La guerre du Yémen entraîne des pertes de milliards de dollars


La guerre au Yémen a infligé de lourdes pertes à l'économie et à l'infrastructure du pays, selon un récent rapport du gouvernement. [Photo fournie par Mohammed Qaatab]

La guerre au Yémen a infligé de lourdes pertes à l'économie et à l'infrastructure du pays, selon un récent rapport du gouvernement. [Photo fournie par Mohammed Qaatab]

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Un rapport récent du ministère yéménite de la planification et de la coopération internationale estime les pertes causées par la guerre en cours à plus de 50 milliards de dollars, bien que les experts aient dit à Al-Mashareq que le coût réel pourrait être beaucoup plus important.

Les pertes économiques causées par la guerre sont estimées à 25 milliards de dollars en biens et en infrastructures, selon le rapport du 18 septembre.

Le rapport a également estimé des pertes cumulées dans le PIB à 32,5 milliards de dollars, notant que l'effondrement du budget général en 2017 et la baisse des exportations ont exacerbé la situation économique.

Les pertes cumulées dans les recettes publiques se sont élevées à 11,4 milliards de dollars en 2016-2017, selon le rapport, qui a aussi mis l'accent sur la suspension des dépenses de développement et sociales, y compris les salaires des employés de l'Etat et les dépenses d'exploitation des services sociaux essentiels comme la santé et l'éducation.

De grandes pertes

"Ces chiffres, bien que catastrophiques, restent des estimations car la guerre est encore en cours", a indiqué le sous-ministre de la planification et de la coopération internationale Mohammed al-Masouri.

"Aucune évaluation et appréciation des dommages sur le terrain n'a été effectuée à ce jour, seulement des évaluations partielles et sur une période [limitée], et donc il y a des écarts dans les estimations des dégâts", a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

Le ministère s'est appuyé sur les données qu'il a reçues des parties qui n'ont pas effectué d'évaluation et d'appréciation des dommages, a-t-il indiqué, ajoutant que les estimations dans le rapport ont été atteintes en fonction d'une étude de plusieurs zones de conflit et pour des périodes limitées.

"La taille des pertes dans tous les secteurs dépasse largement les estimations", a déclaré Al Masouri.

Appel pour arrêter la guerre

Pourtant, «ces estimations donnent à l'ONU et à la communauté internationale une idée de l'ampleur de l'impact de la guerre sur l'économie du pays», a déclaré à Al-Mashareq, Taha al-Faseel, professeur d'économie à l'Université de Sanaa.

Une évaluation complète des pertes matérielles et humaines ne peut être effectuée qu'après la cessation des hostilités, a-t-il precisé.

Ces estimations ne reflètent pas les chiffres réels, ce qui augmente la responsabilité de la communauté internationale de travailler à mettre fin à la guerre et à la souffrance des citoyens", a-t-il ajouté.

Il y des coûts plus importants liés à l'effondrement du système éducatif et du secteur de la santé, a déclaré Faseel, notant qu'il y a quatre millions d'enfants en dehors du système éducatif et trois millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays, sans parler de la propagation sans précédent de maladies et d'épidémies.

"Le coût réel de ce que le Yémen a perdu est comparable au coût des projets d'investissement qui existaient [avant la guerre]", a-t-il déclaré, ajoutant que les conséquences de la perte de ces investissements sont évidentes dans la hausse des taux de chômage et de pauvreté.

Le siège nuit à l'économie

Le rapport reflète "une crise humanitaire majeure au Yémen qui a touché tous les secteurs et se reflète dans les chiffres économiques qui montrent la taille des pertes subies par le Yémen", a déclaré l'économiste Abdoul Jalil Hassan à Al-Mashareq.

La guerre et le siège qui en découle ont limité le commerce extérieur, la production et l'exportation de pétrole et de gaz, et ont entravé le travail des secteurs publics et privés, a-t-il dit.

"Cela a entraîné une augmentation des taux de pauvreté et de chômage à leurs niveaux les plus élevés", a-t-il ajouté.

La suspension du paiement des salaires des employés de l'Etat et des dépenses d'exploitation des services sociaux essentiels qui affectent la vie des citoyens les plus vulnérables, ont exacerbé les souffrances humaines dans le pays, a expliqué Hassan.

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