Saleh, ancien président du Yémen, a été tué à Sanaa


L'ancien président du Yémen Ali Abdallah Saleh prononce un discours devant ses partisans sur cette photo du 24 août. Saleh a été tué le 4 décembre après s'être séparé des Houthis, ses anciens alliés. [Mohammed Huwais/AFP]

L'ancien président du Yémen Ali Abdallah Saleh prononce un discours devant ses partisans sur cette photo du 24 août. Saleh a été tué le 4 décembre après s'être séparé des Houthis, ses anciens alliés. [Mohammed Huwais/AFP]

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Lundi 4 décembre, les Houthis (Ansarallah) appuyés par l'Iran ont annoncé que l'ancien président du Yémen Ali Abdallah Saleh, leur ancien allié dans la guerre en cours, avait été tué.

Cette nouvelle est intervenue alors que des combats secouaient Sanaa suite à l'effondrement de l'alliance entre Saleh et les Houthis, et que des membres du Congrès général du peuple (CGP) annonçaient à Al-Mashareq que l'insurrection populaire contre les Houthis se poursuivrait.

Une source a indiqué à Al-Mashareq que Saleh a été tué dans sa ville natale de Sinhan, un district dans le sud de Sanaa.

Le CGP a confirmé sa mort.

« Il est mort en martyr en défendant la république », a affirmé Faiqa al-Sayyid, un dirigeant du CGP, accusant la milice houthie pour le meurtre de Saleh.

De violents affrontements ont été signalés lundi dans la ville entre les forces fidèles à Saleh et les Houthis, qui ont repris le contrôle de Sanaa au gouvernement reconnu internationalement il y a trois ans.

La mort de Saleh a été annoncée sur la chaîne de télévision Al-Masirah, contrôlée par les Houthis. Une vidéo remise à l'AFP par les Houthis montre ce qui semblait être le corps de Saleh enveloppé dans une couverture à motif floral et présentant une grave blessure à la tête.

Un photographe de l'AFP ayant approché lundi du domicile de Saleh dans le sud de Sanaa a trouvé les lieux sous contrôle des Houthis et n'a pas été autorisé à entrer.

La maison semblait avoir été endommagée dans des combats.

L'alliance entre les Houthis et Saleh, qui a dirigé le Yémen pendant trois décennies avant de démissionner en 2012, s'est délitée la semaine dernière dans un contexte d'accusations de trahison alors que l'ancien dirigeant tendait la main à la coalition.

« L'insurrection se poursuivra »

Lundi, des leaders du CGP ont déclaré à Al-Mashareq que l'insurrection populaire contre les Houthis se poursuivra.

Adel al-Shugaa, membre du comité général du CGP a confirmé que l'insurrection populaire se poursuivra jusqu'à ce que le Yémen soit débarrassé des Houthis, intermédiaires de l'Iran.

« L'insurrection se poursuivra, et les leaders de notre parti exhortent les gens à continuer à se révolter », a fait savoir al-Shugaa à Al-Mashareq.

« Il n'y aura pas d'accord de trêve avec les Houthis », a-t-il affirmé. « L'équilibre des pouvoirs changera en faveur du CGP, qui possède la force dissuasive et s'appuie sur l'insurrection populaire. »

Samedi, Saleh avait exhorté le peuple à se soulever contre la milice houthie suite aux affrontements sporadiques survenus depuis mercredi entre des gardes du CGP et les Houthis, qui ont débuté lorsque la milice a pris d'assaut la mosquée al-Saleh et a tué trois gardes.

Saleh avait également contacté la coalition arabe, lui demandant d'écrire une « nouvelle page ».

Dans un discours diffusé en direct sur Yemen Today TV, Saleh encourageait « tous les Yéménites dans toutes les provinces et partout à se soulever comme un seul homme pour défendre le Yémen contre les éléments houthis qui ravagent le pays ».

Les Houthis ont répondu en accusant Saleh de planifier un « coup » contre l'alliance.

Au cours du week-end, plusieurs rassemblements anti-Houthis ont eu lieu à Sanaa. Dans le district méridional de Shamila, une manifestation a été organisée sous le slogan « Plus de Houthis après aujourd'hui ». Des rassemblements semblables se sont déroulés dans les provinces d'Ibb, de Mahwit et de Dhamar.

