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Sécurité |

2018-06-18

Le Yémen poursuit sa progression sur al-Hodeidah alors que les efforts de paix échouent


Martin Griffiths, envoyé spécial des Nations unies au Yémen, arrive à Sanaa le 16 juin pour des discussions sur al-Hodeidah. Il devait rendre son rapport au Conseil de sécurité lundi. [Mohammed Huwais/AFP]
Martin Griffiths, envoyé spécial des Nations unies au Yémen, arrive à Sanaa le 16 juin pour des discussions sur al-Hodeidah. Il devait rendre son rapport au Conseil de sécurité lundi. [Mohammed Huwais/AFP]

Le gouvernement du Yémen a souligné sa détermination à poursuivre la libération d'al-Hodeidah et de toutes les autres zones contrôlées par les Houthis (Ansarallah) si ceux-ci ne répondent pas aux efforts internationaux pour apporter la paix.

Les Émirats arabes unis, un membre majeur de la coalition arabe combattant aux côtés du gouvernement yéménite, ont mis en garde lundi 18 juin que la milice soutenue par l'Iran devait se retirer de ce port de la mer Rouge, a rapporté l'AFP.

L'opération du port d'al-Hodeidah se poursuivra, à moins que les Houthis « se retirent sans condition », a fait savoir Anwar Gargash, ministre d'État émirati chargé des Affaires étrangères.


Un véhicule blindé tire à la mitrailleuse alors que des forces pro-gouvernementales yéménites attaquent des positions houthies dans la zone d'al-Fazah, dans la province d'al-Hodeidah au Yémen le 16 juin. [AFP]
Un véhicule blindé tire à la mitrailleuse alors que des forces pro-gouvernementales yéménites attaquent des positions houthies dans la zone d'al-Fazah, dans la province d'al-Hodeidah au Yémen le 16 juin. [AFP]

La coalition arabe a gardé la route d'al-Hodeidah à Sanaa « ouverte pour que les milices houthies se replient », a-t-il déclaré, ajoutant que l'opération a pour but de pousser les Houthis à se retirer de la ville et d'éviter les pertes civiles.

Après l'échec des négociations de l'ONU pour un cessez-le-feu au Yémen pendant le week-end, il a précisé que la poursuite de cette opération vise à aider l'envoyé spécial des Nations unies Martin Griffiths « pour sa dernière occasion de convaincre les Houthis de se retirer sans condition de la ville et d'éviter toute confrontation », a-t-il affirmé.

« Si cela ne se produit pas, nous sommes déterminés à atteindre nos objectifs », a-t-il déclaré. « Le temps n'est pas à la négociation. »

Après deux jours de discussions à Sanaa, Griffiths devait rendre son rapport au Conseil de sécurité des Nations unies sur ses actions visant à mettre fin à la crise d'al-Hodeidah.

Les Houthis ont déclaré que les pourparlers avaient échoué, et le chef de leur gouvernement non reconnu a rejeté un cessez-le-feu sous les conditions actuelles après avoir rencontré Griffiths dimanche.

Avance des forces pro-gouvernementales

« Les milices houthies poursuivent leurs politiques extrémistes et leur rejet des tentatives de médiation faites par [Griffiths] visant à les persuader de se retirer pacifiquement de la ville et du port d'al-Hodeidah », a indiqué le gouvernement yéménite dans une déclaration.

Le gouvernement a déclaré qu'il continuerait donc sa progression pour reprendre al-Hodeidah ainsi que toutes les autres zones sous le contrôle de cette milice appuyée par l'Iran.

Griffiths est arrivé samedi à Sanaa pour essayer de convaincre les Houthis de se retirer d'al-Hodeidah et placer ce port stratégique sous administration onusienne.

Selon la BBC, il avait élaboré un plan qui garantissait le repli des Houthis dans de bonnes conditions de sécurité et l'arrêt des opérations militaires, afin que les civils n'aient plus à souffrir de la dégradation de la situation humanitaire.

