Sécurité |

2017-11-30

Des agences libanaises arrêtent des dizaines d'extrémistes


Photo d'archive de l'imam en fuite Moustafa al-Hujeiri, aussi appelé « Abou Taqiyeh », prise avant son arrestation le 14 novembre dans la ville frontalière d'Arsal. [Photo fournie par la National News Agency du Liban]
Photo d'archive de l'imam en fuite Moustafa al-Hujeiri, aussi appelé « Abou Taqiyeh », prise avant son arrestation le 14 novembre dans la ville frontalière d'Arsal. [Photo fournie par la National News Agency du Liban]

Depuis la fin de l'opération Fajr al-Jurud (Aube d'al-Jurud), l'armée et les forces de sécurité de l'armée libanaise ont continué de mener des actions préventives dans le pays, qui ont permis l'arrestation quasiment quotidienne de combattants extrémistes.

Entre septembre et la mi-novembre, les agences de sécurité ont arrêté des dizaines de combattants, de trafiquants d'armes et de contrebandiers travaillant pour des groupes comme « l'État islamique » (Daech) et l'ancien Front al-Nosra (FAN).

Le 14 novembre, des agents des renseignements de l'armée libanais ont arrêté l'imam en fuite Moustafa al-Hujeiri, aussi appelé « Abou Taqiyeh », dans la ville frontalière d'Arsal.

Connu pour son affiliation au FAN, al-Hujeiri avait été inculpé pour son implication dans l'enlèvement de soldats libanais à Arsal en août 2014.

Parmi les autres personnalités importantes appréhendées se trouvent Shadi Mahmoud Amoun, accusé d'être membre de Daech et d'avoir participé aux affrontements d'Arsal en 2014, ainsi que les hauts dirigeants de Daech à Arsal Ibrahim Ahmed Zaarour et le Syrien Udai Hassan al-Khatib.

En novembre, les renseignements de l'armée ont arrêté Kamal Darrar Badr, frère de Bilal Badr, recherché pour terrorisme, et Yahya Yassin, le fils de l'important détenu palestinien Imad Yassin dans le camp de réfugiés d'Aïn al-Hilweh.

La Direction générale de la sécurité de l'État (DGSE) a démantelé une cellule de quatre Syriens dans la région d'Hasbayya le 19 octobre, qui affirment avoir repéré des emplacements stratégiques pour préparer des attentats à la bombe pour Daech.

Le 16 novembre, la Direction générale de la sûreté générale (DGSG) a appréhendé deux membres syriens d'Aisha Umm al-Mouemeneen, un groupe syrien dirigé par Abou Jaafar al-Qastali ayant perpétré plusieurs attentats terroristes.

Démantèlement des cellules dormantes

Ces arrestations récentes montrent que la sécurité au Liban « est sous contrôle, malgré les inquiétudes sur les failles de sécurité », a déclaré le général de brigade Nizar Abdel Kader, expert en stratégie et en questions de sécurité.

Les agences de sécurité menées par l'armée possèdent une base de données et des plans de recherche qui leur permettent de prendre des mesures pour répondre à toutes les menaces terroristes, a-t-il expliqué.

Les dizaines d'arrestations effectuées au cours des trois derniers mois « confirment la grande efficacité des agences de sécurité, et en particulier [de la Direction] des renseignements de l'armée libanaise dans l'accomplissement de cette tâche », a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

La plupart des individus arrêtés « peuvent être classés comme des loups solitaires, dont les tentatives de former de nouvelles cellules dormantes pour remplacer celles qui ont été démantelées par les agences de sécurité ont été déjouées », a déclaré Abdel Kader.

Les agences de sécurité ont réussi à infiltrer et à démanteler la plupart des cellules dormantes, a-t-il fait savoir, surtout après l'infiltration complète de la cellule des Brigades Abdoullah Azzam dans le camp d'Aïn al-Hilweh.

Les opérations préventives continues dans tout le Liban « forcent les membres restants du réseau Azzam à chercher n'importe quel moyen de quitter le Liban, car ils sentent qu'ils sont pourchassés par les agences de sécurité », a-t-il déclaré

C'est une bonne indication de la réussite de ces opérations, a-t-il ajouté.

Ces opérations sont importantes, car elles sont menées dans toutes les régions, même celles où les agences n'avaient auparavant pas le droit d'entrer, agissant désormais dans des zones isolées et dans les camps palestiniens, a-t-il rapporté.

Coopération étroite entre les agences

L'arrestation d'un grand nombre de terroristes est rassurante, a déclaré le général de brigade Naji Malaeb, spécialiste en stratégie de sécurité et ancien officier de l'armée, et cela « souligne la coordination étroite entre les diverses agences de sécurité, chacune essayant de faire mieux que les autres ».

« Il existe une grande coordination entre elles, et alors que [la Direction des] renseignements opère dans tout le Liban, la DGSE procède à des arrestations dans le sud du pays », a-t-il rapporté à Al-Mashareq.

Ceci a permis la capture de trafiquants d'armes et de contrebandiers à Beit Jinn près de Shabaa, non loin de la frontière avec la Syrie, et de terroristes dans le camp d'Aïn al-Hilweh à Sidon, a-t-il précisé, « tandis que la DGSG joue son rôle dans le sud en arrêtant des cellules dormantes ».

Suite à une rencontre entre le major général et directeur général de la DGSG Abbas Ibrahim, le président palestinien Mahmoud Abbas et d'autres dirigeants, une banque de données a été créée dans le camp, a-t-il fait savoir.

Ceci a provoqué la fuite du camp de l'activiste Shadi al-Mawlawi vers la Syrie, en octobre.

« Certains des terroristes recherchés dans le camp d'Aïn el-Hilweh se sont rendus aux autorités de sécurité libanaises le 13 novembre », a-t-il ajouté.

Opérations préventives

L'opération Fajr al-Jurud « a mis fin à la présence des groupes terroristes sur le territoire libanais, mais n'a pas interrompu la guerre de sécurité préventive », a déclaré le journaliste Michel Nasr.

« La traque et l'arrestation d'éléments terroristes interviennent dans le contexte de la sécurité préventive », a-t-il expliqué à Al-Mashareq, soulignant que des opérations visant certains éléments de Daech et du FAN ont été effectuées dans les camps de réfugiés palestiniens et syriens.

« Le Liban a atteint un nouveau niveau dans la lutte contre le terrorisme », a affirmé Nasr, indiquant que « chacun des individus arrêtés est important de par le poste qu'il occupait au sein de son groupe et les informations qu'il détient ».

« L'importance de l'arrestation d'Abou Taqiyeh est due au fait qu'il a joué un rôle majeur dans les événements d'Arsal en août 2014 et dans la remise des soldats aux terroristes», a-t-il fait savoir.

Il a continué à causer des problèmes jusqu'à son arrestation le 14 novembre, lorsque son domicile a été pris d'assaut à l'aube lors d'une opération rapide, après quoi il a été amené à Beyrouth où il est interrogé, a précisé Nasr.

Selon Nasr, l'arrestation d'Abou Taqiyeh « est le couronnement du travail des agences de sécurité », car il est l'un des [terroristes] les plus recherchés, étant le commandant en second de l'émir du FAN [à al-Qalamoun] Abou Malik al-Talli ».

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