Société |
2018-02-02

La pollution du littoral empeste le Liban

Cette photo montre la berge de la rivière Nahr el-Kalb après qu'elle a été nettoyée par le Conseil supérieur d'aide. [Photo fournie par la National News Agency du Liban]

Des photos largement diffusées de détritus échoués sur la côte méditerranéenne près de Kesrouan ont suscité l'indignation publique et de nouveaux appels en faveur d'une solution durable à la crise actuelle du traitement des déchets au Liban.

Des photos de la côte parsemée de déchets publiées par les médias libanais le 22 janvier ont rappelé publiquement cette crise et donné lieu à des accusations politiques quant à l'incapacité du gouvernement à trouver une solution.

Les politiciens ne sont même pas d'accord sur la source des détritus

Les montagnes de déchets échoués sur le littoral méditerranéen au Liban ont relancé les appels en faveur d'une solution à la crise du traitement des déchets dans le pays. [Photo fournie par la National News Agency]
Le député libanais Sami Gemayel visite une zone de la côte méditerranéenne près de Kesrouan où des tas de déchets se sont échoués. [Photo tirée de la page Facebook de Sami Gemayel]

Selon le dirigeant du Parti Kataeb, Samy Gemayel, ces ordures proviennent des décharges temporaires de Bourj Hammoud et Costa Brava, et elles ont été portées vers la plage par la tempête qui a frappé le Liban du 19 au 21 janvier.

Le Conseil pour le développement et la reconstruction a quant à lui nié que les déchets viennent de ces deux décharges, indiquant que ces sites sont équipés de barrières en béton pour empêcher l'eau de mer d'atteindre les déchets.

Le conseil a plutôt suggéré que la source des déchets pourrait être la rivière Nahr el-Kalb et les décharges disséminées le long de son cours par les municipalités de la région de Matn après la fermeture de la décharge de Bourj Hammoud en avril 2017.

Le ministre de l'Environnement Tarek Khatib a lui aussi pointé les décharges le long de la rivière Nahr el-Kalb.

Les habitants de Kesrouan sont descendus dans la rue et se sont emparé des réseaux sociaux pour protester, et le Conseil supérieur d'aide a nettoyé la plage et d'autres zones touchées, selon les directives du Premier ministre Saad al-Hariri.

Des mesures permanentes sont nécessaires

« Nous avions dit il y a longtemps que des solutions permanentes devaient être trouvées à la crise des déchets », a fait savoir Gemayel à Al-Mashareq. « Mais à ce jour, le gouvernement n'a pris que des mesures temporaires qui ont donné le résultat que nous avons observé sur les rives de la Nahr el-Kalb. »

Le Parti Kataeb avait proposé des lois pour résoudre la crise « permettant d'effacer les dettes des municipalités dans les zones opérationnelles des entreprises de gestion des déchets Sukleen et Sukomi », a-t-il déclaré.

Ces lois appellent également à la création d'une équipe centrale, comme le prévoit le plan gouvernemental de septembre 2015, afin d'aider les municipalités à créer des centres de tri et assurer la collecte, le ramassage et le tri des déchets, a-t-il expliqué.

Une autre proposition appelle à adopter rapidement le projet de loi de 2012 sur la gestion des déchets solides, a-t-il ajouté.

En attendant qu'une solution durable soit trouvée, il est urgent de déplacer les ordures vers des décharges à Sarar, dans la région d'Akkar, et à al-Masnaa, dans la région des Montagnes de l'Anti-Liban, a-t-il déclaré.

« Alors que le gouvernement a une solution temporaire visant à placer les déchets dans des décharges de Bourj Hammoud et de Costa Brava, il doit exister une solution permanente et durable », a indiqué le député libanais Akram Chehayeb.

Il est nécessaire de « centraliser une planification et un contrôle véritables », a déclaré l'ancien ministre de l'Environnement à Al-Mashareq.

Une solution permanente et durable pour le traitement des déchets réside dans la création de centrales de décomposition thermique servant à convertir les déchets en électricité, a-t-il poursuivi.

Aimez-vous cet article?

Al icons no 3
* INDIQUE CHAMP NÉCESSAIRE
Captcha