Le ministère yéménite de la Défense a fait savoir que l'armée poursuivait son avancée sur al-Hodeidah depuis plusieurs côtés, progressant dimanche vers Kilo 16 pour l'encercler et se diriger vers l'aéroport et le port depuis le nord.

Au même moment, des forces conjointes atteignaient le sud et l'est de l'aéroport d'al-Hodeidah, après avoir livré samedi des combats acharnés, a rapporté le ministère.

L'armée contrôle presque totalement la plupart des zones autour de l'aéroport, où certains combattants houthis sont retranchés, selon 26sepnews.net, et elle compte le prendre d'assaut et les en chasser.

Selon le ministère, les Houthis ont entravé la progression des forces progouvernementales en posant des mines et en creusant des tunnels dans l'aéroport.

La bataille pour l'aéroport d'al-Hodeidah

Des responsables politiques et des observateurs ont déclaré que la reprise de l'aéroport d'al-Hodeidah par les forces conjointes signalerait la chute de la ville et du port de la mer Rouge dans les mains des forces favorables au gouvernement.

« L'aéroport d'al-Hodeidah et sa base militaire sont les sites les plus importants de la ville, car ils contrôlent la zone du sud de la ville et sa côte ouest », a rapporté le politologue Mounir Talal à Al-Mashareq.

« De plus, l'aéroport est une source d'approvisionnement militaire, que les Houthis utilisent pour maintenir l'acheminement de matériel vers les fronts des régions adjacentes », a-t-il expliqué.

« Al-Hodeidah a presque été reprise par les forces conjointes et la coalition [arabe] », a déclaré Talal, ajoutant que « ce n'est qu'une question de temps » avant qu'elle tombe.

« Les Houthis n'ont aucune autre option que de combattre, car faire des concessions ne leur profitera pas, et cela les exposerait à des revers devant leurs partisans », a-t-il déclaré. « Qui plus est, l'Iran les pousse à continuer. »

La chute de l'aéroport signifierait que la bataille est arrivée à sa fin, a affirmé Abdoul Salam Mohammed, directeur du Centre Abaad d'études et de recherches.

« Cependant, je pense que les forces pro-gouvernementales ne se concentreront pas sur la prise de l'aéroport et l'établissement de positions dans celui-ci », a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

« Elles veulent le port, et donc elles l'encercleront, vers Kilo 16, et assiégeront l'aéroport par trois côtés en laissant le nord libre pour que les Houthis puissent fuir », a-t-il déclaré. « Après cela, elles le démineront progressivement. »

Absence de réponse des Houthis

Concernant l'absence de réponse des Houthis à l'initiative de l'envoyé des Nations unies, Mohammed a déclaré que la milice « parie désormais sur une potentielle pénétration du camp pro-gouvernemental, ou sur un revers [des forces pro-gouvernementales] ».

Les Houthis « espèrent aussi recevoir un soutien de l'Iran, car ils savent que c'est une bataille stratégique », a-t-il ajouté.

« [Les Houthis] croient que les Nations unies et d'autres organisations humanitaires vont faire pression pour empêcher une catastrophe », a-t-il déclaré. « De plus, ils parient sur l'épuisement des forces pro-gouvernementales en raison des pertes qu'elles ont subies. »

Adel al-Shujaa, membre du Congrès général du peuple, a exprimé sa surprise face à l'absence de réponse rapide des Houthis à l'initiative de l'envoyé onusien visant à mettre fin aux combats, rendre al-Hodeidah et son port, et mener des négociations de paix.

« L'envoyé spécial des Nations unis est revenu à Sanaa à leur demande », a-t-il rappelé à Al-Mashareq.

Le gouvernement yéménite, soutenu par la coalition arabe et les forces progouvernementales et nationales, a lancé mercredi l'opération Victoire dorée pour libérer al-Hodeidah et son port stratégique.

Ce port contrôlé par les Houthis est une voie d'entrée essentielle pour l'aide humanitaire, mais les Houthis l'utilisent pour recevoir des armes envoyées illégalement depuis l'Iran.

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