Une attaque à Aden revendiquée par l'EIIS fait 35 morts


Les forces de sécurité yéménites inspectent les dégâts après une attaque revendiquée par « l'Etat islamique en Irak et en Syrie» à Aden, le 5 novembre. [Stringer/AFP]

Les forces de sécurité yéménites inspectent les dégâts après une attaque revendiquée par « l'Etat islamique en Irak et en Syrie» à Aden, le 5 novembre. [Stringer/AFP]

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Les forces yéménites ont mis lundi 6 novembre fin à une crise des otages qui aura fait 29 morts dans les rangs de la police et tué six civils, un jour après que l'attaque revendiquée par « l'Etat islamique en Irak et en Syrie» (EIIS) eut débuté par des attentats suicides, a fait savoir l'AFP.

L'attaque est survenue dimanche, lorsque deux kamikazes se sont faits exploser aux entrées du bâtiment de l'unité d'enquêtes criminelles et du siège de la sécurité de la ville.

Les assaillants ont lancé l'assaut contre l'unité d'enquêtes criminelles dans le district de Khormaksar à Aden, capitale de facto du gouvernement yéménite, y mettant le feu et prenant des otages après avoir abattu deux policières à la façon d'une exécution.

Durant la nuit, les forces de sécurité ont tenté par trois reprises de reprendre l'unité, mais chaque fois un kamikaze s'est fait exploser, les empêchant de pénétrer dans le bâtiment, a expliqué un responsable de la sécurité.

Un quatrième attentat suicide a eu lieu lundi matin, avant que les forces de sécurité ne parviennent finalement à mettre un terme à ces affrontements dans cette ville portuaire du sud.

Au total, 29 membres des forces de sécurité ont perdu la vie lors de cette attaque et de cette prise d'otages, a poursuivi ce responsable.

Parmi eux se trouvaient six policiers dont les corps ont été retrouvés enterrés sous les décombres du bâtiment, ainsi que six civils, parmi lesquels deux enfants.

« Les forces de sécurité ont réussi à entrer dans le bâtiment et à le débarrasser des éléments du mal et du terrorisme, a déclaré le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

Les corps criblés de balles de trois assaillants sont été retrouvés dans les décombres, a expliqué ce responsable de la sécurité.

L'attaque a été revendiquée par l'EIIS dans un communiqué posté dimanche en ligne.

La Direction de la sécurité d'Aden a indiqué dans un communiqué que les éléments terroristes avaient exécuté un certain nombre d'employés, et prit d'autres en otages -- y compris des nettoyeurs et des prisonniers -- qu'ils avaient utilisés comme boucliers humains.

Cela a contraint les forces de sécurité à modifier leur plan d'attaque et à encercler le site, a poursuivi ce communiqué.

« Les terroristes tirèrent parti de la situation et lancèrent des attaques de sniper, tuant plusieurs éléments de la sécurité tout en utilisant leurs otages comme boucliers humains », a-t-il continué.

Selon la Direction, des experts en explosifs parvinrent à désamorcer un autre véhicule truffé d'explosifs devant le portail du siège de la sécurité.

Condamnations unanimes

Responsables et citoyens ont tous condamné cette attaque.

Le Premier ministre Ahmad Obaid bin Dagher a fermement dénoncé l'attaque et exprimé ses condoléances aux familles des victimes.

Dans un entretien téléphonique avec l'actuel gouverneur d'Aden, il a déclaré que le gouvernement accentue ses efforts pour déraciner le terrorisme et tarir ses sources.

Il a souligné la nécessité de renforcer encore la sécurité et de chercher les cellules terroristes qui tentent de perturber la sécurité et la stabilité des citoyens.

Selon les médias locaux, le ministre des droits de l'homme Mohammed Askar a fermement condamné cette « attaque suicide lâche » perpétrée à Khormaksar.

« Je condamne fermement l'attaque suicide lâche qui a pris pour cible le bâtiment de l'unité d'enquêtes criminelles, lors de laquelle des dizaines de nos héros de la sécurité d'Aden ont été tués et blessés », a-t-il déclaré.

« Nous condamnons cette attaque haineuse perpétrée par des éléments terroristes dans le but de perturber la sécurité et la paix dans la province d'Aden », a déclaré pour sa part à Al-Mashareq le vice-gouverneur d'Aden, Ghassan al-Zamki.

« Mais le terrorisme ne pourra pas arrêter le processus de développement à Aden, et il ne parviendra pas à mettre à genou les habitants d'Aden », a-t-il poursuivi.

Forte de la vigilance de ses responsables de la sécurité et de ses habitants, Aden se débarrassera des gangs terroristes, a-t-il ajouté.

Pour sa part, Nasser al-Faadani, l'ancien secrétaire général du conseil local de Khormaksar, a déclaré que les terroristes avaient attaqué Aden dans le but de perturber la paix.

« Je condamne fermement cette attaque et toutes les actions terroristes criminelles parce qu'elles n'apportent rien d'autre que destruction et dévastation », a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

« L'Islam est une religion de construction, de paix et de coexistence, pas une religion de destruction et de meurtre », a déclaré le vice-ministre des dotations religieuses et de l'Orientation Cheikh Jabri Ibrahim.

«L'Islam interdit le meurtre d'une seule âme, alors que dire de l'assassinat de dizaines d'entre elles et de leur prise en otages lors d'une opération terroriste sans but ? », a-t-il expliqué à Al-Mashareq.

Aliaa Mohammed, employée dans le secteur privé et âgée de la trentaine, a décrit Aden la nuit de cette attaque comme « triste et sombre ».

« Aden vit une nuit très triste et sombre en raison du grand nombre de victimes de cette attaque terroriste et de la propagation de la panique et de la peur dans toute la ville », a-t-elle déclaré.

« Nous sommes désormais pris de panique chaque fois que nous entendons un bruit ou un son qui nous fait penser que quelque chose s'est produit », a-t-elle conclu.

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