Terrorisme |

2018-05-17

Des analystes saluent les nouvelles sanctions contre le Hezbollah


Des membres du Hezbollah lors d'une parade militaire dans une ville du sud du Liban. De nouvelles sanctions ont été prises contre le commandement politique du groupe. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]
Des membres du Hezbollah lors d'une parade militaire dans une ville du sud du Liban. De nouvelles sanctions ont été prises contre le commandement politique du groupe. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Les États-Unis et six États du Golfe ont annoncé mercredi 16 mai de nouvelles sanctions contre le commandement du Hezbollah, dans le cadre de mesures visant à augmenter la pression économique sur l'Iran et ses alliés dans la région.

Les États-Unis et le Centre sur le ciblage et le financement du terrorisme (CCFT), dirigé par l'Arabie saoudite, ont déclaré que ces sanctions visaient le conseil de la choura du Hezbollah, présidé par Hassan Nasrallah.

Nasrallah, son adjoint Naim Qasim et trois autres membres du conseil de la choura, ont ainsi été inscrits sur la liste des sanctions conjointes, qui visent à geler les actifs vulnérables des personnes incriminées et à bloquer leur accès aux réseaux financiers mondiaux.


Mohammed Yazbek, membre du conseil de la choura du Hezbollah et l'un des membres fondateurs du groupe, visite des positions du Hezbollah à la frontière entre le Liban et la Syrie. Il fait partie des membres du groupe visés par les nouvelles sanctions. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]
Mohammed Yazbek, membre du conseil de la choura du Hezbollah et l'un des membres fondateurs du groupe, visite des positions du Hezbollah à la frontière entre le Liban et la Syrie. Il fait partie des membres du groupe visés par les nouvelles sanctions. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Dans le même temps, les six États membres du CCFT (Arabie saoudite, Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar et Émirats arabes unis) ont décrété des sanctions contre neuf autres individus et firmes faisant partie du Hezbollah ou lui étant liées.

Ces firmes avaient déjà été inscrites sur la liste noire du Trésor américain.

C'est la deuxième fois que le CCFT, vieux de seulement un an, annonce des sanctions contre des groupes qu'il qualifie de menaces pour la paix dans la région. En octobre, le groupe avait annoncé des sanctions conjointes contre des personnalités importantes de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) et d'al-Qaïda au Yémen.

« Le CCFT a de nouveau démontré la grande valeur qui est la sienne pour la sécurité internationale, en perturbant l'influence déstabilisatrice de l'Iran et du Hezbollah dans la région », a affirmé dans un communiqué Steven Mnuchin, secrétaire américain au Trésor.

« En prenant pour cible le conseil de la choura du Hezbollah, nos nations ont rejeté collectivement la fausse distinction entre une soi-disante 'branche politique' et les complots terroristes mondiaux du Hezbollah », a-t-il expliqué.

« Une mesure nécessaire »

Ces nouvelles sanctions contre les leaders du Hezbollah sont « une mesure nécessaire » pour limiter son rôle et ses activités au Moyen-Orient et dans le monde, ont déclaré des experts à Al-Mashareq.

Il est important de souligner qu'il n'existe aucune différence entre les responsables politiques et les chefs militaires du Hezbollah, ont-ils affirmé.

Ces sanctions « étaient une nécessité urgente dictée par la politique de guerre contre le terrorisme dans le monde entier », a déclaré Fathi al-Sayyid, chercheur spécialisé en affaires iraniennes au Centre al-Sharq d'études régionales et stratégiques.

Le Hezbollah « est pleinement appuyé par le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranienne, dont les opérations terroristes ont touché de nombreux pays », a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Ces listes permettent aux organisations de sécurité de surveiller tous les contacts suspects pris par les individus nommés dans les domaines militaires, financiers et politiques, a-t-il ajouté.

Cela permettra de mettre à jour de nombreux réseaux collaborant avec le Hezbollah et identifiera ses sources de financement, aidant ainsi à limiter ses activités, a expliqué al-Sayyid.

Leadership politique et militaire

Le Hezbollah a tenté d'instiller dans les milieux politiques et dans la presse l'idée que ses leaders politiques et militaires sont différents, pour tenter d'éviter les sanctions et les poursuites, a rapporté Salman Dahi, professeur de médias à l'université du roi Saoud.

Il a cherché à présenter son organe politique comme étant exclusivement dévoué à la politique, a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

Or, les faits montrent clairement que les décisions prises par le Hezbollah passent par une chaîne de commandement politique et militaire partagée, a-t-il poursuivi, la plupart des responsables remplissant les deux rôles à la fois.

Il est donc impossible de restreindre le rôle du Hezbollah sans s'en prendre simultanément à ses chefs politiques et militaires, a-t-il noté.

Ces nouvelles sanctions contre le Hezbollah ont été annoncées un jour après que les États-Unis ont imposé de nouvelles sanctions à la Banque centrale iranienne, qui aurait fait transiter « des centaines de millions de dollars » par le biais d'une banque irakienne vers le Hezbollah.

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