Le Liban enregistre les bébés nés de parents réfugiés


Mohammed et Abdoul-Majeed Nasr, enfants de réfugiés syriens, jouent dans leur maison à Mazraat Yachouh, au Mont-Liban. Le benjamin est né au Liban. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

Mohammed et Abdoul-Majeed Nasr, enfants de réfugiés syriens, jouent dans leur maison à Mazraat Yachouh, au Mont-Liban. Le benjamin est né au Liban. [Nohad Topalian/Al-Mashareq]

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Les naissances syriennes au Liban sont enregistrées légalement dans le cadre d'un processus qui permettra à ces enfants de rentrer en Syrie avec leurs familles sans incident, ont déclaré des responsables libanais et internationaux à Al-Mashareq.

La grande majorité des familles de réfugiés ayant des enfants nés au Liban ont rempli la première étape de ce processus : l'obtention d'un certificat de naissance fourni par une sage-femme ou un hôpital et son authentification par le bureau du moukhtar.

De plus, 52 % sont passés à l'étape suivante avec l'enregistrement de certificats de naissance auprès du service du statut personnel du ministère de l'Intérieur et des municipalités libanaises.

Cette étape aidera à établir la nationalité des nouveau-nés syriens et leur permettra de prouver plus facilement leur filiation lorsque leurs familles décideront de rentrer.

« Dieu m'a donné deux fils », a déclaré Suleiman Mohammed Nawfal Nasr, un réfugié syrien d'Hama qui habite à Mazraat Yachouh, au Mont-Liban.

« Mon fils Mohammed est né à Hama il y a trois ans, car ma femme était encore là-bas à ce moment, et mon second fils, Abdoul-Majeed, est né au Liban treize mois plus tard », a-t-il indiqué à Al-Mashareq.

« J'ai immédiatement obtenu un certificat de naissance pour lui d'une sage-femme agréée, et je l'ai fait authentifier par le moukhtar », a-t-il fait savoir. « Je remplirai toutes les procédures légales auprès des ministres libanais pour l'enregistrer dans les services [de l'état civil] syriens. »

« J'accomplis toutes ces procédures afin de faire en sorte que mon retour à Hama avec ma famille soit légal », a-t-il ajouté.

Préparations pour le retour

Mouin al-Merehbi, ministre d'État aux Affaires des réfugiés, a expliqué que l'enregistrement des naissances syriennes au Liban « est en cours ».

Les réfugiés syriens ont un an pour enregistrer les naissances.

« Cependant, un problème subsiste pour les enfants de plus d'un an, car il est difficile de les enregistrer », a-t-il précisé.

Le ministère travaille « pour améliorer la loi de statut personnel, notamment pour les personnes de plus d'un an, afin de les retirer de la liste des naissances non enregistrées et les mettre sur une liste spéciale », a-t-il ajouté.

Cela leur permettra d'obtenir plus facilement des documents d'identité qui prépareront leur retour, a poursuivi al-Merehbi.

Des données du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) indiquent qu'environ 130 000 enfants nés de parents réfugiés syriens au Liban ont été enregistrés au cours des six dernières années, certains étant depuis revenus en Syrie.

« Nous encourageons les déplacés à enregistrer leurs naissances, et nous nous efforçons de régler certains problèmes en coopérant avec le ministère de l'Intérieur pour trouver des solutions juridiques permettant de faciliter leur enregistrement en accord avec la politique générale du gouvernement pour s'occuper des déplacés syriens présents au Liban », a-t-il expliqué.

Sensibilisation

Le HCR travaille avec plusieurs ministères pour faciliter l'enregistrement des naissances, a fait savoir Lisa Abou Khaled, agent d'informations publiques adjointe du HCR.

Il offre une assistance aux parents pour les aider à obtenir des documents, a-t-elle indiqué à Al-Mashareq, et aide à sensibiliser sur l'importance d'enregistrer les enfants et pour informer les parents de la marche à suivre.

Cela implique d'obtenir des certificats de naissance auprès de sages-femmes ou d'hôpitaux, de les faire authentifier par des responsables locaux, et de les inscrire auprès du ministère de l'Intérieur et du ministère des Affaires étrangères, a-t-elle fait savoir.

« Nous fournissons également une aide juridique aux réfugiés qui rencontrent des problèmes pour enregistrer leur mariage ou la naissance de leurs enfants », a ajouté Abou Khaled.

Les statistiques du HCR montrent qu'en 2016 93 % des réfugiés syriens ont obtenu des documents d'identité, tel qu'un certificat de naissance authentifié pour leurs enfants, contre 87 % en 2015, a-t-elle précisé.

Les statistiques montrent aussi que « 52 % des naissances ont été enregistrées auprès du ministère de l'Intérieur en 2016, contre 38 % en 2015 », a-t-elle ajouté.

Ceci peut être attribué à la sensibilisation croissante parmi les réfugiés au besoin d'enregistrer la naissance de leurs enfants, a-t-elle déclaré, ce qui facilitera leur retour et leur évitera de futurs problèmes judiciaires.

Aider les réfugiés à rentrer

Justice for All, une organisation de la société civile libanaise sans affiliation politique aide les réfugiés syriens à enregistrer la naissance de leurs enfants en Syrie.

Sa fondatrice Linda Boulos a expliqué à Al-Mashareq que Justice for All travaille avec l'organisation Syrian Family Reunification, qui ouvre un dossier pour les nouveau-nés en Syrie après avoir reçu les documents juridiques de son homologue libanais.

« Nous avons lancé cette expérience pilote dans le cadre d'un projet intitulé 'Aider un déplacé à rentrer chez lui' », a-t-elle rapporté.

« Nous avons commencé à enregistrer les candidatures de 2 000 familles à ce jour, et attendons une réponse officielle du ministère de l'Intérieur et des municipalités pour continuer officiellement », a-t-elle expliqué.

« Nous réglons le statut des [Syriens] déplacés qui viennent nous voir en leur obtenant un permis de résidence libanais et des certificats de naissance pour leurs nouveau-nés avant de les envoyer vers l'organisation syrienne qui les enregistrent auprès des services syriens officiels », a-t-elle détaillé.

Les enfants enregistrés ont désormais « des documents d'identité, des cartes et des passeports qui prouvent leur nationalité syrienne et permettent à leurs familles de rentrer en sécurité en Syrie lorsqu'elles le souhaitent », a conclu Boulos.

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