La Jordanie élargit l'accès à l'éducation pour les enfants syriens


Des étudiants syriens vont à l'école dans le camp de Zaatari en Jordanie. Une nouvelle décision du gouvernement a élargi l'accès aux écoles en faveur des étudiants sans documentation. [Photo fournie par l'UNICEF Jordan]

Des étudiants syriens vont à l'école dans le camp de Zaatari en Jordanie. Une nouvelle décision du gouvernement a élargi l'accès aux écoles en faveur des étudiants sans documentation. [Photo fournie par l'UNICEF Jordan]

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Dans une démarche qui permettra à des milliers d'enfants syriens de poursuivre leurs études, le gouvernement jordanien a récemment annulé son exigence de "carte de sécurité".

Les écoles publiques du royaume ont auparavant refusé l'accès aux enfants des réfugiés syriens sans le document émis par le gouvernement.

A la mi-septembre, le ministre de l'Education, Omar al-Razzaz, a annoncé que les étudiants syriens sans le document seront autorisés à s'inscrire dans les écoles publiques, mais doivent soumettre la documentation requise dans un délai déterminé.

La décision vise à assurer qu'aucun enfant ne soit privé d'éducation, a-t-il dit.

Ces étudiants seront logés dans le quart de soir, dit-il, de sorte que leur présence ne cause pas la surpopulation dans les salles de classe.

'J'aime aller à l'école'

Omar, un réfugié de 13 ans qui est arrivé avec sa famille de Homs il y a quatre ans, n'a pas fréquenté l'école car il n'a pas de documents officiels.

Enfin capable de s'inscrire dans une école publique dans la région d'al-Hashemi à Amman, il a commencé à assister aux cours il y a quelques jours.

Omar est l'un des dizaines de milliers d'enfants syriens privés d'éducation parce qu'ils n'ont pas de documents officiels.

Selon l'observateur international Human Rights Watch, environ 80 000 enfants syriens n'ont pas reçu d'éducation en Jordanie l'année dernière.

"J'aime aller à l'école et je suis très heureux d'aller à l'école après une longue pause", a déclaré Omar à Al-Mashareq. "J'aimais aller à mon école à Homs en Syrie avant de venir en Jordanie et je suis ravi d'aller à l'école maintenant".

"La mère d'Omar, Samira, a déclaré à Al-Mashareq: "Nous n'avons pas apporté de documents, nous voulions simplement nous évader pour sauver nos vies".

"Nous remercions la Jordanie pour cette mesure qui permet à tous les enfants syriens d'aller à l'école, qu'ils soient documentés ou pas", a-t-elle dit.

'Une décision humanitaire'

"Il s'agit d'une décision purement humanitaire et importante pour garantir que l'avenir de ces enfants ne soit pas perdu", a déclaré Ibrahim Shabana, vice-président de l'association des enseignants jordaniens.

"Ce n'est pas de leur faute s'ils n'ont pas de documents, et il ne faut pas que l'avenir de toute une génération d'enfants soit perdu à cause de cela", a-t-il dit à Al-Mashareq.

En même temps, a-t-il ajouté, il est nécessaire d'élargir les écoles et les salles de classe afin de ne pas aggraver le surpeuplement actuel et de nuire au rendement scolaire des élèves.

"Nous voulons une génération éduquée et tous ces enfants sont nos enfants", a-t-il noté. "Nous devons travailler pour atteindre tous les enfants syriens et assurer qu'ils vont à l'école et profiter de cette décision".

Soutien supplémentaire requis

Les pays donateurs sont appelés à "accroître leur soutien aux pays qui accueillent des réfugiés syriens, y compris la Jordanie", a déclaré l'économiste Hossam Ayesh.

"Cette décision augmentera la pression sur le personnel enseignant, les écoles et les infrastructures jordaniennes", a-t-il dit à Al-Mashareq, notant que le royaume héberge près de 1,3 million de réfugiés syriens.

Il a ajouté qu'il fallait construire des écoles et augmenter le nombre de salles de classe, et qu'une assistance devait être fournie pour assurer le succès de cette décision.

La Jordanie a déclaré mardi 10 octobre qu'il a coûté plus de 10 milliards de dollars pour accueillir les réfugiés syriens depuis leur arrivée dans le royaume en 2011, a rapporté l'AFP.

Outre le logement, ce chiffre couvre les dépenses supplémentaires dans les secteurs de la santé, de l'éducation et de l'emploi, ainsi que les dépenses supplémentaires consacrées aux services publics et à la nourriture subventionnée.

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