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Énergie |

2018-04-03

Du pétrole au solaire : les Saoudiens veulent être à l'avant-garde des énergies renouvelables


Une vue d'ensemble montre la centrale solaire d'Uyayna, au nord de Riyad, le 29 mars. Le 27 mars, l'Arabie saoudite a annoncé un accord avec l'entreprise japonaise SoftBank pour la construction de la plus grande centrale solaire au monde. [Fayez Nureldine/AFP]
Une vue d'ensemble montre la centrale solaire d'Uyayna, au nord de Riyad, le 29 mars. Le 27 mars, l'Arabie saoudite a annoncé un accord avec l'entreprise japonaise SoftBank pour la construction de la plus grande centrale solaire au monde. [Fayez Nureldine/AFP]

Des ingénieurs saoudiens créent une tempête de sable simulée pour tester la résistance d'un panneau solaire dans un laboratoire de recherche, illustration de l'ambition de plusieurs milliards de dollars du royaume de devenir un centre majeur des énergies renouvelables.

Le plus grand exportateur de pétrole brut semble être un partisan improbable des énergies propres, mais le laboratoire du gouvernement à al-Uyayna, un village ensoleillé près de Riyad, mène les efforts en énergie solaire du pays qui chercher à se diversifier.

La semaine dernière, ces ambitions ont été mises en lumière lorsque le prince héritier Mohammed ben Salmane a dévoilé les plans de développement du plus grand projet d'énergie solaire au monde, pour un montant de 200 milliards de dollars, en partenariat avec le groupe japonais SoftBank.

Le protocole d'accord visant à produire jusqu'à 200 gigawatts d'ici 2030, près de cent fois la capacité des plus grands projets actuels, a été la dernière déclaration époustouflante, les Saoudiens cherchant à se passer du pétrole.

Si elle était construite en un seul lieu, ce champ solaire couvrirait une zone deux fois plus grande que Hong Kong, selon un calcul de Bloomberg News.

Bien que l'ampleur de ce plan ait suscité une certaine incrédulité, l'accord annoncé aux États-Unis a été accueilli avec détermination au laboratoire.

« Nous pouvons le faire », a ainsi affirmé Adel al-Sheheween, directeur du laboratoire solaire, qui dépend de la Cité des sciences et des technologies du roi Abdelaziz.

« Cela prendra peut-être du temps, mais nous disposons de toutes les matières premières : du soleil, des terres, et surtout de la volonté », a-t-il ajouté, faisant visiter à l'AFP le centre, généralement appelé le Village solaire.

Les ingénieurs travaillaient à tester les panneaux solaires dans des conditions difficiles.

Une tempête de sable miniature dans une chambre cylindrique a détruit un panneau. Une machine, équipée de ce qui semblait être un gant de boxe, en a frappé une autre.

« Exportateur de gigawatts »

Ce site, qui comprend également un champ solaire fournissant de l'électricité aux villages proches, a été créé il y a près de trente ans.

Mais cet élan en faveur des énergies renouvelables ne semble s'accélérer que maintenant.

Il est impulsé par une motivation majeure : libérer de nouvelles réserves de pétrole pour l'exportation, la principale source de revenus du royaume.

À l'heure actuelle, l'Arabie saoudite utilise le pétrole et le gaz naturel pour répondre à sa propre demande grandissante en énergie et pour dessaler son eau, consommant près de 3,4 millions de barils de pétrole par jour.

Ce chiffre devrait passer à 8,3 millions en dix ans, selon la Cité des énergies nucléaires et renouvelables du roi Abdelaziz, consommant ainsi la majeure partie de la production saoudienne de pétrole brut.

« L'Arabie saoudite a depuis longtemps le projet de devenir [...] un pays exportateur de pétrole et d'électricité », a fait savoir Ellen Wald, chercheuse au sein du groupe de réflexion Arabia Foundation et auteur du livre « Saudi Inc. ».

« Ce projet requiert des installations d'énergie solaire à une échelle gigantesque. D'après ce que je sais, ce projet sera mis en œuvre par étapes plutôt que grâce à une seule immense centrale. »

Mais l'ampleur du projet, qui a pour objectif de produire bien au-delà de 120 gigawatts d'ici 2032, ce qui est au-dessus des besoins prévus du royaume, suscite un certain scepticisme.

« Bien que l'Arabie saoudite ait énormément de terres désertiques non arables disponibles [...], [elle] n'a pas besoin d'autant d'électricité solaire », a affirmé Bart Lucarelli, directeur général pour l'énergie et les services de la société de conseil AWR Lloyd.

« On a spéculé sur le point de savoir s'il serait possible de construire cette capacité solaire dans ces délais dans un seul pays. Le consensus est que le chiffre de 200 gigawatts est excessif. »

Pour Lucarelli, l'Arabie saoudite a plutôt « besoin d'un équilibre » entre énergies renouvelables et fossiles, et il a souligné que l'accord solaire est pour l'instant non contractuel.

Gérer la quantité d'électricité que le projet prévoit suppose, selon les experts, que le royaume bénéficie d'énormes investissements pour améliorer son réseau et créer de vastes installations de stockage en batteries.

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2 COMMENTAIRE (S)

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فايز | 2018-04-21

Que Dieu soit avec vous, héros! Nous vous soutiendrons toujours, si Dieu le veut!

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عزت سلامة | 2018-04-18

Les pays engagés dans des projets gigantesques, comme le Royaume d'Arabie saoudite, les pays du Golfe et d'autres pays qui marchent sur leurs traces, doivent travailler au développement de leurs citoyens et les préparer à suivre les progrès en sciences et dans tous les autres aspects de la vie comme la technologie, l'économie, etc. C'est indispensable pour que les citoyens, et donc l'Etat lui-même, puissent travailler et gérer ces projets sans avoir besoin de l'aide et la consultation étrangère, et pour qu'ils puissent se développer, résoudre les problèmes et être créatifs. C'est la seule façon pour que l'Etat arrive aux plus hauts niveaux sans avoir besoin de l'étranger dans le futur. L'Etat doit prévoir tous les facteurs et toutes les installations nécessaires pour produire cette génération et travailler en permanence sur l'amélioration des niveaux. Le but est d'avoir un Etat qui peut, à tout moment, compter pleinement sur ses citoyens, plutôt qu'un pays où les citoyens compte sur l'Etat pour répondre à leurs besoins. A ce moment-là, l'Etat se trouvera capable de fournir toutes les sources de luxe et de vie facile en suivant les lignes de ce que certains pays avancés font à leurs citoyens, y compris le luxe, la prospérité tout en étant indépendant des autres pays.

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