L'asile d'un prince saoudien en Iran enflamme les tensions


Le prince saoudien Turki ben Mohammed ben Fahd ben Abdoul Aziz, dont le père a été arrêté samedi 4 novembre dans le cadre d'une purge anticorruption dans le royaume, s'est vu offrir l'asile en Iran. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Le prince saoudien Turki ben Mohammed ben Fahd ben Abdoul Aziz, dont le père a été arrêté samedi 4 novembre dans le cadre d'une purge anticorruption dans le royaume, s'est vu offrir l'asile en Iran. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

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La réception par l'Iran du prince saoudien en fuite Turki ben Mohammed ben Fahd ben Abdoul Aziz accroît les tensions dans la région et pose un sérieux problème au royaume, ont expliqué des spécialistes à Al-Mashareq.

Le prince, qui s'est vu offrir l'asile par l'Iran, aurait dû se rendre aux autorités judiciaires saoudiennes, expliquent-ils, soulignant que l'opinion saoudienne perçoit sa fuite en Iran comme un signe de sa culpabilité dans cette affaire de corruption.

Les autorités iraniennes ont offert l'asile au prince Turki peu après son arrivée à Téhéran, ont indiqué plusieurs médias.

La mère du prince Turki est Jawaher Bint Nayef ben Abdoul Aziz, la demi-sœur de l'ancien prince héritier Mohammed ben Nayef.

Son père est le fils de Mohammed ben Fahd, qui fait partie des onze princes, quatre ministres actuels et dizaines d'anciens ministres arrêtés dans le royaume samedi 4 novembre dans le cadre d'une opération de purge.

Ces arrestations ont été annoncées après qu'une nouvelle commission anticorruption présidée par le prince héritier Mohammed ben Salman a rouvert une enquête sur d'anciennes affaires.

Tensions enflammées

La décision de l'Iran d'offrir l'asile au prince Turki s'inscrit dans son habitude d'ingérence dans les affaires intérieures des pays de la région, a expliqué Fadel al-Hindi, directeur du centre de recherches humaines et sociales de l'université du roi Abdulaziz.

Le père du prince fait partie de ceux qui attendent de comparaître devant un juge, a-t-il précisé à Al-Mashareq, soulignant que le nom du prince en fuite n'a pas été impliqué.

Al-Hindi a déclaré « qu'il est possible que les services de renseignements du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iraniens aient fait peur au prince en lui faisant croire qu'il était recherché et qu'il devait fuir, et que l'Iran était prêt à l'accueillir ».

« Son jeune âge et son manque de maturité politique » peuvent expliquer son empressement à s'enfuir en Iran de cette manière, a-t-il ajouté.

Questions en suspens

En quittant le royaume, le prince a ouvert la porte aux spéculations sur son propre rôle dans ces affaires de corruption, a expliqué Abdoullah al-Muqrin, professeur de jurisprudence comparée à l'université Oumm al-Qura de La Mecque.

« Cela pose la question de savoir si le prince a traité avec les renseignements iraniens par le passé », a-t-il précisé pour Al-Mashareq, soulignant que la vitesse à laquelle le prince s'est rendu à Téhéran et s'y est vu offrir l'asile est inhabituelle.

Une telle initiative requiert généralement une longue période de préparation et de persuasion, a-t-il poursuivi, soulignant également que, de tous les pays, l'Iran est le moins susceptible d'extrader le prince vers l'Arabie saoudite au vu de la nature de leurs relations.

Selon lui, si le prince avait cherché refuge dans un pays arabe ou occidental, des procédures d'extradition y existent et il aurait fallu compter avec des considérations et des répercussions politiques et juridiques majeures.

Si les autorités saoudiennes demandent l'extradition du prince Turki et si l'Iran refuse, a-t-il conclu, cela ne fera « qu'accroître les tensions et l'hostilité entre les deux pays ».

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  • COMMENTAIRES DU LECTEUR

    صالح

    2017-11-7

    O, menteurs, vous devriez avoir honte!