne met pas fin au problème, et ne pourrait que partiellement perturber leur production de masse ».

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