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Analyse |

2018-09-20

Al-Qaïda condamne les musulmans qui mettent en doute son rôle dans les attentats du 11 septembre


Un homme arpente les décombres après l'effondrement de la première tour du World Trade Center le 11 septembre 2001 à New York. [Doug Kanter/AFP]
Un homme arpente les décombres après l'effondrement de la première tour du World Trade Center le 11 septembre 2001 à New York. [Doug Kanter/AFP]

Tenant absolument à être reconnu par l'opinion publique, al-Qaïda a publié à l'occasion du 17e anniversaire des attentats terroristes du 11 septembre aux États-Unis un communiqué réitérant sa responsabilité pour ces atrocités et condamnant tous ceux qui en doutent.

Destiné à réaffirmer la force d'al-Qaïda, ce message réfute également une théorie du complot très répandue concernant les attentats du 11 septembre selon laquelle il s'agirait d'une blessure auto-infligée servant à justifier les invasions militaires américaines qui s'ensuivirent au Moyen-Orient.

La Fondation Bayan de production de médias d'al-Qaïda a publié mardi 11 septembre ce communiqué affirmant « Oui, nous l'avons fait ».


« Oui, nous l'avons fait », affirme al-Qaïda à l'occasion du 17e anniversaire des attentats terroristes du 11 septembre aux États-Unis. [Archive]
« Oui, nous l'avons fait », affirme al-Qaïda à l'occasion du 17e anniversaire des attentats terroristes du 11 septembre aux États-Unis. [Archive]

Bien que l'ancien chef d'al-Qaïda Oussama ben Laden ait revendiqué les attentats du 11 septembre aux États-Unis, une théorie du complot persistante dans le monde musulman affirme que ce sont les États-Unis eux-mêmes qui ont monté cette affaire pour justifier les guerres au Moyen-Orient. Dans un récent communiqué, al-Qaïda balaie cette idée. [Archive]
Bien que l'ancien chef d'al-Qaïda Oussama ben Laden ait revendiqué les attentats du 11 septembre aux États-Unis, une théorie du complot persistante dans le monde musulman affirme que ce sont les États-Unis eux-mêmes qui ont monté cette affaire pour justifier les guerres au Moyen-Orient. Dans un récent communiqué, al-Qaïda balaie cette idée. [Archive]

L'auteur en est Cheikh Bilal Khuraysat (Abou Khadija al-Urduni), un haut dirigeant d'al-Qaïda en Syrie qui entretient des liens étroits avec l'émir d'al-Qaïda Ayman al-Zawahiri, successeur d'Oussama ben Laden.

Ennemis des moudjahidines

Ce communiqué commence en accusant divers « ennemis » de semer le doute sur la nature des attentats du 11 septembre.

« Cela n'a rien d'étrange, dans la mesure où ces ennemis ont recours à cette politique du doute afin de saper la confiance dans les moudjahidines, expliquant que sans une coopération secrète entre les agences de renseignement internationales, les moudjahidines n'auraient pas été capables de le faire », poursuit ce communiqué.

« Ce qui est toutefois véritablement étrange est que certains islamistes, dont les âmes ont été élevées à invoquer la défaite à chaque phase de leurs vies, doivent tomber dans ce silence complice », affirme-t-il. « Ces mêmes [islamistes] sèment le doute sur la capacité des moudjahidines à monter des opérations d'une telle envergure. »

Ces islamistes, ceux qui doutent de la capacité d'al-Qaïda, « comparent leurs capacités à celles de leur ennemi » et sont « submergés par la force et la tyrannie de celui-ci ».

Ce communiqué sort dans un contexte de grande agitation dans plusieurs organisations extrémistes, car les groupes liés à al-Qaïda, « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), et d'autres subissent des défaites à répétition en Syrie, en Afghanistan et ailleurs.

Al-Qaïda semble également établir une distinction claire entre lui-même et les autres groupes de militants, ceux des sceptiques islamistes, dans la région.

Ces soi-disant islamistes faibles et craintifs, poursuit ce communiqué, « s'auto-persuadent et persuadent d'autres d'attendre, de prendre un peu de recul et de publier des communiqués pour apaiser les puissances internationales ».

Ils « renoncent à ce qu'ils affirment et se retournent contre eux-mêmes », ajoute-t-il.

« Plutôt que de traiter la faiblesse qui ronge leurs cœurs, en s'en remettant à Allah le Tout-Puissant et en renforçant leur confiance en Lui, vous les voyez se précipiter pour expliquer leur position, montrer qui ils sont et annoncer leurs buts et leurs cibles ! »

Démolir les théories du complot

Ce communiqué d'al-Qaïda a également pour but de réaffirmer sa pertinence et sa « victoire », alors même que le groupe se focalise sur un événement vieux de 17 ans, et sert également à démolir des théories complotistes très en vogue dans la région.

L'une de ces théories est que les États-Unis auraient organisé les attentats du 11 septembre pour justifier leurs interventions au Moyen-Orient.

Une autre théorie persistante est que l'EIIS et les groupes extrémistes du même genre seraient des créations des pays occidentaux, en particulier des États-Unis.

Ces deux théories rencontrent un soutien considérable dans différentes parties du monde musulman, dans de larges segments de la population, y compris parmi les responsables politiques.

Ce sont des mensonges que différents groupes et acteurs étatiques utilisent pour déformer les faits sur le terrain, affirment de nombreux universitaires, spécialistes et leaders religieux.

Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) en particulier a souvent propagé l'idée fausse que ce sont les pays occidentaux qui alimentent les conflits au Moyen-Orient.

Bien qu'il propage ces mensonges, l'Iran est considéré comme un refuge de longue date pour les membres recherchés d'al-Qaïda, et il accueille sur son sol le fils de ben Laden, Hamza, l'un des leaders émergents du groupe terroriste fondé par son père.

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Bubble | 2018-09-27

Les moudjahidines qui ont libéré l'Afghanistan avec l'aide de l'Amérique avaient raison, mais sont devenus vaniteux après avoir pensé qu'ils libéreraient le monde. Ils ont commencé à faire sauter les ambassades américaines hors d’Iran. L'Amérique a été obligée de protéger sa sécurité pour mettre fin à ses ennemis. Avec la finesse des charlatans, ils ont attiré dans leur rang un groupe d'éléments d’Al-Qaïda et leur ont fait penser qu'en frappant le World Trade Center, l'Amérique s'effondrerait. Ils les surveillaient alors qu'ils s'entraînaient à piloter des avions. Si le premier avion avait touché le Pentagone, nous aurions dit qu'ils avaient été pris par surprise. Cependant, le quatrième avion a heurté le Pentagone, ce qui signifie qu'ils l'ont délibérément ignoré. IIs l'ont même autorisé à voler pour frapper des parties non importantes du Pentagone. Avec cela, les États-Unis voulaient faire taire toute objection interne ou externe à ce qu'ils allaient faire contre les cachettes d’Al-Qaïda, où qu'elles se trouvent.

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