Les armes illégales, source d'inquiétude dans le sud du Liban


Cette photo prise le 12 avril montre des douilles sur le sol à Aïn al-Hilweh, le plus grand camp de réfugiés palestiniens du Liban, près de Sidon, après des affrontements survenus plus tôt dans la semaine entre un groupe extrémiste et les forces de sécurité. [STRINGER/AFP]

Cette photo prise le 12 avril montre des douilles sur le sol à Aïn al-Hilweh, le plus grand camp de réfugiés palestiniens du Liban, près de Sidon, après des affrontements survenus plus tôt dans la semaine entre un groupe extrémiste et les forces de sécurité. [STRINGER/AFP]

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Une récente explosion de violence à Sidon, ville du sud du pays, a attiré l'attention sur la prolifération des armes illégales possédées par des éléments non étatiques et a ravivé les appels pour que le Liban applique la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Sidon a plongé dans le chaos dans la nuit du 2 octobre, lorsqu'un violent différend entre les propriétaires d'entreprises de production d'électricité rivales a dégénéré en fusillade dans la rue.

Deux jeunes ont été tués, et deux personnes ont été blessées dans l'incident, et plusieurs jeunes en colère ont incendié un café avant l'intervention de l'armée libanaise.

Cette dernière a patrouillé et établi des points de contrôle mobiles dans les rues et les quartiers de la ville, afin d'arrêter les tireurs et faire revenir le calme dans la ville.

Mais les législateurs mettent en garde sur le fait que cet incident est symptomatique d'un problème d'une plus grande ampleur.

« Ce qu'il s'est passé n'était pas une querelle passagère ou un incident isolé », a affirmé la députée de Sidon Bahia Hariri, mais « une attaque flagrante contre la sécurité de la ville par une poignée de gangsters armés qui sèment la terreur dans les quartiers de Sidon ».

Ces gangs menacent l'ordre public jour et nuit, a-t-elle déclaré.

Prolifération d'armes illégales

« Ce qui s'est produit à Sidon est en partie dû à la prolifération des armes illégales et au fait que certains groupes se cachant derrière des milices armées n'hésitent pas à s'en servir », a indiqué le député libanais Ammar Houry, du Courant du futur.

Après une réunion organisée le 4 octobre, le Courant du futur « a dénoncé les incidents et les émeutes qui salissent l'image de cette ville paisible qui soutient fermement l'autorité de sécurité légitime », a-t-il ajouté.

La question de l'acquisition et de la possession illégales d'armes personnelles au Liban existe depuis de nombreuses années, mais elle s'est aggravée pendant la guerre civile.

Après la guerre, elle s'est relativement apaisée, mais la majorité des armes illégales au Liban sont aujourd'hui entre les mains du Hezbollah et des Brigades de résistance, un groupe paramilitaire affilié.

Cela a commencé à créer des problèmes de sécurité en affaiblissant les forces de sécurité étatiques, entraînant l'augmentation de demandes pour que le Hezbollah rende les armes.

Dans ses prévisions mensuelles pour octobre, le Conseil de sécurité des Nations unies a indiqué plusieurs problèmes liés entre eux, « le principal étant les armes que le Hezbollah et d'autres acteurs non étatiques possèdent, et le flux d'armes à travers la Syrie pour le Hezbollah ».

Cela « entrave directement la capacité du gouvernement à exercer sa pleine autorité sur son territoire », a expliqué le point d'information du conseil.

« La crise en cours en Syrie, avec l'implication du Hezbollah du côté du gouvernement, a contribué à ce flux d'armes », a-t-il poursuivi. « Ces circonstances constituent une menace pour la souveraineté et la stabilité du Liban et contreviennent à ses obligations par rapport aux résolutions 1559 et 1701 ».

Affirmer l'autorité de l'État

Les autorités de sécurité libanaises doivent « frapper d'une main de fer et punir sévèrement les hommes armés qui ont terrorisé la population et ont participé aux émeutes », a déclaré à Al-Mashareq Hanadi Saad, native de Sidon.

Cela est nécessaire « pour dissuader la répétition de ces crimes et de ces actes », a-t-elle affirmé.

Les gouvernements libanais successifs ont cherché à regrouper les armes illégales, mais n'ont pas réussi à les éliminer en raison de la frontière poreuse avec la Syrie, et car certaines régions sont inaccessibles aux autorités de l'État.

L'Accord de Taëf de 1989 n'a pas abordé la remise des armes personnelles à l'État, et a uniquement stipulé l'abandon des armes moyennes et lourdes par les milices et certains groupes.

« Les résolutions 1559, 1680 et 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies demandent clairement le démantèlement et le désarmement de toutes les milices libanaises et non libanaises », a déclaré le 14 février Farhan Haq, porte-parole adjoint du secrétaire général de l'ONU.

« Le secrétariat général avait déjà indiqué que les milices devraient être désarmées et que le maintien des armes par le Hezbollah et d'autres groupes en dehors du contrôle de l'État restreignait la capacité du Liban à exercer sa pleine souveraineté et son autorité sur son territoire », a-t-il détaillé.

« Nous considérons que le respect continu de toutes les résolutions adéquates est d'une importance capitale pour la stabilité du Liban », a-t-il ajouté. « Nous encourageons le Liban à saisir l'élan politique actuel pour reprendre les discussions sur une stratégie de défense nationale, dans le cadre d'un processus mené et possédé par le Liban. »

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