Daech revendique les premières attaques meurtrières dans la capitale iranienne


Des policiers iraniens évacuent un enfant du bâtiment du parlement à Téhéran le 7 juin après une attaque de « l'État islamique ». [Omid Vahabzadeh/FARS NEWS/AFP]

Des policiers iraniens évacuent un enfant du bâtiment du parlement à Téhéran le 7 juin après une attaque de « l'État islamique ». [Omid Vahabzadeh/FARS NEWS/AFP]

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Des hommes armés et des kamikazes ont pris d'assaut le parlement iranien et l'autel de son leader révolutionnaire mercredi 7 juin, tuant douze personnes, à l'occasion des premiers attentats revendiqués par « l'État islamique » (Daech) qu'ait connus le pays.

Plusieurs dizaines de personnes ont été blessées dans ces attaques, qui ont visé deux des principaux symboles de l'Iran : le bâtiment du parlement dans le centre de Téhéran et le mausolée de l'ayatollah Ruhollah Khomeini, qui avait dirigé la révolution islamique de 1979.

L'affrontement a duré près de cinq heures avant que soient abattus tous les hommes armés qui s'étaient retranchés dans le bâtiment du parlement.

Daech a publié une vidéo des attaquants dans l'intérieur du bâtiment par le biais de son agence de propagande Amaq ; une revendication rare alors que l'attaque était toujours en cours.

L'assaut a commencé en milieu de matinée, lorsque quatre hommes armés ont fait irruption dans le bâtiment du parlement situé dans le centre de Téhéran, tuant un garde de sécurité et une autre personne, selon l'agence de presse ISNA.

Un responsable du ministère de l'Intérieur a expliqué que ces hommes étaient habillés en femmes et avaient pénétré dans le bâtiment par l'entrée des visiteurs. L'un d'eux a déclenché sa veste explosive tandis que les autres ont été abattus par les forces de sécurité.

Plus ou moins au même moment, deux assaillants ont pénétré dans le mausolée de Khomeini, tuant un jardinier et blessant plusieurs autres personnes.

L'un s'est fait exploser, l'autre a été abattu.

On ne sait pas encore si les attaquants du mausolée étaient des femmes, comme l'ont indiqué les premiers rapports, ou s'il s'agissait d'hommes portant des vêtements féminins.

Les services d'urgence iraniens ont indiqué que douze personnes avaient été tuées dans ces deux attaques, et 43 autres blessées.

Poursuite de la session du parlement

Les responsables iraniens ont tenté de minimiser ces attaques, ni le président Hassan Rouhani ni le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, n'ayant commenté les événements en début de soirée.

Le parlement était en session lorsque ces violences sont survenues, et a poursuivi ses travaux alors que des échanges de tirs avaient lieu dans les bâtiments voisins, la police aidant le personnel à sortir par les fenêtres et des snipers prenant position sur les toits.

Le président du parlement Ali Larijani a minimisé ces attaques, affirmant qu'elles étaient « une affaire de faible importance » et que les forces de sécurité s'en occupaient.

Le ministère des Renseignements a déclaré qu'une troisième équipe « terroriste » avait été neutralisée avant le début de l'attaque.

Téhéran se trouvait en état d'alerte, avec des rues bloquées et certaines sections du métro fermées. Journalistes et curieux étaient tenus à distance par la police.

Le ministre de l'Intérieur Abdolrahman Fazli a déclaré à ISNA qu'il avait convoqué une réunion spéciale du conseil national de sécurité.

Visé par Daech

Puissance chiite dominante dans la région, l'Iran est une cible prioritaire pour Daech, qui a publié une rare vidéo en langue farsi en mars avertissant qu'il « allait conquérir l'Iran et le rendre à la nation sunnite comme cela était jadis le cas ».

Les groupes extrémistes ont souvent affronté les forces de sécurité iraniennes aux frontières avec l'Irak et l'Afghanistan, mais le pays avait largement échappé aux attentats dans ses centres urbains.

Le ministère des Renseignements avait déclaré en juin 2016 qu'il avait fait avorter un projet de Daech de perpétrer plusieurs attentats à la bombe à Téhéran et dans plusieurs endroits du pays.

Daech est soumis à une pression croissante, après avoir perdu un vaste territoire après des offensives qui visent maintenant ses deux derniers principaux bastions, al-Raqqa en Syrie et Mossoul en Irak.

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  • COMMENTAIRES DU LECTEUR

    نام شما لازم استkia

    2017-6-9

    C'était très intéressant pour moi. C'est la première fois que je vois un ton et un contexte impartiaux dans les informations. Merci beaucoup!