Sécurité |
2018-01-04

Le Liban arrête un mufti et un agent médiatique de Daech

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Des membres de la Direction générale de la sûreté de l'État mènent des raids au Liban. La direction a conclu l'année 2017 par deux arrestations de haut niveau. [Photo fournie par la Direction générale de la sûreté de l'État]

Les agences de sécurité libanaises ont clôturé 2017 en capturant plusieurs agents importants de « l'État islamique » (Daech).

La Direction générale de la sûreté de l'État (DGSE) a arrêté le 23 décembre le mufti de Daech Ahmed al-Raheel, l'un des trois chefs principaux du groupe.

Le 11 décembre, la Direction avait arrêté le célèbre agent médiatique de Daech Khalil al-Hamdu, un Syrien aussi appelé « Abou Rayan ».

Selon la National News Agency, al-Raheel est originaire de la ville syrienne d'al-Tabqa. Entré clandestinement au Liban, il vivait dans la vallée de la Bekaa. Venu par une route de montagne accidentée, il avait dû payer pour être emmené à al-Hermel, avant de partir vers le nord à travers les montagnes pour rejoindre Denniyeh.

Il avait modifié son apparence et s'était installé dans la maison d'un affilié de Daech, mais un habitant d'al-Hermel a découvert son secret et en a informé la Direction, qui l'a arrêté, l'a interrogé et l'a fait comparaître devant un tribunal militaire.

Al-Raheel a admis être le « mufti spirituel » et le « responsable de la charia » de Daech, et a avoué avoir publié des condamnations à mort de civils et de prisonniers de Daech.

Il a été reconnu comme l'un des trois principaux dirigeants du groupe, après le chef de Daech Abou Bakr al-Baghdadi et son adjoint.

Les arrestations d'al-Raheel et d'al-Hamdu ont été le résultat d'une « surveillance intensive », a fait savoir le major général Tony Saliba, directeur général de la DGSE.

Al-Hamdu « est l'un des plus importants agents médiatiques de Daech, et Ahmed al-Raheel un haut responsable de la charia du groupe, à qui a été confiée la tâche d'éduquer les combattants dans les domaines religieux et idéologiques », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Ces arrestations mettent en lumière le fonctionnement de Daech

L'arrestation d'al-Hamdu est importante, « parce que son interrogatoire a permis de mieux connaître le fonctionnement interne de Daech, notamment en ce qui concerne la diffusion des idées takfiristes, que ce soit à travers les conseils religieux ou les médias », a rapporté Saliba.

« Abou Rayan est un gros poisson par ce qu'il représente et les informations qu'il détient », a-t-il ajouté. « Il nous a donné les noms de membres du groupe en Syrie et au Liban, à commencer par le nom d'al-Raheel. »

Grâce à cette arrestation, les forces de sécurité ont réussi à infiltrer des groupes extrémistes et à collecter des informations sûres sur l'emplacement d'éléments de Daech, et ont pu ensuite les observer et les arrêter, a-t-il déclaré.

Les interrogatoires du « mufti spirituel » de Daech et d'autres « n'ont pas encore révélé l'existence de plans spécifiques pour perpétrer des actes terroristes », a fait remarquer Saliba.

Cependant, a-t-il poursuivi, « cela ne signifie pas que le Liban n'est pas une cible potentielle pour [des groupes comme Daech], car ils ont clairement exprimé leur intention ».

L'arrestation d'al-Hamdu fait suite à une série d'opérations en 2017 contre les grandes figures de groupes extrémistes qui « ont combattu contre l'armée ou ont aidé à fournir de l'aide logistique et de renseignements à ces organisations terroristes », a-t-il indiqué.

Pour ces opérations, la DGSE « s'est appuyée sur des ressources humaines en liaison avec d'autres services libanais de sécurité, demandant leur aide lorsque nécessaire », a-t-il rapporté.

Daech est dans « un état de chaos et de désintégration »

L'arrestation d'al-Hamdu confirme que les services de sécurité libanais « affirment leur capacité à apporter la sécurité à la société et à l'État », a indiqué le général de brigade Nizar Abdoul Qadir, spécialiste en stratégie et sécurité.

Les services ont déjoué de nouveaux attentats terroristes grâce à des opérations préventives de sécurité, a-t-il fait savoir à Al-Mashareq.

Il a souligné qu'il est « prématuré d'établir une évaluation claire et rationnelle des menaces sérieuses que fait peser Daech sur le Liban, la Syrie et l'Irak après la désintégration du groupe ».

Le groupe est dans une phase de transition après sa défaite militaire, qui l'a plongé dans le chaos et la perte, a-t-il poursuivi.

Dans cet état de chaos et de désintégration, certains combattants de Daech tentent de retourner dans leur pays d'origine, tandis que d'autres intègrent des cellules secrètes, comme ceux récemment arrêtés au Liban, a précisé Abdoul Qadir.

Ces éléments sont récemment entrés au Liban « secrètement et sous de nouvelles identités, ce qui ne les a pas empêchés d'être arrêtés », a-t-il signalé.

Mais l'arrestation d'un leader extrémiste de temps à autre, bien qu'importante, ne met pas le Liban à l'abri des opérations terroristes de Daech, a-t-il indiqué, ajoutant que les services de sécurité restent toujours vigilants.

Coopération entre les agences libanaises

Avec l'arrestation de ces éléments syriens de Daech, « les services de sécurité libanais, en particulier la DGSE, ont obtenu une nouvelle victoire dans la lutte contre le terrorisme », a déclaré à Al-Mashareq le journaliste et politologue George Shaheen.

Les dirigeants de la DGSE ont fait preuve d'une coopération sans précédent dans le domaine de l'antiterrorisme, avec des opérations préventives de sécurité qui ont mené à la détection de plusieurs cellules liées à Daech et d'autres extrémistes, a-t-il fait savoir.

« Cette série d'arrestations importantes est le résultat d'une coopération étroite entre la Direction et d'autres services de sécurité libanais, qui a conduit à la mise à jour de plusieurs projets terroristes et takfiristes », a annoncé Shaheen.

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