Élections |

2018-05-23

Une présentatrice télé au parlement libanais


Paula Yacoubian, candidate aux élections législatives libanaises, dans un bureau de vote à Ashrafieh. [Photo fournie par le bureau de presse de Yacoubian]
Paula Yacoubian, candidate aux élections législatives libanaises, dans un bureau de vote à Ashrafieh. [Photo fournie par le bureau de presse de Yacoubian]

Six femmes sur les 86 qui s'étaient présentées aux récentes élections du Liban ont remporté un siège au parlement, notamment la présentatrice de télévision Paula Yacoubian.

Yacoubian, qui était une candidate indépendante, a remporté un siège à Beyrouth pour la liste de la société civile Kullouna Watani (Nous sommes tous ma nation).

Pour les élections du 6 mai, tous les partis avaient présenté des candidates, à l'exception du Hezbollah, une omission que Yacoubian a qualifiée de « dégradante et triste » dans un récent entretien accordé à Al-Mashareq sur les résultats des élections et son nouveau rôle.


Paula Yacoubian pose devant un tableau d'affichage avec son nouveau slogan « Nous continuerons ensemble », après avoir remporté un siège au parlement à Beyrouth. [Photo fournie par le bureau de presse de Yacoubian]
Paula Yacoubian pose devant un tableau d'affichage avec son nouveau slogan « Nous continuerons ensemble », après avoir remporté un siège au parlement à Beyrouth. [Photo fournie par le bureau de presse de Yacoubian]

Al-Mashareq : Comment analysez-vous les récentes élections législatives ?

Paula Yacoubian : Ces élections ont été les plus difficiles de l'histoire du Liban, car elles se sont déroulées en vertu d'un nouveau code électoral. Malgré [quelques difficultés], les listes électorales Kullouna Watani ont enregistré de bons résultats.

Nous considérons avoir accompli quelque chose de monumental. Cependant, nous constatons la nécessité de changer ce code, dont nous avons beaucoup appris, notamment en ce qui concerne ce qu'il faudra faire aux prochaines élections.

Al-Mashareq : Quelle est l'importance de l'élection de femmes, rompant avec la tradition d'hérédité politique ?

Yacoubian : Nous étions habitués à voir la représentation des femmes au parlement se faire par hérédité ou par connexion personnelles, et cela s'applique également au parlement actuel.

Cependant, je peux dire que la liste Kullouna Watani a été le seul groupe à nommer autant de femmes. Nous nous sommes présentés aux élections avec neuf listes et 66 candidats hommes et femmes dans tout le Liban, 30 % de nos candidats étant des femmes.

Nous avons prouvé l'importance de la représentation adéquate des sexes pour Kullouna Watani, et que cela est plus important que toute autre considération, alors qu'au contraire les partis traditionnels ont ignoré la question et l'ont traitée comme si elle était insignifiante.

Al-Mashareq : Que pensez-vous de la décision du Hezbollah de ne pas présenter de candidates ?

Yacoubian : C'est honteux. Je ne comprends pas pourquoi et comment il a été interdit à des femmes de se présenter et de jouir de leur droit. Je ne vois pas pourquoi un groupe ou un parti politique interdirait à la moitié de sa communauté de se présenter aux élections.

Al-Mashareq : Pensez-vous que le Liban soit arrivé à une représentation équitable des femmes lors de ces élections ?

Yacoubian : Nous figurons toujours parmi les plus mauvais pays en termes de représentation des femmes, et cela est prouvé par l'élection de seulement six femmes sur un total de 128 députés.

Al-Mashareq : Vous êtes l'une d'entre elles.

Yacubian : Oui, mais j'y suis non pas parce que je suis une femme, mais parce que je suis une journaliste connue depuis 25 ans.

J'ai connu de nombreux succès dans ma carrière, et j'ai récolté lors des élections ce que j'avais semé. J'aurais reçu davantage de votes si j'avais été un homme.

Al-Mashareq : Pensez-vous qu'il faille instaurer un quota pour les femmes afin de garantir leur entrée au parlement ?

Yacoubian : Ces élections ont confirmé le besoin au Liban d'un quota pour que les femmes soient vraiment représentées au Conseil des représentants.

Un tel quota est nécessaire pour rectifier une erreur historique commise contre les femmes, dont les effets résiduels et l'état d'esprit qui y est associé existent encore aujourd'hui.

Les femmes n'arriveront pas au parlement sans quota tant que notre société patriarcale ne sera pas habituée à élire des femmes et à ce qu'elles soient une composante naturelle de la scène politique. Alors, le quota pourra être aboli.

Je suis en faveur d'un quota basé sur le sexe pour un ou deux cycles d'élections législatives, car les femmes ont besoin d'aide.

Al-Mashareq : Quels sont les principaux défis auxquels vous pourrez être confrontée au parlement ?

Yacoubian : Les défis sont de toute évidence nombreux, mais je réussirai à les surmonter, parce que je sais sur quoi me concentrer.

Je me battrai pour des causes justes et pour les gens, leur santé et leurs droits. Je relèverai tous les défis et je produirai des résultats grâce à la très grande équipe sur laquelle je peux compter, composée de ma liste électorale et de l'alliance Kullouna Watani. Tout le monde est prêt et impatient de travailler en équipe.

Al-Mashareq : Quelles sont les questions principales que vous allez aborder ?

Yacoubian : Bien que les questions des femmes soient ma priorité, je travaillerai pour unir les Libanais, car les tensions sectaires ne peuvent pas mener à la construction d'un pays.

Mon travail et la pression que j'exercerai porteront majoritairement sur l'environnement et la pollution. Je m'emploierai également à siéger aux comités sur les médias et les droits de l'homme.

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