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« La grande majorité des membres de tribus yéménites » rejettent le terrorisme et les Houthis

Par Abou Bakr al-Yamani à Sanaa

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Cheikh Moufareh Bouhaibeh, l'un des chefs de la tribu Mourad, commande la 26e brigade d'infanterie qui combat les Houthis dans la région de Bihan de la province de Shabwa, en soutien au gouvernement du président Abdrabbo Mansour Hadi. [Photo fournie par Abdoul Wahab Bouhaibeh]

La future sécurité du Yémen est liée à sa stabilité politique et économique, selon Cheikh Moufareh Bouhaibeh, l'un des chefs de la tribu Mourad – l'une des plus grandes du pays – et figure importante de la province de Marib.

La grande majorité des membres de tribus yéménites rejettent l'extrémisme et le terrorisme sous toutes leurs formes, a-t-il déclaré à Al-Mashareq dans un entretien couvrant de nombreux sujets.

Mais pour améliorer la sécurité, a-t-il précisé, les programmes d'entraînement militaire doivent être améliorés, le personnel de sécurité doit être équipé d'armes modernes, et les agences de sécurité doivent être dotées des ressources nécessaires.

La tribu Murad, l'une des plus grandes du Yémen, participe à la lutte contre le terrorisme et les Houthis. [Photo fournie par Abdoul Wahab Bouhaibeh]

Cheikh Moufareh Bouhaibeh, l'un des chefs de la tribu Mourad, commande la 26e brigade d'infanterie. [Photo fournie par Abdoul Wahab Bouhaibeh]

Cela augmentera le niveau de compétence et les aidera à répondre aux menaces de sécurité plus efficacement, a-t-il déclaré.

Le major général Bouhaibeh commande la 26e brigade d'infanterie, qui combat les Houthis (Ansarallah) dans la région de Bihan de la province de Shabwa, en soutien au gouvernement du président Abdrabbo Mansour Hadi.

Bouhaibeh a indiqué qu'il avait pris les armes pour protéger les gains d'un Yémen uni.

Al-Mashareq : En tant que chef de la tribu Mourad, comment évaluez-vous la situation de sécurité au Yémen aux niveaux national et tribal ?

Cheikh Moufareh Bouhaibeh : Actuellement, nous ne pouvons pas évaluer la situation de sécurité au Yémen, car l'État yéménite et tous ses organismes se sont effondrés.

Le Yémen est entré dans une guerre fratricide à cause du coup d'État ourdi par les milices des Houthis et de Saleh contre le gouvernement légitime. Cela a plongé le pays dans une phase où la sécurité manque, et où la stabilité est sapée comme elle ne l'a jamais été dans l'histoire moderne du Yémen.

Ce coup d'État appuyé par l'Iran a mis fin à ce qu'il restait de l'État et a plongé le Yémen dans une phase dangereuse et sous la supervision directe de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, qui avait quitté le pouvoir comme stipulé par l'initiative du Golfe après avoir régné pendant plus de trois décennies.

Masi il n'a quitté le pouvoir qu'en apparence seulement, car il contrôle toujours les institutions de sécurité et les unités de l'armée, qui étaient des organismes de protection de l'État yéménite et dont il a fait des organismes pour servir ses intérêts personnels. Il a mis ces institutions entre les mains des Houthis, qui agissent pour une puissance étrangère, et qui ont pointé leurs arme contre le peuple yéménite.

Par conséquent, les employés du gouvernement ne reçoivent plus leur salaire, la pauvreté s'est généralisée, la corruption s'est répandue, la faim a fait son apparition, et le système éducatif s'est effondré, tout comme le système de santé.

Le pays a sombré dans un dangereux bourbier, nécessitant l'intervention immédiate de forces arabes fraternelles. Le gouvernement légitime, avec l'appui de la coalition arabe, a pu former une armée nationale qui se trouve actuellement aux portes de Sanaa. L'armée nationale, soutenue par la coalition, a également pu débarrasser al-Moukalla d'al-Qaïda.

Les autorités légitimes déploient de grands efforts pour faire régner la sécurité dans les zones libérées, malgré la guerre vicieuse menée par les forces de Saleh, qui essaient de menacer la sécurité dans les zones sous le contrôle du gouvernement.

Quant à la sécurité de la tribu, l'on sait qu'en l'absence de l'État, les tribus du Yémen gèrent leurs propres affaires selon leurs coutumes et leurs traditions, et les membres de la tribu Mourad en sont très conscients, en raison de la forte implication des fils de la tribu dans le service militaire.

