Le Yémen met en garde contre de fausses fatwas destinées à détourner la zakat


Un prédicateur demande aux fidèles d'une mosquée de Sanaa de payer la zakat par le biais des agences d'État. Les groupes extrémistes sont connus pour exploiter les donateurs en collectant l'argent de la zakat sous de faux prétextes. [Faisal Darem/Al-Mashareq]

Un prédicateur demande aux fidèles d'une mosquée de Sanaa de payer la zakat par le biais des agences d'État. Les groupes extrémistes sont connus pour exploiter les donateurs en collectant l'argent de la zakat sous de faux prétextes. [Faisal Darem/Al-Mashareq]

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Plusieurs ministères du gouvernement yéménite ont lancé une mise en garde contre de fausses fatwas qui cherchent à diriger l'argent de la zakat vers des groupes extrémistes plutôt que vers les pauvres et les nécessiteux.

Pour mettre en garde les Yéménites contre ce danger, les ministères de l'Administration locale, de l'Information et des Dotations et de l'Orientation mènent une campagne dans les médias pour demander à ceux qui effectuent de tels versements de le faire par le biais du gouvernement.

Le ministère de l'Administration locale est le fer de lance de cette campagne, destinée à éduquer l'opinion sur l'importance de verser la zakat par le biais de l'État, a expliqué Yasser Thabet, directeur général de la zakat au sein du ministère.

Il relève de la compétence de l'État de collecter les fonds de la zakat, puis de les redistribuer aux bénéficiaires par le biais de ses banques, a-t-il précisé à Al-Mashareq.

Cette campagne, qui souligne le rôle des prédicateurs des mosquées et des érudits dans la diffusion de ce message, s'attache à clarifier la question, a-t-il précisé, et « permettra de sensibiliser les citoyens de manière significative ».

Ce message est retransmis par les mosquées et les médias, a poursuivi Thabet, soulignant que les médias audiovisuels sont particulièrement efficaces pour délivrer ce message, au vu du fort taux d'analphabétisme qui règne dans le pays.

Il est également primordial que ces directives soient délivrées par des érudits, a-t-il indiqué, car les Yéménites sont très pieux et prennent leurs conseils au sérieux.

« Le chaos des fatwas »

Thabet a mis en garde contre ce qu'il appelle « le chaos des fatwas », soulignant que certains de ceux qui émettent ces règles cherchent à « dénaturer la vérité et inciter les gens à payer la zakat à des groupes extrémistes ».

Ce faisant, ils « tirent avantage de la situation actuelle complexe dans laquelle les gens sont inondés de fatwas et trompés par elles ».

Il a salué le travail des érudits et des médias pour clarifier le problème de la zakat auprès de la population, soulignant que beaucoup ignorent quel pourcentage de leur argent verser sous forme de zakat ou où les fonds doivent être donnés.

D'autres sont exploités par ceux qui affirment que leurs dons iront aux pauvres, a-t-il ajouté, alors qu'en réalité, ces fonds seront utilisés à des fins socialement destructrices.

« L'an dernier, les revenus de la zakat se sont chiffrés à 14 milliards de riyals (55,9 millions USD), et cela est encore bien en deçà du niveau requis, tel qu'évalué en temps de paix et dans une situation normale », a-t-il indiqué.

La guerre qui fait actuellement rage a transformé nombre de ceux qui payaient la zakat en bénéficiaires de celle-ci, en raison de l'arrêt du travail, du ralentissement économique et de la suspension du versement des salaires aux fonctionnaires, a-t-il indiqué.

Collecte et décaissement de la zakat

Cheikh Yahya al-Najjar, membre de l'Association des érudits yéménites, a mis en garde les gens contre le paiement de la zakat à des entités autres que celles de l'État.

« Quiconque facilite le paiement de la zakat à des groupes terroristes qui estiment qu'il est permis de massacrer des gens innocents et de faciliter un bain de sang se rend complice de ces crimes », a-t-il affirmé à Al-Mashareq.

Les fatwas qui demandent aux gens de payer la zakat à ces groupes sont de « fausses fatwas », a indiqué al-Najjar, soulignant qu'elles sont également intéressées, car « ceux qui lancent ces fatwas sont directement affiliés à ces groupes ».

« Le ministère des Dotations et de l'Orientation a demandé aux intellectuels, aux prédicateurs et aux conseillers en orientation d'exhorter l'ensemble des membres de la communauté en mesure de payer la zakat de la payer à l'État », a indiqué Abdoul Rahman al-Moshaki, vice-directeur du Bureau des donations de Sanaa.

L'État est légalement habilité à la collecter et la redistribuer selon ce qui est indiqué dans la charia, a-t-il déclaré à Al-Mashareq.

Les érudits, les prédicateurs et les conseillers en orientation ont un rôle important à jouer « dans la clarification des questions religieuses pour les membres de la communauté », a-t-il expliqué.

Le principal rôle en la matière concerne le paiement de la zakat, a-t-il dit, qui, si elle est utilisée comme prévu, joue un rôle essentiel dans l'aide aux pauvres, en particulier dans la situation que connaît actuellement le Yémen.

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