Économie |

2018-08-10

Yémen : la Banque centrale intervient pour renforcer le riyal face aux devises étrangères


Des Yéménites déplacés d'al-Hodeidah reçoivent une aide humanitaire fournie par une ONG turque dans le district du nord de la province d'Hajjah le 6 août. [Essa Ahmed/AFP]
Des Yéménites déplacés d'al-Hodeidah reçoivent une aide humanitaire fournie par une ONG turque dans le district du nord de la province d'Hajjah le 6 août. [Essa Ahmed/AFP]

Jeudi 9 août, la Banque centrale du Yémen a annoncé qu'elle allait intervenir directement pour stopper la chute du riyal face aux devises étrangères, qui a atteint un niveau record.

La banque va injecter des devises étrangères sur le marché, principalement dans le secteur commercial, afin de mettre fin à la spéculation et pour assurer la stabilité du prix des produits, a rapporté l'agence de presse Saba.

Cette intervention s'inscrit dans le cadre d'un « plan complet pour réformer les politiques fiscales », a fait savoir la banque dans un communiqué.

Elle compte poursuivre cette intervention jusqu'à ce que « les taux de change reviennent à des niveaux réalistes », a-t-elle précisé.

Jeudi soir, le taux de change entre le riyal et le dollar américain s'est légèrement amélioré, s'établissant à 550 riyals pour un dollar, alors qu'il était de 570 mardi.

« Solution temporaire »

« Les devises étrangères ont baissé par rapport au riyal pour la deuxième journée consécutive », a rapporté jeudi Mohammed al-Mutaher, directeur des ventes à Al-Mutaher Exchange, à Al-Mashareq.

« Aujourd'hui, nous achetons le dollar américain pour 545 riyals, et nous le vendons à 550 », a-t-il précisé.

Les fluctuations des devises étrangères face au riyal yéménite déstabiliseront encore plus l'économie, car elles sont suivies de fluctuations des prix des produits alimentaires, qui incitent de nombreux commerçants à arrêter de vendre leurs produits, a-t-il poursuivi.

Les interventions de la Banque centrale sur le marché sont des « solutions temporaires » plutôt que des réponses efficaces et durables, a affirmé Mansour al-Jaradi, directeur de la Fondation Wujooh, à Al-Mashareq.

« La détérioration du riyal yéménite face aux devises fortes ne prendra fin qu'en trouvant une solution à la crise du Yémen et en mettant fin à la guerre », a-t-il affirmé.

« La guerre coûte très cher », a-t-il fait savoir, car elle a interrompu le développement et la production dans certains des secteurs les plus essentiels du pays, dont la pêche et l'agriculture.

Les exportations de gaz, de pétrole et de produits agricoles ont également cessé, a ajouté al-Jaradi.

« La poursuite des combats et l'affectation de toutes les ressources à la guerre rendra temporaire toute solution économique visant à améliorer le taux de change du riyal », a-t-il conclu.

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1 COMMENTAIRE (S)

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لطف زيد | 2018-08-15

Quelles solutions rapides? Le taux de change du riyal a été détruit à cause de sa nature financière. Il n'y a pas de couverture. Ceci est une politique inutile pour détruire le taux de change et l'économie et affamer le peuple.

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