Économie |

2018-05-10

Liban : Baalbek veut faire revenir les touristes


Une photo prise le 24 octobre 2015 montre une partie des temples de Baalbek, un site du patrimoine mondial de l'UNESCO situé dans l'est de la vallée de la Bekaa au Liban, éclairée en bleu dans le cadre de la campagne « Voir le monde en bleu ONU », à l'occasion du 70e anniversaire de l'ONU. [AFP PHOTO/STR]
Une photo prise le 24 octobre 2015 montre une partie des temples de Baalbek, un site du patrimoine mondial de l'UNESCO situé dans l'est de la vallée de la Bekaa au Liban, éclairée en bleu dans le cadre de la campagne « Voir le monde en bleu ONU », à l'occasion du 70e anniversaire de l'ONU. [AFP PHOTO/STR]

Connue depuis longtemps pour son histoire et son antique citadelle romaine, la ville libanaise de Baalbek a été délaissée par les touristes au cours des dernières années, à cause de la réputation criminelle de la région et de son association perçue avec le Hezbollah.

Cette perception ne reflète pas la réalité actuelle, selon Hussein Yaghi, natif de Baalbek et fondateur de l'organisation « Safe Side », qui vise à restaurer la réputation de la ville et à faciliter le retour des touristes.

Yaghi, qui est également président de l'association, a déclaré à Al-Mashareq avoir créé Safe Side pour organiser des campagnes de sensibilisation et des activités touristiques dans le but de restaurer l'image de la ville et d'affirmer sa neutralité politique.

Cela vient d'un désir de présenter une image plus positive de Baalbek, ancienne Héliopolis, ou « Ville du soleil », et de son peuple, a-t-il précisé.

La cité phénicienne de Baalbek remonte à l'époque gréco-romaine, et son complexe d'anciens temples fait partie du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Yaghi a commencé à développer le concept de Safe Side en 2013.

Baalbek a été associée au Hezbollah, a-t-il déploré, mais « cela est faux, parce que ça ne s'applique pas à nous tous. Cette association a fait peur à tous les touristes libanais, arabes et étrangers, et les a dissuadés de venir visiter cette cité historique ».

Safe Side s'attaque à cette idée reçue sur plusieurs fronts, a-t-il expliqué, en présentant Baalbek comme une destination touristique et en organisant des visites pour faire venir des gens d'autres parties du pays.

L'association a aussi commencé à organiser des visites guidées pour les habitants du Golfe, accueillant lors de son premier événement le 9 avril plus de 70 cyclistes venus d'Arabie saoudite, de Bahreïn, des Émirats arabes unis, du Qatar, d'Oman, de Jordanie et d'Irak, a fait savoir Yaghi.

« Ils ont passé une excellente journée », a-t-il rapporté. « Ils ont découvert la ville et sont partis en promettant de revenir avec leurs familles. »

Ce que nous faisons « brise la barrière de la peur et encourage les gens à venir à Baalbek », a-t-il affirmé. « Les habitants locaux sont contents de ce que nous sommes, et ils soutiennent nos activités, car nous changeons le stéréotype de la ville. »

Promotion du tourisme à Baalbek

Kinda Abdoul Sater, agent culturel de Safe Side, a expliqué à Al-Mashareq que les visites guidées qu'organise l'association pour les citoyens libanais « atteignent leur objectif, car beaucoup d'entre eux se rendent désormais dans la ville, maintenant qu'ils se sont libérés de leur peur ».

« Nous leur avons ouvert les portes de Baalbek, et ils la visitent maintenant régulièrement et en parlent sur les réseaux sociaux, ce qui montre que nous avons atteint notre but », a-t-elle précisé.

Hassan al-Rifai, étudiante et habitante de Baalbek a indiqué à Al-Mashareq que les campagnes de sensibilisation de l'association et les visites de Baalbek « contribuent grandement à dissiper la mauvaise image dont nous souffrons ».

« Baalbek est à tous, personne ne la possède », a-t-elle affirmé. « Nous avons besoin d'associations civiles non partisanes comme celle-ci pour faire renaître notre prestige. »

Ce que font cette association et les autres organisations de la société civile « est très important, parce que cela change le stéréotype qui domine », a affirmé l'experte en réseaux sociaux Nada Hamza à Al-Mashareq.

La société civile a un rôle important à jouer pour libérer des zones comme Baalbek de l'emprise du sectarisme et des discours partisans, a déclaré Hamza.

Safe Side fait du bon travail « en restaurant la splendeur de Baalbek » et en effaçant la mauvaise image que les gens s'en font, a-t-elle ajouté.

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