Politique |

2017-12-01

L'Arabie saoudite intercepte un deuxième missile du Yémen en un mois


Des membres de tribus du Comité de résistance populaire, qui soutient les forces fidèles au président Abdrabbo Mansour Hadi, montrent leurs armes à Taez, troisième ville du pays, lors d'affrontements contre les Houthis le 21 novembre 2016. [Ahmad al-Basha/AFP]
Des membres de tribus du Comité de résistance populaire, qui soutient les forces fidèles au président Abdrabbo Mansour Hadi, montrent leurs armes à Taez, troisième ville du pays, lors d'affrontements contre les Houthis le 21 novembre 2016. [Ahmad al-Basha/AFP]

Jeudi 30 novembre, l'Arabie saoudite a intercepté et détruit un missile balistique tiré depuis le Yémen, pays en proie à la guerre, ont rapporté les médias étatiques. C'est la deuxième attaque de ce type ce mois-ci revendiquée par les Houthis (Ansarallah), soutenus par l'Iran.

Le missile a ciblé la ville de Khamis Mushait, dans le sud de l'Arabie saoudite. Les autorités ont signalé qu'il n'y avait pas de victimes. Cette attaque s'est déroulée seulement quelques heures après que les Houthis ont menacé de riposter à cause d'un blocus contre le Yémen.

Une coalition menée par l'Arabie saoudite contre les combattants de l'opposition a imposé un blocus en réponse à un missile houthi intercepté près de l'aéroport de Riyad le 4 novembre.

Ces attaques de missiles, qui pourraient renforcer la campagne militaire de la coalition, soulignent l'augmentation de la propagation du conflit par-delà la frontière, menaçant des villes et des villages d'Arabie saoudite.

La chaîne de télévision Al-Masira, dirigée par les Houthis, a déclaré que le missile de jeudi avait atteint une cible militaire au cœur de l'Arabie saoudite, mais la coalition a nié cette information.

« Le missile qui se dirigeait vers la ville de Khamis Mushait a été intercepté et détruit sans faire aucune victime », a déclaré le porte-parole de la coalition Turki al-Maliki dans des propos rapportés par la Saudi Press Agency.

Quelques heures plus tôt, le chef de l'opposition Abdoulmalik al-Houthi menaçait de mener des représailles si le blocus se poursuivait.

« Si le blocus continue, nous savons quelles [cibles] causeront de grandes douleurs, et nous savons comment les atteindre », a-t-il affirmé dans un discours diffusé sur Al-Masira.

Ce mois-ci, les Houthis ont prévenu qu'ils considéraient comme cibles valides « les aéroports, les ports, les passages frontaliers et toutes les zones d'importance » en Arabie saoudite et chez leur allié, les Émirats arabes unis.

« Mettre fin à la circulation des armes »

La coalition, qui accuse les Houthis d'agir pour le compte de l'Iran, justifie le blocus en affirmant qu'il a pour but de mettre fin à la circulation d'armes entre Téhéran et les combattants de l'opposition.

Plus tôt ce mois-ci, l'influent prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a déclaré que le fait d'armer les Houthis du Yémen pourrait être considéré comme un « acte de guerre ».

L'Iran nie fournir des armes aux Houthis.

Par ailleurs, l'Arabie saoudite a fait savoir vendredi qu'elle avait saisi des milliers d'armes et arrêté des centaines de contrebandiers qui traversaient la frontière illégalement depuis le Yémen au cours de l'année dernière, des « agents étrangers » cherchant à planifier des attaques dans le royaume.

Des données des gardes frontaliers datant d'octobre 2016 à septembre 2017 publiées par le ministère de l'Intérieur saoudien ont révélé que plus de 3 500 armes et caches de munitions avaient été saisies.

« La plupart des armes ont été saisies à la frontière entre l'Arabie saoudite et le Yémen », a précisé le communiqué, ajoutant que ces « saisies se font alors que des agents étrangers essaient d'organiser des attaques terroristes dans le royaume ».

Le communiqué a indiqué que 4 656 suspects avaient été arrêtés à la frontière en lien avec des tentatives de contrebande, dont « plus de la moitié » venaient du Yémen.

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