Économie |

2018-07-06

Un nouveau conseil pour relever les défis économiques du Liban


Le nouveau Conseil économique et social du Liban rencontre les représentants des partis politiques au siège du conseil le 11 juin à Beyrouth. [Photo fournie par le Conseil économique et social]
Le nouveau Conseil économique et social du Liban rencontre les représentants des partis politiques au siège du conseil le 11 juin à Beyrouth. [Photo fournie par le Conseil économique et social]

Le nouveau Conseil économique et social mis en place au Liban a rencontré les représentants des partis politiques le mois dernier pour examiner leur vision économique et sociale pour le pays.

Cette réunion du 11 juin, convoquée par le président du conseil Charles Arbid, a cherché des solutions pratiques et des propositions pour répondre aux enjeux économiques actuels.

Le gouvernement a demandé que le conseil garantisse que les représentants des secteurs économiques, sociaux et professionnels participent aux processus de décision et aident à formuler la politique économique et sociale de l'État.

Outre le fait de formuler des propositions de loi, le conseil, dont les membres ont été nommés en octobre par le gouvernement libanais, travaillera à développer le dialogue, la coopération et la coordination entre les différents secteurs.

« Un mécanisme a été mis en place pour les réunions, au cours desquelles les partis et courants politiques présenteront leur vision économique et sociale », a expliqué Arbid à Al-Mashareq.

Convergence politique

« Cette réunion est une étape importante comme plateforme de discussion et de dialogue sur les questions économiques entre les partis politiques au Liban », a indiqué l'ancienne ministre des Finances Raya al-Hassan, qui représentait le Bloc de l'avenir lors de cette réunion.

« Nous devons attendre et voir quel sera le résultat de ces réunions successives qui devront se tenir toutes les deux semaines », a-t-elle déclaré à Al-Mashareq.

Tous les participants connaissaient parfaitement les questions économiques et se sont entendus sur la nécessité d'évaluer la situation financière, monétaire et économique que connaît le Liban, a-t-elle ajouté.

Ils se sont entendus « sur les grandes lignes économiques, mais doivent encore s'accorder sur les mesures exécutives », a déclaré al-Hassan.

« Par exemple, chacun s'accorde sur le besoin d'améliorer la collecte des impôts et d'augmenter sa contribution au produit intérieur brut (PIB), mais ils doivent encore s'entendre sur le type de politique budgétaire à suivre », a-t-elle poursuivi.

Les résultats de ces réunions déboucheront sur « un espace de convergence entre les partis politiques et finalement un accord entre les participants, même s'il est limité », a-t-elle ajouté.

Ces efforts permettront de mettre en avant des solutions, de faciliter le processus de décision et d'aider le gouvernement à élaborer le budget général, a expliqué al-Hassan.

Réforme économique

Les efforts faits par le Conseil économique et social sont essentiels, parce que le dialogue est nécessaire, en particulier en matière économique, a estimé l'ancien ministre et ancien président de l'Association libanaise des industriels Fadi Abboud.

« Les partis politiques libanais ont certes des idées concernant les réformes économiques, mais ils n'ont aucun plan détaillant les mesures exécutives nécessaires pour mettre en œuvre cette réforme », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

« Cela transparaît dans le fait que le gouvernement a recruté la firme de consultants McKinsey & Co. pour conduire une étude visant à formuler une vision économique pour le Liban », a-t-il indiqué.

« Il n'y a aucun désaccord sur les grandes lignes, comme la nécessité de faire passer l'économie d'une économie de rente à une économie de production, de lutter contre la corruption, la réforme financière et d'autres priorités », a précisé Abboud.

« Il est nécessaire de passer maintenant à la phase de finition des détails et de faire en sorte que toutes les parties s'entendent sur une analyse en profondeur du problème et sur toutes les mesures en vue d'une solution », a-t-il ajouté.

Abboud a souligné la nécessité de renforcer la compétitivité du Liban par des mesures telles que l'adaptation des procédures fiscales, le contrôle du gaspillage et la réduction de la bureaucratie.

« Renforcer la compétitivité permet de réaliser des investissements plus efficaces », a-t-il affirmé.

La dette publique du Liban dépasse actuellement 80 milliards de dollars, et le budget général pour 2018 projette un déficit de 4,8 milliards de dollars.

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