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Terrorisme |

2018-11-23

Les milices houthies désinforment pour s'attirer les faveurs des médias


Des forces pro-gouvernementales yéménites dans les Moulins de la mer Rouge à l'est d'al-Hodeidah le 14 novembre 2018, alors qu'elles continuent de lutter pour reprendre la ville aux Houthis. [Saleh al-Obeidi/AFP]
Des forces pro-gouvernementales yéménites dans les Moulins de la mer Rouge à l'est d'al-Hodeidah le 14 novembre 2018, alors qu'elles continuent de lutter pour reprendre la ville aux Houthis. [Saleh al-Obeidi/AFP]

Les Houthis (Ansarallah) soutenus par l'Iran prennent délibérément le contrôle d'infrastructures civiles dans la ville portuaire d'al-Hodeidah pour pousser la coalition arabe à les attaquer, expliquent des analystes à Al-Mashareq.

Début novembre, des combattants houthis ont pris position dans l'Hôpital du 22-Mai et sur son toit, mettant en grand danger tout le bâtiment, a indiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies.

Le 8 novembre, Amnesty International a accusé les Houthis de « militariser délibérément » l'établissement après avoir obligé le personnel à quitter l'hôpital et avoir placé des tireurs d'élite sur le toit.


Un membre des forces pro-gouvernementales yéménites passe devant l'Hôpital du 22-Mai dans les faubourgs est d'al-Hodeidah le 13 novembre. Quelques jours plus tôt, les Houthis avaient pris position dans cet hôpital et placé des tireurs d'élite sur le toit, mettant en danger tout le bâtiment. [Saleh al-Obeidi/AFP]
Un membre des forces pro-gouvernementales yéménites passe devant l'Hôpital du 22-Mai dans les faubourgs est d'al-Hodeidah le 13 novembre. Quelques jours plus tôt, les Houthis avaient pris position dans cet hôpital et placé des tireurs d'élite sur le toit, mettant en danger tout le bâtiment. [Saleh al-Obeidi/AFP]

Le lendemain, les forces pro-gouvernementales ont repris l'hôpital.

« Les Houthis ont utilisé l'Hôpital du 22-Mai comme caserne, et ses patients comme boucliers humains », a rapporté le journaliste Munir Talal, notant que la milice avait mis fin à la circulation des ambulances quittant et rejoignant l'hôpital.

Ils ont également mis en danger les Moulins de la mer Rouge, qui contiennent suffisamment de céréales pour nourrir plus de trois millions de personnes pendant un mois, en les militarisant et en les utilisant comme zone de lancement pour leurs attaques.

Ces bâtiments, situés au sud du port d'al-Hodeidah, contiennent environ 51 000 tonnes de blé et représentent un lieu vital pour les opérations du Programme alimentaire mondial (PAM).

Les Houthis utilisent intentionnellement ces bâtiments civils pour pousser les forces de la coalition et du gouvernement à les prendre pour cible, a expliqué Talal.

Leur objectif est de tromper la communauté internationale en diffusant des informations selon lesquelles la coalition arabe qui se bat aux côtés des forces yéménites veut nuire aux civils et aux infrastructures civiles, a-t-il précisé.

Des obus sont effectivement tombés sur le complexe céréalier avant qu'il soit libéré par les forces favorables à la coalition le 10 novembre, mais les silos et les céréales n'ont pas été touchés, a déclaré Ali Reza Qureshi, directeur adjoint du PAM au Yémen.

En revanche, des mines ont été retrouvées dans un silo de céréales, qui sont en général utilisées par les Houthis, a fait savoir le directeur exécutif du PAM David Beasley le 19 novembre lors d'un discours télévisé.

« Notre installation contenait sept mines qui avaient été placées dans les silos à grains au cours des derniers jours », a-t-il rapporté, qualifiant cette situation de « déplorable ».

Propagande trompeuse

« Les Houthis ont l'habitude d'utiliser une propagande mensongère basée sur la désinformation », a affirmé Nabil Abdoul-Hafeez, sous-secrétaire du ministère yéménite des Droits de l'homme.

« Leur politique médiatique est façonnée par le Hezbollah [libanais] et l'Iran, et elle repose sur la manipulation de l'information d'une façon ou d'une autre », a-t-il expliqué.

Les Houthis ont acquis leur expérience médiatique dans le faubourg sud de Beyrouth lorsqu'ils étaient impliqués dans la machine médiatique du Hezbollah, a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Abdoul-Hafeez a souligné le fait que les Houthis ne vérifient pas et ne documentent pas les faits présentés dans leurs articles.

« Ils accusent les forces du gouvernement d'être responsable des exactions qu'ils commettent contre la population et contre les bâtiments publics et privés », a-t-il fait savoir, « ce qui fait partie de leur plan et de leur politique visant à tromper la communauté internationale, comme cela a été le cas avec les silos ».

Les Houthis agissent « comme un gang criminel », a affirmé Abdoul-Hafeez, comme le montrent les articles de presse citant le ministre houthi de la Jeunesse, Hassan Zayd, ordonnant aux éléments de la milice de faire exploser le port d'al-Hodeidah et de recourir à la « politique de la terre brûlée » s'ils sont sur le point de perdre.

L'Iran est aussi coupable

Le régime iranien est aussi coupable de la destruction et des attaques des Houthis contre les infrastructures, a déclaré Talal.

L'Iran aide les Houthis avec des armes, de l'argent et des experts, en plus de leur fournir un soutien médiatique considérable, a-t-il indiqué.

En épaulant ses intermédiaires dans la région, le régime iranien veut qu'ils deviennent suffisamment forts pour aider à soulager la pression internationale sur l'Iran, a rapporté Abdoul-Hafeez.

« Les affiliés de l'Iran dans la région, dont les Houthis au Yémen, lui permettent de diriger les conflits dans d'autres pays de la région, loin du territoire iranien », a-t-il ajouté.

Le professionnel des médias d'al-Hodeidah Wadih Atta a déclaré à Al-Mashareq que l'Iran joue un rôle dans les activités menées par les Houthis.

Des experts iraniens « supervisent et dirigent » les « actes brutaux » des Houthis, a-t-il affirmé, y compris leur utilisation de bombes camouflées en pierres, lesquelles ont été reliées à l'Iran.

Un rapport publié en mars par Conflict Armament Research établit que ces engins, qui ont été retrouvés dans plusieurs endroits au Yémen, ressemblent de près à des bombes trouvées en Irak et au Liban.

Des examens scientifiques ont déjà permis de relier les engins utilisés en Irak et au Liban à l'Iran, a précisé le rapport, ajoutant que ceux trouvés au Yémen sont d'une conception et d'une fabrication similaire.

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2 COMMENTAIRE (S)

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Bubble | 2018-12-08

Les milices ne méritent que de vivre dans des cavernes.

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Bubble | 2018-11-26

Correct!

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