Le trafic d'armes iranien dénoncé par des ministres yéménites


Dans cette photo d'archive du 8 février 2013, un responsable militaire yéménite à Aden montre des jumelles trouvées parmi des armes et divers équipements militaires provenant d'Iran saisies sur un bateau dans les eaux territoriales du Yémen le 23 janvier. [AFP PHOTO/STR]

Dans cette photo d'archive du 8 février 2013, un responsable militaire yéménite à Aden montre des jumelles trouvées parmi des armes et divers équipements militaires provenant d'Iran saisies sur un bateau dans les eaux territoriales du Yémen le 23 janvier. [AFP PHOTO/STR]

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Plusieurs ministres yéménites de premier plan se sont retrouvés mardi 7 novembre à Riyad pour parler des moyens de lutter contre l'entrée d'armes de contrebande orchestrée par l'Iran au Yémen par des routes terrestres et maritimes.

Cette réunion a été organisée après que les Houthis (Ansarallah) du Yémen eurent tiré samedi un missile balistique en direction de Riyad, que la défense au sol d'Arabie saoudite a réussi à intercepter.

La milice houthie reçoit un soutien direct de l'Iran.

L'entrée illicite d'armes au Yémen se fait avec l'aide de gangs de passeurs et de contrebandiers et au travers de l'exploitation de réfugiés africains qui entrent au Yémen par la mer, ont indiqué différents médias.

Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Abdoul Malek al-Mekhlafi présidait cette réunion de mardi organisée dans la capitale saoudienne pour parler de ce problème, aux côtés du major général Hussein Arab, vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur.

De hauts responsables des deux ministères y participaient, ainsi que les chefs de l'Agence de sécurité politique du Yémen, l'Agence de sécurité nationale, l'Autorité de l'immigration et des passeports, et d'autres officiels de la sécurité.

Les participants à cette réunion confirmèrent que les trafiquants d'êtres humains ont désormais ajouté le trafic d'armes à leurs activités régulières, qui comprennent le transport illégal de réfugiés et de marchandises au Yémen par bateau depuis la Corne de l'Afrique et l'Afrique de l'Est.

Maintien des sanctions onusiennes

Ils ont souligné l'importance de la coopération avec la Commission internationale des sanctions mise en place par le Conseil de sécurité des Nations unies pour suivre la mise en application de la résolution 2216 de 2015 et la législation connexe.

Cette résolution appelle toutes les parties au conflit, notamment les Houthis, à mettre fin à la violence immédiatement et sans condition.

Elle appelle les Houthis à se retirer de toutes les zones capturées pendant le conflit en cours, à remettre leurs armes aux institutions militaires et à cesser toutes les actions normalement dévolues à la seule autorité du gouvernement légitime.

Elle impose également des sanctions, dont un gel général des avoirs, une interdiction de déplacement et un embargo sur les armes à l'encontre d'Abdoulmalik al-Houthi, le leader des Houthis, et d'Ahmed Ali Abdoullah Saleh, le fils de l'ancien président yéménite.

Al-Mekhlafi a souligné l'importance d'une coopération étroite avec la coalition arabe et les autres alliés pour relever les différents défis à la sécurité que connaît le Yémen.

Il a souligné la nécessité de mettre en place un mécanisme de coordination active entre les ministères yéménites des Affaires étrangères et de l'Intérieur, les agences de sécurité et l'ensemble des agences gouvernementales concernées pour atteindre ces objectifs.

Les participants à cette réunion ont également parlé de la coopération entre le Yémen et ses alliés pour combattre le terrorisme et l'extrémisme et partager des renseignements sur les combattants extrémistes ou étrangers qui tentent d'exploiter le chaos créé par le coup d'État des Houthis.

Les routes du trafic d'armes

Les armes iraniennes entrent en contrebande au Yémen en suivant différentes routes, a expliqué Abdoulsalam Mohammed, directeur du centre d'études stratégiques Abaad.

« Les routes de contrebande comprennent plusieurs trajets maritimes, certains passant par la mer Rouge et les îles yéménites, d'autres par le Golfe persique et la côte sud, vers l'Hadramaout et al-Mahrah », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Une fois ces envois d'armes parvenus sur les plages du Yémen, a-t-il poursuivi, « la contrebande vers le nord commence par voie terrestre via le désert ou des points de contrôle occupés par des activistes ».

« Les gangs de contrebandiers et de trafiquants d'êtres humains exploitent également les réfugiés pour aider aux opérations de transport lorsqu'ils parviennent sur la côte », a-t-il ajouté. « Lorsque ces réfugiés arrivent sur les côtes yéménites, ils sont la proie des gangs qui les recrutent. »

Les Houthis acquièrent des roquettes de plusieurs manières, a ajouté Mohammed.

« La première manière consiste à faire passer ces roquettes ou des pièces de celles-ci par les voies de contrebande habituelles », a-t-il indiqué.

« La deuxième est de faire entrer des spécialistes pour assembler ou fabriquer ces roquettes dans le pays, et la troisième à puiser dans le stock de roquettes des forces de Saleh en y apportant quelques modifications. »

Les côtes et les points de franchissement doivent être surveillés, et les gangs de trafiquants doivent être frappés, a-t-il souligné, afin que « les entités régionales, internationales et locales qui aident ces trafics » puissent être arrêtées.

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