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Société |

2018-10-11

Le Liban combat la pauvreté


Un sans-abri vit depuis des années sous un pont de Dora à Beyrouth. Le Liban cherche à faire baisser le taux de pauvreté, qui s'élève désormais à 30 %. [Nohad Topalian/Al- Mashareq]
Un sans-abri vit depuis des années sous un pont de Dora à Beyrouth. Le Liban cherche à faire baisser le taux de pauvreté, qui s'élève désormais à 30 %. [Nohad Topalian/Al- Mashareq]

La famille de Jamil Youssef, qui compte six personnes, fait partie des plus pauvres du Liban.

« Je suis démuni », a déclaré Youssef, qui habite un logement exigu dans le quartier densément peuplé de Nabaa, dans la municipalité de Bourj Hammoud à l'est de Beyrouth.

« Je gagne à peine 10 000 livres (6,63 $) par jour en ramassant de la ferraille, et cela ne me permet pas de nourrir mes enfants ou de les envoyer à l'école ».


De nombreuses familles pauvres habitent dans le quartier Nabaa de Bourj Hammoud au Liban, où le taux de pauvreté a dépassé les 30%, selon le  ministère des Affaires sociales. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]
De nombreuses familles pauvres habitent dans le quartier Nabaa de Bourj Hammoud au Liban, où le taux de pauvreté a dépassé les 30%, selon le ministère des Affaires sociales. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

« J'ai cinq enfants en âge d'aller à l'école, mais qui ne sont pas scolarisés », a-t-il raconté à Al-Mashareq, ajoutant qu'il arrive à peine à les nourrir.

Ses voisins de cette zone touchée par la pauvreté connaissent les mêmes problèmes.

Il existe beaucoup d'autres familles comme celle de Youssef au Liban, pays où le taux de pauvreté a dépassé les 30%, selon le ministère des Affaires sociales.

Il y a désormais près de 41 000 familles pauvres au Liban, soit environ 229 000 personnes, et entre 8 et 12% de ces familles sont considérées comme étant les plus vulnérables.

La pauvreté la plus forte est concentrée dans le nord du pays et la vallée de la Bekaa, a expliqué le juge Abdoullah Ahmad, directeur général du ministère des Affaires sociales.

« Malheureusement, ce chiffre devrait augmenter, à en croire les indicateurs économiques, qui ne sont pas encourageants », a-t-il précisé à Al-Mashareq.

« Il s'agit d'une pauvreté multidimensionnelle, qui rassemble la pauvreté, la mauvaise santé, le manque d'éducation, et de mauvais services d'infrastructure », a-t-il ajouté.

« Le ministère des Affaires sociales met en œuvre une stratégie de protection sociale pour toutes les familles libanaises, pas seulement les familles pauvres », a poursuivi Ahmad.

« Nous disposons de 238 centres de développement de services dans tout le Liban, lesquels apportent une aide aux citoyens, et parmi lesquels se trouvent 114 centres pour les familles pauvres. »

Ces services incluent le paiement des frais d'inscription à l'école et d'un pourcentage des coûts d'hospitalisation, a-t-il fait savoir, certaines familles bénéficiant même de soins médicaux primaires gratuits.

Aider les jeunes pauvres à trouver du travail

Les 10 000 familles les plus vulnérables reçoivent des cartes alimentaires valides pour cinq membres de famille au maximum, a indiqué Ahmad. S'il y a plus de cinq personnes, les autres membres de la famille reçoivent chacun 27 dollars.

« Pour une meilleure implémentation du système de sécurité sociale, le ministère a commencé à rendre visite aux familles pour enregistrer les nouvelles naissances et [remettre] les documents nécessaires », a rapporté Ahmad.

Le ministère a également commencé à mettre en place « Qualification », un projet pilote pour l'emploi destiné à aider les jeunes des familles démunies, a-t-il indiqué.

Dans le cadre de ce projet, le ministère a lancé un recensement dans le nord du pays, à Akkar, dans la vallée de la Bekaa et à Baalbek-Hermel pour identifier les besoins en main-d'œuvre et les investissements qui pourraient créer de l'emploi.

Dans sa phase pilote, a fait savoir Ahmad, le projet a pour objectif de faire sortir de leur forte pauvreté 670 familles, en fournissant des formations professionnelles pour diverses industries en fonction des besoins de chaque province.

Après avoir terminé la formation, les diplômés recevront entre 3 000 et 7 000 dollars pour les aider à lancer une entreprise productive et génératrice de revenus.

Ahmad a ajouté que le ministère des Affaires sociales paie les soins médicaux primaires, l'hospitalisation et les frais de scolarité avec des fonds provenant des réserves budgétaires et de la Banque mondiale.

Le programme des cartes alimentaires est quant à lui financé principalement par des fonds allemands, avec une participation de l'Union européenne.

Augmentation de la pauvreté dans les régions isolées

« Un tiers des Libanais sont pauvres », a indiqué l'expert en développement Adeeb Nehme, notant que « 5% d'entre eux sont très pauvres, et qu'ils sont répartis sur plusieurs régions ».

Le taux de pauvreté à Beyrouth et dans la majeure partie du Mont Liban est de 15%, a-t-il ajouté, alors qu'il dépasse les 60% dans les régions reculées, en particulier à Akkar et Dinniyeh dans le nord, à Baalbek-Hermel dans la Bekaa, à Marjayoun et Hasbaya dans le sud, et dans des villes comme Tripoli.

Le Liban « a besoin d'une stratégie nationale pour le développement social et d'aune politique pour combattre la pauvreté qui soit solidaire des politiques sociales générales », a-t-il affirmé à Al-Mashareq.

Pour combattre la pauvreté, « il faut aussi un développement équilibré des zones pauvres, et des plans de développement local basés sur les besoins de chaque région ».

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1 COMMENTAIRE (S)

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Bubble | 2018-10-15

Merci pour tous vos efforts pour aider ces familles. Ce n’est pas seulement Hermel, mais Beqaa et Sidon également, le taux de chômage est élevé. Nous espérons que cela changera le pays pour le mieux.

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