Un jeu du ramadan renforce les liens entre Irakiens


Joueurs et spectateurs s'enflamment pour le jeu traditionnel d'al-Muhaibis au stade al-Shaab de Bagdad lors du ramadan 2016. [Photo fournie par Jassim al-Aswad]

Joueurs et spectateurs s'enflamment pour le jeu traditionnel d'al-Muhaibis au stade al-Shaab de Bagdad lors du ramadan 2016. [Photo fournie par Jassim al-Aswad]

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Après l'iftar, de nombreux Irakiens passent leurs soirées du ramadan à jouer au traditionnel jeu d'al-Muhaibis jusqu'aux premières heures de la matinée.

Le « jeu de l'anneau », où une équipe doit trouver un anneau que cache l'un des membres de l'autre équipe, est l'un des jeux les plus populaires en Irak, notamment pendant le ramadan.

Alors que deux équipes se font face, le chef de l'une des équipes cache un anneau dans la main de l'un de ses joueurs. L'autre équipe doit alors trouver cet anneau.

Cette année, des milliers de jeunes se sont rassemblés au stade al-Shaab dans le centre de Bagdad pour participer à ce jeu ou pour y assister.

Ces jeux font partie d'un tournoi annuel au cours duquel s'affrontent 32 équipes, organisé par le Comité olympique irakien et supervisé par le chef de l'équipe al-Kadhimiya, Jassim al-Aswad, qui est l'un des joueurs d'al-Muhaibis les plus connus.

Parmi les équipes engagées se trouvent 24 équipes venues de différents quartiers de Bagdad et de districts tels qu'al-Kadhimiya, al-Adhamiya et al-Karrada, et huit équipes venues des provinces de Kerbala, Diyala et Salaheddine.

« Le tournoi a commencé au début du ramadan et se terminera le 25 ou 26 juin », a expliqué al-Aswad à Diyaruna.

Chaque soir, deux matchs sont organisés entre quatre équipes. Les équipes victorieuses s'affrontent jusqu'à ce que l'une d'elles soit désignée championne.

Un jeu de chance et d'adresse

L'équipe d'al-Kadhimiya est arrivée première ces deux dernières années, en grande partie grâce à l'adresse d'al-Aswad pour lire sur le visage de ses adversaires et trouver la main dans laquelle se cache l'anneau.

« Depuis 20 ans, notre équipe a écrit une longue histoire de victoires », a-t-il expliqué. « Mais il y a aussi d'autres équipes qui obtiennent de bons résultats, comme celle de Kerbala. »

Chaque fois que l'équipe d'al-Kadhimiya joue, la salle est bondée de spectateurs qui viennent en grands nombres regarder al-Aswad trouver l'anneau parmi des centaines de poings fermés.

Âgé aujourd'hui de 66 ans, al-Aswad a raconté à Diyaruna qu'il aime ce jeu depuis qu'il était enfant.

Il l'a appris de son père, qui était « un joueur reconnu ».

Ce jeu remonte « à des centaines d'années, et trouve son origine dans les vieux quartiers de Bagdad », a expliqué al-Aswad. Sa popularité s'est étendue à d'autres régions du pays, et il est aujourd'hui connu au plan international.

Outre le fait d'être un jeu du patrimoine amusant à pratiquer, l'al-Muhaibis crée « une ambiance de fraternité et d'amour » qui reflète l'esprit d'unité entre les Irakiens, a-t-il ajouté.

« Il est la preuve que nous ne sommes qu'un seul peuple et qu'il n'existe aucune différence entre une confession et une autre, ou entre une religion et une autre », a-t-il poursuivi. « Nous jouons tous ensemble, nous encourageons les joueurs tous ensemble, et nous nous embrassons tous à la fin de chaque match. »

Chaque manche du tournoi est rythmée par le battement des tambours et les hululements qui accompagnent des chants patriotiques populaires.

Une ambiance d'amitié et de joie

Le chef de l'équipe de Sadr City, Ahmed Khanjar, a expliqué à Diyaruna que peu lui importe de gagner ou de perdre, car « l'ambiance fraternelle entre les joueurs » est ce qui importe le plus.

« Le jeu rassemble des équipes venues de différentes régions et villes d'Irak, de différentes sectes, religions et ethnies, venues à Bagdad pour afficher leur amour pour leur pays et participer à ces moments de joie », a-t-il ajouté.

Khanjar a précisé que cela fait dix ans qu'il joue à l'al-Muhaibis et qu'il dirige actuellement une équipe de 60 joueurs.

Les règles du jeu stipulent d'une équipe doit obtenir 21 points pour être déclarée victorieuse, même si pour cela le jeu doit durer plusieurs heures.

Comme un rituel de fin de partie, les deux équipes et le public qui les a encouragées profitent de quelques douceurs, comme du zlabia et du Baklava, payés par l'équipe qui a perdu.

La chose la plus belle concernant ce jeu est qu'il constitue une occasion pour des équipes rivales d'apprendre à se connaître et de forger des liens d'amitié, a expliqué Haider Kuraidi, joueur d'al-Muhaibis dans l'équipe du quartier d'al-Karrada.

« Nous aimons ce jeu parce que non seulement il nous rend heureux, mais aussi parce qu'il nous permet de retrouver des amis et de rencontrer de nouvelles personnes », a-t-il dit en conclusion à Diyaruna.

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