Al-Mashareq : Comment la communauté internationale aide-t-elle à mettre fin à la guerre ?

Bouhaibeh : Nous appelons la communauté internationale, dont le Conseil de sécurité des Nations unies, à remplir son devoir moral, à savoir la mise en oeuvre complète et efficace des « trois références » acceptées par tous les Yéménites (l'initiative du Golfe, la Conférence du dialogue national et la Résolution 2216 de l'ONU), à soutenir le gouvernement légitime et reconnu et son armée nationale, et à mettre fin au coup d'État mené par les Houthis et les partisans de Saleh.

La communauté internationale doit aussi aider le gouvernement légitime à gérer les effets dévastateurs de la guerre qui ont épuisé les Yéménites et les ont privés de leurs droits basiques, afin d'arriver à un développement durable et créer une atmosphère qui permette une vie décente.

Elle doit également aider le gouvernement à répondre au chômage causé par la guerre, ainsi qu'à la privation économique chronique, et pour régler le problème des fractures sociales causées par la guerre avec les Houthis.

Elle doit aider à renforcer l'État de droit pour assurer la mise en place d'un système démocratique fort basé sur une justice équitable. Avec un tel système, les richesses et les ressources peuvent être redistribuées, et tous les besoins de base des personnes peuvent être satisfaits d'une façon équilibrée et qui leur permette de donner, de bâtir et de rester éloignés des comportements hostiles et des actes inhérents au phénomène du terrorisme.

Cela doit se faire d'une façon qui établisse une confiance mutuelle entre les citoyens et l'État d'un côté, et les citoyens et les membres de la communauté de l'autre.

Al-Mashareq : Quel est le besoin le plus urgent au niveau local pour améliorer la sécurité en général et dans la tribu ?

Bouhaibeh : Si la stabilité politique et économique peut être assurée, le besoin local d'amélioration de la sécurité sera moindre, et cela s'appliquera alors aussi à la tribu, car elle représente une grande part de la population. La mise en place de la stabilité nous aiderait tous – y compris les autorités locales et supérieures et les organisations de soutien – à travailler pour faciliter des programmes de réforme exhaustifs. Ceci apportera la stabilité des conditions de vie, garantira la reprise de l'éducation dans toutes les disciplines et aura un impact positif sur la situation de sécurité.

La sécurité est liée à la stabilité politique et économique, ainsi qu'à des conditions de vie stables, et il est nécessaire d'améliorer le niveau de sensibilisation, en particulier dans les zones rurales ou tribales isolées afin de renforcer la société contre les idées destructrices.

Al-Mashareq : Comment évaluez-vous le succès du gouvernement légitime à battre les Houthis, et comment ces victoires peuvent-elles être augmentées ?

Bouhaibeh : La situation atteinte par l'autorité légitime est bonne, car l'armée nationale a désormais l'initiative, et le gouvernement contrôle une grande partie du pays après en avoir chassé la milice.

Nous savons bien que notre adversaire a les capacités et les ressources d'un État, et qu'il dispose d'organes très fortement implantés qui lui permettent d'agit. Mais le gouvernement légitime est déterminé à aller de l'avant pour éliminer la machine meurtrière et destructrice qui a dévasté ce pays.

Malgré les conditions difficiles, le gouvernement légitime a pu verser les salaires des employés et des retraités, qui avaient été pillés par les gangs de la milice. Le gouvernement légitime existe, et il est soutenu par le peuple yéménite à l'intérieur du pays, et la région et la communauté internationale à l'extérieur. Il a seulement besoin d'une aide supplémentaire pour arranger les choses dans les zones libérées et entamer la reconstruction et le déminage.

Al-Mashareq : Quelle est votre vision d'un avenir meilleur pour le Yémen ?

Bouhaibeh : Le futur du Yémen est lié à la région du Golfe et la région arabe alentour, et repose sur la mise en oeuvre de la Résolution 2216 du Conseil de Sécurité et la mise en place des dispositions de l'initiative du Golfe, les résultats de la Conférence du dialogue national, et la mise en pratique de tous les articles du projet de la « Fédération des six régions ».

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1 COMMENTAIRE (S)

Politique Commentaire Captcha
Bubble | 2019-03-13

Une chose honteuse et scandaleuse qui confirme le niveau de trahison et d’inaction au service des intérêts wahhabites, saoudiens, sionistes et maçonniques. Ils veulent détruire le Yémen, violer sa souveraineté nationale et annuler sa décision nationale libre qui maintient la souveraineté et la dignité du Yémen et l’indépendance de son peuple.

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