« À Shamila Market, des manifestants, principalement des travailleurs, sont descendus dans la rue spontanément après l'appel de Saleh », a rapporté Jabir Mossad, qui a participé à la manifestation.

« Les souffrances des gens ont redoublé à cause de l'arrêt du travail et de la suspension des salaires pendant un an, et c'est pour cela que les gens ont participé à la manifestation », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Violents affrontements à Sanaa

Des témoins ayant signalé des combats intenses continus lundi, le président yéménite Abdrabbo Mansour Hadi a ordonné à ses forces de progresser vers la ville.

« Le président a ordonné au vice-président Ali Mohsen al-Ahmar, qui se trouve à Marib, d'activer des unités militaires et d'avancer vers la capitale », a fait savoir un responsable de la présidence à l'AFP sous condition d'anonymat.

Le gouvernement a également contacté les partisans de Saleh pour leur offrir l'amnistie.

« Le président annoncera bientôt une amnistie générale pour tous ceux qui ont collaboré avec les Houthis au cours des derniers mois et qui ont rétracté leur allégeance », a déclaré le Premier ministre Ahmad Obaid ben Dagher.

L'alliance entre Saleh et les Houthis était en danger depuis sa création en 2014, lorsqu'ils avaient mis fin à des décennies d'hostilité et avaient uni leurs forces pour reprendre Sanaa au gouvernement d'Hadi.

Lundi, une nouvelle vague de frappes aériennes de la coalition a frappé des zones près de l'aéroport international de Sanaa et du ministère de l'Intérieur, tous deux sous contrôle des Houthis, ont rapporté des habitants et une source de l'aéroport.

Lundi, la coalition a prévenu les civils yéménites qu'ils devaient évacuer ou éviter les zones tenues par les Houthis, et de rester à distance des rassemblements et véhicules des Houthis.

Une source de l'aéroport a déclaré que des bases houthies proches semblaient avoir été prises pour cible, mais l'aéroport lui-même n'a pas été bombardé.

Des habitants ont rapporté que les combats s'étaient étendus à l'extérieur de Sanaa.

Lundi, des sources tribales de Sinhan, la ville natale de Saleh, ont signalé des combats intenses la nuit entre les partisans des Houthis et de Saleh.

Des témoins ont indiqué que des affrontements avaient éclaté autour de la résidence de Tarek Saleh, neveu de l'ancien président et l'un des commandants de ses forces.

Des groupes humanitaires mettent en garde

Certains districts de Sanaa ont connu des combats armés et dans les rues au cours du week-end, surtout dans les zones proches de la maison de Saleh et de celles des membres de sa famille, dans le district politique et les rues al-Jazaer et al-Zubairi.

La circulation a été complètement interrompue dans ces zones et un couvre-feu et des fermetures de rues ont été imposés.

Hizam Saleh a indiqué à Al-Mashareq que des familles étaient bloquées dans leurs maisons depuis vendredi, et qu'elles n'avaient pu sortir que dimanche.

Dans le même temps, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a exhorté tous les camps de Sanaa à garantir un accès sans restriction aux équipes d'aide humanitaire afin que les blessés puissent être évacués et que des soins puissent leur être prodigués.

« Les parties de ce conflit ont la responsabilité juridique, morale et religieuse de garantir l'accès aux équipes médicales dans les zones de combat pour aider les blessés et transférer les corps des tués », a déclaré à Al-Mashareq Adnan Hizam, porte-parole du CICR à Sanaa.

« Le CICR a contacté les parties du conflit pour leur rappeler la nécessité d'épargner les civils et de permettre aux équipes médicales d'accomplir leur mission et d'assurer leur sécurité », a-t-il ajouté.

Les équipes médicales du CICR porteront secours aux blessés et évacueront les corps des morts si les divers belligérants le leur demandent, a-t-il fait savoir, et si leur sécurité peut être suffisamment garantie.

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  • COMMENTAIRES DU LECTEUR

    صدام

    2017-12-6

    Les hommes du Yémen ne laisseront pas les Houthis partir et vont certainement se venger.