Droits de l'Homme |
2017-12-12

Yémen : des ONG locales distribuent de l'aide à Shabwa

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Les habitants de la province de Shabwa, au Yémen, reçoivent des matelas et des draps de la part du Croissant-Rouge des Émirats arabes unis. [Photo fournie par le Croissant-Rouge des Émirats arabes unis]

Les organisations de la société civile de la province yéménite de Shabwa servent de relais essentiels dans la distribution de l'aide humanitaire fournie par des organisations internationales aux personnes déplacées et dans le besoin.

En utilisant les bases de données qu'elles ont créées, les organisations locales ont pu garantir que l'aide vitale arrive aux destinataires voulus, a déclaré Mohammed Saleh ben Idyu, premier vice-gouverneur de la province de Shabwa.

« Ces organisations ont mené des enquêtes sur le terrain auprès des segments de population visés à plusieurs reprises par le passé, ce qui les aide maintenant à gagner du temps et à abaisser le coût requis pour atteindre les personnes à qui l'aide est destinée », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Ces organisations coordonnent également leurs actions avec les autorités locales pour mettre en œuvre dans la province de Shabwa des projets qui ont reçu un financement de pays donateurs, a-t-il indiqué.

« Efforts louables »

« L'aide humanitaire qui atteint la province provenant des agences d'aide a desservi une large portion de la population à faible revenu impactée par la guerre », a fait savoir ben Idyu.

Bien que l'aide fournie ne suffise pas à répondre aux besoins de la population, les efforts accomplis pour la fournir et la distribuer sont « louables », a-t-il ajouté.

« Les organisations de la société civile font des efforts louables, que ce soit en termes de collecte d'aide financière ou en nature pour les personnes dans le besoin ou en jouant le rôle d'intermédiaires dans le cas de l'aide fournie par les organisations humanitaires internationales », a-t-il expliqué.

À l'avenir, l'autorité locale espère voir grandir le rôle de ces organisations, a-t-il indiqué, pour qu'elles puissent apporter aux gens des « services qui ne sont pas liés à leur subsistance quotidienne ».

Cela est dû au fait que ce type d'aide « prend fin dès que l'aide est consommée », a-t-il expliqué. « Nous espérons qu'elles apportent une aide sous la forme de projets de développement sur le long terme, qui servent un large segment de la population. »

Ceci inclurait des projets dans les secteurs de la santé et de l'éducation, a-t-il rapporté, ainsi que l'approvisionnement ou la réparation des installations d'électricité, d'assainissement, des routes et des autres infrastructures détruites durant la guerre contre les Houthis (Ansarallah).

Parmi les organisations donatrices les plus importantes se trouvent le Centre du roi Salman, le Croissant-Rouge des Émirats arabes unis, le Fonds du Koweït pour le développement économique arabe, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations unies, l'UNICEF et l'Organisation mondiale de la santé (OMS), entre autres, a-t-il déclaré.

Distribution d'aide alimentaire

« Des organisations de la société civile ont accumulé une expérience considérable dans l'implémentation du travail et la conduite d'enquêtes », a rapporté Nasser al-Qaffan, consultant pour des organisations locales et internationales travaillant à Shabwa.

Cela a encouragé les organisations internationales à leur faire confiance pour la mise en œuvre de leurs différents projets humanitaires, a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

Des projets d'aide destinés à toute la province sont menés par Damir, la Fondation al-Amal, Muwatana, al-Takaful et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a chargé al-Takaful de distribuer l'aide alimentaire aux personnes dans toute la province « en raison de sa grande expérience et des capacités de son équipe pour mener à bien ces tâches », a-t-il poursuivi.

Al-Takaful effectue ce travail sous la supervision du PAM, a-t-il rapporté.

Dans le même temps, l'UNICEF et le Croissant-Rouge mènent des projets d'éducation et de santé en travaillant directement avec les organismes qui les mettent en place et supervisent le travail eux-mêmes, a-t-il ajouté.

Ce travail implique des tâches spécifiques qui ne nécessitent pas la distribution ou l'accès à des segments de la population difficiles à atteindre, a-t-il précisé, notant que ces tâches sont en général gérées par des organisations locales.

Une meilleure coordination est nécessaire

« Malgré le rôle positif joué par les organisations de la société civile dans les secteurs humanitaires et d'aide, elles doivent se coordonner entre elles », a déclaré le vice-gouverneur de Shabwa, Nasser al-Qamishi, à Al-Mashareq.

Le manque de coordination a abouti à des doublons des actions d'aide dans certaines zones, a-t-il rapporté, tandis que parfois, l'aide n'a pas atteint d'autres régions.

« Le problème est qu'il y a beaucoup d'organisations locales, mais qu'elles sont pas coordonnées », a-t-il déploré.

Certaines organisations se coordonnent directement avec les donateurs sans que l'autorité locale de Shabwa soit au courant, a-t-il fait remarquer, ce qui « provoque la confusion parmi les organisations qui travaillent dans l'humanitaire ».

L'autorité locale s'efforce de répondre à cet état de fait en supervisant le processus de distribution et en communiquant avec les organisations pour s'assurer que les efforts ne font pas double usage dans certaines zones aux dépens d'autres, a-t-il conclu.

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