Criminalité et Justice |

2018-02-05

Sanctions contre des alliés financiers du Hezbollah


Des voitures passent devant un panneau du Hezbollah à Beyrouth appelant aux dons pour équiper les combattants de la milice le 1er février. De nouvelles sanctions américaines ont visé des personnes physiques et morales liées à un financier du Hezbollah. [Joseph Eid/AFP]
Des voitures passent devant un panneau du Hezbollah à Beyrouth appelant aux dons pour équiper les combattants de la milice le 1er février. De nouvelles sanctions américaines ont visé des personnes physiques et morales liées à un financier du Hezbollah. [Joseph Eid/AFP]

Vendredi 2 février, le Département américain du Trésor a imposé des sanctions à six individus et sept entités affiliés à l'un des plus importants financiers du Hezbollah.

Cette décision fait suite à l'annonce en janvier de la création d'un nouveau groupe d'action du Département américain de la justice ayant pour objectif de lutter contre le « narcoterrorisme » du Hezbollah, et la récente visite d'une délégation du Trésor à Beyrouth.

Cette délégation dirigée par Marshall Billingslea, secrétaire adjoint au financement du terrorisme, a rencontré le président libanais Michel Aoun le 22 janvier et a envoyé un message clair indiquant que les États-Unis aideront le Liban à lutter contre le blanchiment d'argent.

Aoun a quant à lui réitéré l'engagement du Liban à combattre le trafic de drogue, le financement du terrorisme et le blanchiment d'argent.

Les États-Unis et l'Argentine ont par ailleurs fait savoir dimanche qu'ils collaboreront plus étroitement pour couper les réseaux de financement du Hezbollah en Amérique latine.

Ces nouvelles sanctions visent des personnes physiques et morales travaillant pour le financier du Hezbollah Adham Tabaja ou son entreprise, al-Inmaa Engineering and Contracting.

Tabaja est sur la liste noire du Trésor depuis juin 2015, avec la société al-Inmaa, qui aurait été utilisée pour remporter des projets de développement et pétroliers en Irak pour apporter un soutien financier et une infrastructure régulatrice au Hezbollah.

Tabaja est le principal actionnaire d'al-Inmaa, une entreprise active dans les secteurs de l'immobilier et du bâtiment et qui possède plusieurs succursales au Liban et en Irak. C'est un homme d'affaires bien connu qui investit dans plusieurs domaines qui intéressent le Hezbollah.

Personnes physiques et morales sanctionnées

Les individus sanctionnés sont Jihad Mouhammad Qansu, Ali Mouhammad Qansu, Issam Ahmad Saad, Nabil Mahmoud Assaf, Abdoul Latif Saad et Mouhammad Badr-Al-Din, tous citoyens libanais.

Jihad Mouhammad Qansu, qui possède la double nationalité libanaise et vénézuélienne, est le gérant financier d'al-Inmaa Engineering and Contracting, et un partenaire commercial de Tabaja, l'aidant pour ce qui a trait aux affaires comptables et bancaires.

Ali Mouhammad Qansu, qui habite à Beyrouth et en Sierra Leone, entretient une relation d'affaires de longue date avec Tabaja et s'occupe pour lui de millions de dollars en obligations. Il entretient également des relations avec des affiliés du Hezbollah.

Issam Ahmad Saad est un gérant associé et actionnaire minoritaire d'al-Inmaa, et Nabil Mahmoud Assaf est chargé des achats et également actionnaire minoritaire. Abdoul Latif Saad gère la branche de l'entreprise à Bagdad, et Mouhammad Badr-Al-Din celle de Bassorah.

Sont également menacés de sanctions Blue Lagoon Group Ltd., basée en Sierra Leone, et Kanso Fishing Agency Limited ; Star Trade Ghana Ltd. au Ghana ; Dolphin Trading Co. Ltd., Sky Trade Company et Golden Fish Liberia, toutes au Liberia ; ainsi que la société anonyme libanaise Golden Fish (offshore), qui sont toutes détenues ou exploitées par Ali Mouhammad Qansu.

Tabaja avait déjà été visé par des sanctions

« Adham Tabaja a déjà été placé sur la liste des sanctions », a rappelé à Al-Mashareq le député libanais Yassine Jaber, du Bloc pour la libération et le développement.

En juin 2015, Le Trésor avait imposé des sanctions à Tabaja, al-Inmaa et ses filiales, ainsi qu'à deux autres individus, Kassem Hejeij et Husayn Ali Faour.

Car Care Centre, une société-écran basée au Liban et répondant aux besoins de transport du Hezbollah, a également été désignée.

Selon le Trésor, ces actions « soulignent les liens directs entre les activités commerciales et terroristes du Hezbollah. »

Elles dévoilent son « exploitation continue du secteur commercial légitime pour du soutien financier, organisationnel et matériel, des véhicules jusqu'aux investissements et aux services de construction, ce qui permet au groupe de mener des actes terroristes ».

Violette Balaa, rédactrice en chef d'Arab Economic News, a précisé que ces nouvelles sanctions ne visent pas la communauté chiite du Liban.

Les sanctions « déclarent une guerre évidente contre le Hezbollah », a-t-elle déclaré.

Ces sanctions exigent que « les banques libanaises soient vigilantes dans leurs opérations quotidiennes, afin de surveiller les mouvements des comptes », a-t-elle expliqué à Al-Mashareq.

Les banques doivent « ouvrir grande la porte à une coopération et une coordination directes avec la Banque du Liban » pour garantir une parfaite conformité avec les lois en vigueur, a-t-elle conclu.

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1 COMMENTAIRE (S)

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Elei salman | 2018-02-09

C'est l'Amérique! Quoi de neuf à ce sujet ?! Il ne se soucie que de la sécurité d'Israël, alors que le reste du monde souffre du terrorisme. Il a planté l'idéologie terroriste avec l'aide de certains pays arabes.

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