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Religion |

2018-11-16

Une doctrine favorable à l'Iran prônée dans les mosquées yéménites


Des miliciens houthis passent devant la mosquée Al-Saleh le 30 novembre 2017 dans la ville yéménite de Sanaa. [Mohammed Huwais/AFP] 
Des miliciens houthis passent devant la mosquée Al-Saleh le 30 novembre 2017 dans la ville yéménite de Sanaa. [Mohammed Huwais/AFP] 

Les Houthis (Ansarallah) soutenus par l'Iran imposent leur propre idéologie à la population du Yémen en prenant le contrôle de mosquées et en nommant les prédicateurs, ont rapporté à Al-Mashareq des imams yéménites et un militant.

Les Houthis cherchent par ce biais à pousser les Yéménites à accepter la doctrine de la Wilayat al-Faqih (la Tutelle du Juriste), qui appelle à la loyauté envers le leader suprême de l'Iran, Ali Khamenei, ont-ils expliqué.

L'acceptation de cette doctrine sert les intérêts expansionnistes de l'Iran, ont-ils ajouté.

Les Houthis ont incendié une mosquée dans la province de Dhamar le 19 octobre après que les habitants du village de Bani Falah, dans le district de Jahran, ont protesté contre la nomination d'un prédicateur pour la mosquée.

Selon des médias locaux, la milice a placé des explosifs dans toute la mosquée avant de les déclencher, détruisant tout ce qu'elle contenait, y compris des corans, du matériel et des meubles.

Cette action a suscité une grande indignation publique et officielle, le ministère yéménite des Dotations condamnant l'incident dans une déclaration faite le 22 octobre.

« Il s'agit d'un acte criminel qui vise à soumettre les habitants et les forcer à accepter des prédicateurs houthis qui incitent à la violence, alimentent le racisme et disséminent les idées sectaires de l'Iran, qui sont étrangères aux Yéménites », a précisé la déclaration.

Remplacement des imams et des prédicateurs

Les Houthis ont déplacé les prédicateurs et les imams de certaines mosquées pour y installer ceux qui partagent l'idéologie de la milice, qui consiste à soutenir la doctrine de la Wilayat al-Faqih, a expliqué à Al-Mashareq l'avocat et militant Abdoul Rahman Barman.

Leur but est de contrôler ce qui est enseigné et prêché dans les mosquées, a-t-il indiqué, et de faire en sorte qu'il soit difficile pour les fidèles de trouver des prédicateurs et des imams qui ne partagent pas cette vision.

« Le fort taux d'illettrisme fait que nombre [de Yéménites] ne peuvent pas trouver de source d'enseignement religieux autre que le sermon du vendredi ou les conférences organisées dans les mosquées, ce qui aide les Houthis à atteindre leurs objectifs », a-t-il expliqué.

« Le processus de propagation de leurs idées commence par le remplacement des imams et des prédicateurs dans les mosquées par ceux qui adhèrent à leur idéologie et leur méthode », a ajouté Barman.

Ces idées sont ensuite répétées dans les mosquées « semaine après semaine », a-t-il poursuivi.

Certaines personnes, surtout celles disposant d'un accès limité à l'éducation, « acceptent ces idées comme faisant partie des enseignements de la charia, car elles viennent d'un imam ou de l'orateur d'un sermon du vendredi », a-t-il déclaré.

Pendant ce temps, « beaucoup de gens ne vont plus à la mosquée, même le vendredi, parce qu'ils ne sont pas convaincus par ce que profèrent les prédicateurs des Houthis », a-t-il indiqué.

Sujets de sermon prescrits

Cheikh Abdo Ali, imam et prédicateur dans une mosquée de la province d'Ibb, a rapporté à Al-Mashareq que les Houthis l'ont forcé à assister à des cours faisant l'apologie de leur propre idéologie afin qu'il puisse continuer à occuper son poste.

Les interprétations coraniques mises en avant pendant ces cours différaient de celles utilisées par la majorité des érudits sunnites, a-t-il fait savoir.

La milice lui a ensuite fourni « une liste de sujets que je devais aborder dans les sermons et les discours d'orientation entre les prières à la mosquée », a-t-il ajouté.

Mais bien que la mosquée ait accepté cette directive, a-t-il rapporté, « j'ai été choqué l'année dernière lorsqu'ils ont nommé leur propre prédicateur tout en me gardant comme imam ».

« J'ai tout de même accepté de conserver la résidence de la mosquée, qui est réservée à son imam et où nous avons passé plus de dix ans », a-t-il déclaré.

« Environ un mois plus tard, j'ai été surpris par l'arrivée d'une force houthie venue pour expulser ma femme et mes enfants de la résidence de la mosquée, prétendant qu'elle devait être libérée pour le nouveau prédicateur de la mosquée », a raconté Ali.

Cours obligatoires pour les orateurs

Mohammad Ali, ancien imam et orateur d'une mosquée de Sanaa, a expliqué à Al-Mashareq qu'il avait essayé de modérer les directives qu'il avait reçues sur la dissémination de l'idéologie des Houthis et la doctrine de la Wilayat al-Faqih.

Ali a suivi trois formations obligatoires faisant l'apologie de la Wilayat al-Faqih et glorifiant Khamenei.

« Je parlais de ces sujets dans mon sermon de vendredi, mais à ma propre façon, et pas exactement comme ils le souhaitaient, et c'est pour cela que j'ai été renvoyé de la mosquée où j'avais été nommé orateur il y a vingt ans », a-t-il raconté.

Les Houthis disséminent les sermons du vendredi avec une application sur portable « et forcent les orateurs à les lire mot pour mot, et je ne me suis pas plié à ça », a déclaré Ali.

« Les Houthis envoyaient des observateurs et des superviseurs pour évaluer la conformité des orateurs aux instructions », a-t-il rapporté. « Mais ils remplaçaient même ceux qui s'y pliaient, car ils ne font confiance qu'aux conseillers religieux et aux orateurs qui appartiennent au groupe et à la dynastie [des Houthis]. »

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4 COMMENTAIRE (S)

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Bubble | 2018-12-05

Nous nous attendons à plus des cohortes de l'Iran, les ennemis des nations arabes et islamiques. Que Dieu les maudisse !

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Bubble | 2018-12-04

Dieu est notre meilleur protecteur !

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Bubble | 2018-12-02

Le Yémen est un pays arabe.

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Bubble reply icon | 2018-12-04

Ce sont des aubaines, mais où sont ces peuples du patrimoine des ancêtres?

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