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Réfugiés |

2018-12-03

L'UNESCO souligne la nécessité d'une éducation inclusive


Hamed al-Hammami, directeur du bureau de l'UNESCO à Beyrouth, prononce un discours le 26 novembre lors du lancement à Beyrouth du Rapport mondial de suivi sur l'éducation 2019. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]
Hamed al-Hammami, directeur du bureau de l'UNESCO à Beyrouth, prononce un discours le 26 novembre lors du lancement à Beyrouth du Rapport mondial de suivi sur l'éducation 2019. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

Dans un nouveau rapport, l'UNESCO félicite le Liban pour avoir développé des politiques éducatives inclusives pour les réfugiés syriens, mais appelle à davantage de mesures en ce sens, appuyées par un soutien international accru.

Le Rapport mondial de suivi sur l'éducation 2019 a été lancé le 26 novembre à Beyrouth par le Bureau régional de l'UNESCO pour l'éducation dans les États arabes et le ministère libanais de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.

Le rapport est intitulé « Migration, déplacement et éducation : bâtir des ponts, pas des murs ».


Des représentants des ministères de l'Éducation de plusieurs pays arabes et d'organisations locales et internationales ont participé le 26 novembre au lancement du Rapport mondial de suivi sur l'éducation 2019. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]
Des représentants des ministères de l'Éducation de plusieurs pays arabes et d'organisations locales et internationales ont participé le 26 novembre au lancement du Rapport mondial de suivi sur l'éducation 2019. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

Des représentants de ministères de l'Éducation de la région ont rejoint pour le lancement les responsables d'agences de l'ONU et d'organisations locales et internationales qui facilitent l'éducation de réfugiés syriens.

Malgré les progrès effectués, « il faut toujours augmenter les efforts nationaux pour permettre une avancée qualitative vers la mise en œuvre d'un système éducatif inclusif pour tous les réfugiés », a affirmé Manos Antoninis, superviseur du rapport.

L'Éducation doit inclure les enfants de tout âge, de tous les niveaux d'éducation et de toutes les nationalités, a-t-il déclaré.

Ce rapport montre l'ampleur et les caractéristiques des différents types de migration et de déplacement et leur impact sur les systèmes d'éducation, a-t-il fait savoir, en fonction des analyses des politiques menées dans le monde envers les réfugiés et les migrants.

Il souligne les éléments réussis des politiques, et ceux qui peuvent être améliorés, a-t-il ajouté, et félicite certains pays, en particulier le Liban, pour avoir développé des politiques d'éducation inclusives pour les réfugiés syriens.

Le rapport appelle également à un plus grand soutien international pour aider les pays à mettre en œuvre des systèmes d'éducation qui n'excluent personne.

Il demande la protection des droits des migrants et des personnes déplacées à l'éducation, à l'intégration dans les systèmes d'éducation nationaux, et la création de plans adéquats pour répondre à leurs besoins éducatifs.

L'éducation dans les situations d'urgence

Le ministère libanais de l'Éducation avait mis en place un comité en 2009, avant le déclenchement de la guerre syrienne, destiné à fournir une éducation aux enfants libanais dans les situations d'urgence, a indiqué Fadi Yarak, directeur général du ministère de l'Éducation.

« Ce comité a été créé à l'époque en coopération avec des organisations internationales et en coordination avec le gouvernement libanais », a-t-il rapporté à Al-Mashareq.

« Avec l'éruption de la crise syrienne et l'arrivée de milliers de familles syriennes au Liban, le pays a commencé à fournir une éducation aux élèves syriens en coopération avec nos partenaires, et il continue de le faire à ce jour », a-t-il indiqué.

Ces partenaires comprennent le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), l'UNESCO, des pays donateurs et des organisations internationales et de la société civile, a-t-il ajouté.

Le modèle libanais pour l'éducation des élèves syriens « est cité dans des conférences internationales portant sur l'éducation pour tous », a-t-il poursuivi.

« Nous comptons plus de 210 000 élèves syriens inscrits dans l'enseignement officiel, et plus de 300 écoles publiques sont ouvertes pour les sessions de l'après-midi », a déclaré Yarak.

« Ce que le Liban propose pour l'éducation des élèves réfugiés est sans pareil dans les autres pays accueillant des réfugiés syriens », a-t-il affirmé.

Le ministère « prend en compte les différents besoins des réfugiés à tous les stades du déplacement, et surtout ceux qui sont déscolarisés ou analphabètes, en adoptant des programmes qui leur sont adaptés », a expliqué Yarak.

Ceux-ci incluent des programmes accélérés et d'éducation non formelle.

Éduquer les élèves syriens réfugiés

« L'intégration des enfants réfugiés et déplacés dans les systèmes éducatifs est essentielle pour améliorer les conditions de vie de ces couches sociales », a fait savoir Hamed al-Hammami, directeur du bureau de l'UNESCO à Beyrouth.

L'éducation joue un rôle important dans le développement des sociétés et l'établissement de la paix, de la sécurité et de la stabilité, a-t-il affirmé à Al-Mashareq.

« Nous savons que dans les situations de conflit, de guerre et de grandes vagues de déplacement, les systèmes éducatifs peuvent être déstabilisés », a-t-il déclaré.

Il faut répondre à ce problème en ayant préparé de solides plans d'urgence, a-t-il ajouté, afin de fournir des possibilités d'éducation à tous.

« Pour cela, l'UNESCO s'est chargée d'apporter des opportunités d'éducation aux élèves syriens réfugiés au Liban du cycle secondaire », a-t-il indiqué, et il sponsorise à ce jour plus de 4000 élèves syriens.

« Nous œuvrons pour qu'un plus grand nombre d'entre eux bénéficient de cette opportunité », a-t-il poursuivi.

Depuis son lancement en avril 2016, le projet HOPES (Higher and Further Education Opportunities and Perspectives for Syrians) travaille à fournir une éducation aux élèves syriens réfugiés, a déclaré Rania Helou, responsable du projet d'éducation de HOPES.

« Avec le projet HOPES, nous fournissons des opportunités aux élèves réfugiés au Liban et dans les pays voisins pour qu'ils puissent surmonter les difficultés de l'éducation et poursuivre des études supérieures », a-t-elle expliqué à Al-Mashareq.

Ce projet offre aussi des conseils d'éducation, a-t-elle précisé.

Helou a déclaré espérer que le projet durera jusqu'après novembre 2019, date à laquelle il doit prendre fin, « pour que nous puissions continuer à mettre en œuvre les recommandations du rapport [mondial de suivi sur l'éducation] compte tenu du grand nombre d'élèves déscolarisés ».

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